Reconfigurations de formes médiatiques des usagers du réseau socionumérique Facebook : le cas de la diaspora connectée malgache de France Métropolitaine

Résumés

La diaspora malgache de France Métropolitaine intéresse les médias nationaux malgaches, car elle ne possède pas de statut législatif clair. Pourtant, l’avènement des réseaux socionumériques lui a permis de constituer de véritables communautés. Au sein des groupes Facebook, la diaspora se rassemble autour de plusieurs activités basées sur l’échange. Facebook présente alors des usages diversifiés notamment dans la reconfiguration des pratiques médiatiques. Dans le cadre de ce travail, nous nous sommes intéressée à un corpus de publications d’un groupe Facebook nommé « Gasy Serasera eto Frantsa » ou Communication des malgaches en France ». Différentes formes de médiatisation émergent au sein de ce réseau socionumérique. Facebook devient en effet un relai d’informations mais aussi un vecteur de mobilisation. De même, un certain nombre de médias transnationaux émergent dans l’optique de valoriser l’importance de cette diaspora malgache.
Malagasy diaspora in France receive significant national media attention because of their lack of legislation. However, with social networks they’re trying to build communities. Malagasy diaspora members gather themselves into Facebook groups where they can exchange information. Thus there are many uses of Facebook as reconfiguration of media practices. In this research, we are interested in a text corpus with Facebook publications posted in a group named « Gasy Serasera eto Frantsa » which means malagasy communication in France. As a result, we found that there are many forms of mediatisation in this social network. Indeed, Facebook relays informations but become also a way of mobilization. In addtition to that, some transnational media emerge in order to regenerate this malagasy diaspora.

Texte intégral
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Introduction

Ce travail de recherche s’inscrit dans la continuité d’un précédent travail de thèse1 Il s’agit d’une thèse en Sciences de l’Information et de la ... qui a été initié autour de la diaspora malgache de France Métropolitaine présente sur le réseau socionumérique Facebook. En nous focalisant sur la population malgache, nous nous intéressons à un peuple insulaire aux origines diversifiées, qui est localisé au large de l’Océan Indien. Cette dernière se regroupe ainsi au niveau international sous la forme de diaspora. Le terme de diaspora tout d’abord désigne ces regroupements transnationaux d’individus qui partagent un imaginaire commun notamment formé par la référence constante au pays d’origine (Dufoix, 2003). Nous travaillons plus précisément sur les migrants malgaches de France Métropolitaine qui représentent tout un peuple marqué par l’histoire notamment par une histoire migratoire centrée au temps de la colonisation française en 1880. Deux niveaux du processus d’intégration caractérisent ces diasporas : l’intégration au sein du pays d’accueil au regard de l’attachement au pays d’origine. Pour ce faire, l’un des moyens de communication privilégié pour maintenir le contact avec ce dernier est le réseau socionumérique. Il offre un dispositif technique de médiation tout en mettant à jour des structures relationnelles et solidaires. En outre sur ce réseau socionumérique, des usages diversifiés émergent notamment des pratiques médiatiques et informationnelles. En prenant place sur la plateforme numérique, ces pratiques se transforment et se reconfigurent de manière à naviguer entre les différents imaginaires techniques et sociaux. Pour expliciter ce sujet nous proposons dans cet article d’étudier la diaspora malgache dans le contexte des Tic et de la diaspora, en insistant sur les répartitions et les reconfigurations de leurs pratiques médiatiques en tant qu’usagers des plateformes au regard d’éléments théoriques et méthodologiques.

Caractérisation d’une diaspora malgache 

La diaspora malgache qui fait l’objet de notre étude regroupe un ensemble de migrants malgaches installés en France Métropolitaine, et représente en 2012 19 685 individus, de nationalité malgache, française ou franco-malgache. Elle est composée majoritairement de 63% de femmes2 Etude du profil de la diaspora malagasy en France, Ministère des Affaires .... Ceci s’explique d’un point de vue historique par sa construction qui peut être définie en trois temps. Entre 1880 et 19703 Etude du profil de la diaspora malagasy en France, Ministère des Affaires ..., durant la période coloniale, des étudiants nationalistes issus de la haute bourgeoisie malgache sont éparpillés et destinés à poursuivre leurs études en France. Entre 1975 et 1990, la précarité du système éducatif malgache pousse une autre vague de migrants à rejoindre la France. Ces derniers sont partis pour s’installer définitivement et ne tardent pas à effectuer les démarches administratives de regroupement familial pour que leurs proches les rejoignent. Mais, de 1990 à nos jours, les migrations revêtent différentes facettes et deviennent même informelles. Effectivement, une fois sur le territoire français un certain nombre d’entre eux restent en situation irrégulière pendant plusieurs années. En cela, le potentiel diasporique malgache en France est actuellement estimé à une échelle de 100 000 à 140 000 individus et selon l’OFII4 Office Français de l’Immigration et de l’Intégration et les motifs de migration sont répartis comme suit : raisons familiales (57,4%) et raisons estudiantines (24,1%).

La diaspora malgache est néanmoins face à une problématique particulière : l’absence de statut législatif au sein de son pays d’origine, Madagascar. Effectivement, elle n’est pas reconnue et ne dispose pas de droits fondamentaux comme le droit de vote. Néanmoins, elle reste présente dans le paysage médiatique malgache notamment dans le cadre de manifestations politiques. Effectivement, lors de la crise de 2009 à Madagascar, qui a mené à un état de transition, la diaspora malgache s’est exprimée. Des manifestations publiques ont été effectuées en France Métropolitaine sous la bannière d’un collectif appelé « GTT : Gasy Tia Tanindrazana » se traduisant littéralement par : « les malgaches patriotes ». De même, un des anciens Président a effectué depuis 2016, une tournée au sein des diasporas malgaches localisées en France Métropolitaine, aux Etats Unis et au Canada : ce qui lui a valu une consécration dans les journaux nationaux.

Pour continuer, une des thématiques pour laquelle la diaspora malgache est le plus souvent citée est la question de sa légitimité. Ainsi, le journal quotidien Tribune Madagascar5 ... lui a consacré en 2009 également un article analytique sur la question de ses origines et de son identité. Le quotidien Madagascar Matin a également remis en question l’intérêt de la diaspora malgache pour son pays d’origine.

Les projets associatifs sont ainsi importants pour cette diaspora malgache désireuse de se regrouper pour œuvrer pour son pays d’origine ou tout simplement pour échanger un moment convivial. Entre 2006 et 2016, 1 963 associations de la loi 1901 ont été publiées dans le Journal Officiel, dont 902 sont à visée humanitaire et 248 festives et conviviales6 Etude du profil de la diaspora malagasy en France, Ministère des Affaires .... En ce sens, au sein de cette diaspora, les pratiques de communication et d’échanges d’informations ont donc également évolué durant ces dix dernières années. Nous pouvons citer pour commencer les forums de discussions comme « MOOV ». Ensuite, sont apparus des sites web d’informations créés par les membres de la diaspora pour ne citer que MADAPLUS ou MADASPORT.

Ces sites web regroupent différents types d’informations tant politico-économiques que socio-culturelles. Le site MADAPLUS7 https://www.madaplus.info par exemple est un site où nous pouvons retrouver plusieurs types d’informations : les actualités locales, régionales et nationales ; les événements ; le streaming de médias nationaux etc. MADASPORT8 http://www.mada-sport.com quant à lui, appartient à une association malgache basée en Val de Marne. La partie du site qui nous intéresse le plus est celle dénommée «°Guide de la diaspora°». Ce guide propose entre autres quatre catégories d’informations : « l’annuaire », ensuite «°le show-room°» qui recense quelques épiceries et points de vente proposant des produits en provenance de Madagascar ; puis « le portail°» qui propose différents liens qui mènent chacun à des quotidiens d’informations malgaches ; et pour terminer l’onglet « les petites annonces » inventorie différentes offres (ou demandes) de services entre particuliers.

Tic et diaspora : une problématique de recherche 

Les possibilités offertes par les Techniques de l’Information et de la Communication ont ainsi poussé les membres de la diaspora malgache à se rassembler et à constituer des communautés, notamment grâce aux réseaux socionumériques. « C’est pourquoi nous préférons employer l’expression « réseaux socionumériques », qui a l’avantage de rappeler dans sa forme même que les aspects sociaux et numériques sont deux dimensions intrinsèquement constitutives du phénomène observé » (Coutant, Stenger, 2011). En effet, le réseau emprunte les possibilités ouvertes par le numérique tout en mettant au cœur de son projet le lien social. Nous parlons ici plus précisément des réseaux socionumériques en référence aux techniques du web 2.0 qui permettent de relier les individus grâce à des dispositifs ou des plateformes divers. Ces dispositifs sont dans un premier temps considérés comme étant une addition de réseaux, ou tout simplement des mécanismes permettant de nouer des liens entre des individus de différents horizons.

Dans le cadre de cette étude, le choix s’est porté sur le réseau socionumérique Facebook car il permet à la fois aux usagers d’échanger avec leurs contacts ou « amis », ajoutés sur leur compte personnel, et de s’exprimer. De plus, il instaure un cadre technique qui permet de standardiser tant les échanges que les publications. « Facebook est donc un terrain particulièrement favorable à l’étude de la représentation de soi, puisque ce logiciel propose en somme de fédérer toutes les activités en ligne et les facettes de la vie quotidienne » (Cardon, 2008, p.183). L’usage de Facebook est donc régi par un architexte défini par son concepteur de manière à ce que les modalités d’expression sur le réseau social soient normalisées. En outre, il met en place des cadres d’écriture qui permettent aux usagers d’intéragir entre eux de manière “uniforme”. Sur Facebook en effet, il est possible soit d’échanger via les messages privés, soit via les commentaires publics, soit via la discussion instantanée. Les moyens d’expression sont également régis par leurs formats: texte (statut), photo ou vidéo.

La diaspora malgache se retrouve ainsi au sein du réseau socionumérique à travers les « groupes Facebook » pour échanger sur les actualités politiques nationales, pour garder le contact, pour des projets solidaires ou encore pour des échanges commerciaux entre particuliers. Au sein de ceux-ci les rôles sont dans un premier temps extrêmement prédéfinis par le réseau socionumérique lui-même. En effet, d’une part nous avons les administrateurs de groupe et d’autre part les membres adhérents. Concernant les administrateurs de groupe : ils sont soit fondateurs, soit membres sympathisants. Ils représentent une entité régulatrice dans la mesure où ils sont garants du respect du règlement interne du groupe, mais forment aussi un groupe référentiel pour des questions, des échanges, des conflits…Le groupe Facebook GSF9 « Gasy Serasera Eto Frantsa » ou Communication des malgaches en France que nous étudions dans le cadre de nos travaux de recherche est une entité créée en 2014 et regroupant sur le réseau socionumérique 9 515 membres de la diaspora malgache. En ce sens, plusieurs activités y prennent place. Il y a notamment les échanges de services ou les échanges d’informations à travers les posts et les commentaires.

Puis les administrateurs du groupe sont aussi les garants de l’organisation de différents évènements internes que ce soit des ateliers, ou des rencontres festives. En ce sens, des affiches numériques circulent au sein du groupe. Celles-ci ont pour objectif de fournir les différentes informations pratiques concernant les évènements ou les manifestations ; mais elles ont surtout pour rôle d’inciter les membres du groupe à y participer. Ainsi, outre les évènements internes sous l’égide des administrateurs GSF, des « affiches évènementielles » circulent tout aussi bien. Elles concernent les soirées, les rencontres festives ou les concerts malgaches en France Métropolitaine.

Ainsi, Facebook a permis aux membres de la diaspora malgache de construire une véritable communauté qui est régie par des règles communément admises, et dont le vivre ensemble est garanti par des entités personnalisées notamment les administrateurs. En ce sens, nous parlons de diaspora connectée : « il s’agit de ces membres de la diaspora malgache qui se retrouvent sur le réseau socionumérique Facebook à travers les groupes afin de construire une modalité de la vie en communauté régie par un imaginaire social, mais aussi technique commun » (Rakotoary, 2018). Sur ce réseau socionumérique, en effet, la diaspora se réinvente et se reconstruit à travers des groupes. L’objectif de ceux-ci est donc de favoriser la rencontre et l’interaction entre les différents membres. En outre, des discussions se créent autour des posts qui revêtent différents sujets (sociaux, personnels, commerciaux etc.), et pour favoriser les interactions des rencontres en présentiel sont organisées autour d’ateliers ou d’évènements festifs.

Cet espace commun de discursivité offert par le réseau socionumérique est favorable à la circulation de l’information qui peut se révéler de différents ordres. Au niveau micro, il peut s’agir de posts d’informations tout à fait personnelles et individuelles ; comme des retours d’expériences, des démarches administratives, des problèmes d’ordre personnel etc. Au niveau méso, il s’agit plus de posts d’informations locales concernant des offres et des demandes de services par exemple. Et au niveau macro, il s’agirait plutôt d’informations d’actualités à vocation locale, régionale, nationale ou internationale et qui intéresseraient un plus grand nombre. En ce sens, des usages différenciés du réseau socionumérique émergent alors au sein de ces communautés.

Facebook devient à la fois un relai d’informations, une source d’informations à travers le partage d’actualités sur le groupe mais aussi un vecteur de mobilisation autour d’actions solidaires ou de rencontres physiques. Dans quelle mesure alors le réseau socionumérique revêt-il un rôle clé dans la construction des pratiques médiatiques des communautés diasporiques connectées ? L’information circule de manière croissante et accélérée au sein du réseau socionumérique Facebook. Elle revêt également des formes diverses ancrées ou non au dispositif pour ne citer que les posts, les partages d’articles de presse, les commentaires, les vidéos promotionnelles ou encore les affiches publicitaires numériques. Les pratiques médiatiques des usagers du réseau socionumérique et plus particulièrement des membres du groupe GSF se retrouvent ainsi sur de nouvelles plateformes, sur de nouveaux supports tout en restant fidèles aux attributs des médias traditionnels. Dans quelle mesure peut-on également parler de nouvelles reconfigurations des processus de médiatisation en œuvre au sein de la diaspora malgache connectée ? Comment peut-on comprendre l’ampleur prise par la propension de ces reconfigurations médiatiques au sein de la diaspora malgache connectée ?

Éléments théoriques et méthodologiques 

Le terme de diaspora est polyphonique et représente historiquement les mouvements du peuple juif ou encore les réseaux marchands africains (Dufoix, 2003). Jusqu’au milieu des années 1980, ce concept est utilisé afin de définir deux grands types distincts : une dénomination pour des populations qui se sont installées provisoirement ou non en dehors de leur pays, et un concept spécialisé pour décrire les réseaux de marchands africains (Dufoix, 2003). En d’autres termes il s’agit d’individus éparpillés, partageant un univers commun, des interdépendances, des solidarités transnationales qui vont au-delà des particularités locales (Bordes-Benayoun, 2002). La diaspora est le plus souvent en ce sens tiraillée entre deux cultures. D’une part, il y a la culture identitaire qui est liée au pays d’origine. Il s’agit des pratiques ancestrales ou quotidiennes liées aux traditions, aux us et coutumes… D’autre part, il y a celle du pays d’accueil au sein duquel il est nécessaire de s’intégrer pour pouvoir construire (ou reconstruire) un quotidien. Ainsi dans les années 1980, les études sur les diasporas se sont focalisées sur la compréhension de ce lien avec le pays d’origine.

Mais depuis les années 1990, les études sur les diasporas se sont beaucoup plus axées sur les modalités d’intégration de celles-ci dans leur pays d’accueil. Le phénomène de mondialisation en abolissant les frontières, a permis à ces peuples éparpillés de vivre une « double présence » à travers le développement des techniques de l’information et de la communication, qui a donné lieu à une tradition de recherche sur les Tic et les diasporas (Mattelart, 2009 ; Diminescu, 2005 ; Koukoutsaki-Monnier, 2010, 2013, 2018). « Internet, moyen de communication transnational par excellence, y est en effet décrit comme un outil de choix permettant de rester connecté, non sans nostalgie, aux réalités, nationales, de la patrie quittée » (Mattelart, 2009, p.26). Les Tic répondent ainsi à un besoin de pallier l’absence engendrée par l’expatriation en abolissant les frontières du temps et de l’espace à travers la reconfiguration des formes d’interaction et de discussion. En analysant les pratiques des populations au prisme des dispositifs que représentent les Tic, il est ainsi possible de mettre en exergue une différenciation des usages liée à l’expérience de l’éloignement.

Nous avons choisi d’emprunter le concept de dispositif technique pour appréhender le réseau socionumérique. Les dispositifs techniques sont à nuancer des médias qui sont « […] généralement considérés comme des organisations aux caractéristiques spécifiques, fonctionnant avec régularité à destination de publics bien identifiés et à qui ils diffusent des programmes informationnels, distractifs et culturels, en respectant des modalités économiques qui se sont forgées au cours de leur histoire déjà longue […] » (Miège, 2007, p.46). Selon Bernard Miège, parler de média reviendrait à parler de dispositifs sociotechniques et socio symboliques gérés par des organisations spécialisées et fournissant des contenus réguliers à des catégories de publics relativement stables. Ils représentent alors des entités spécifiques mettant en œuvre des actions et des stratégies en vue de proposer un contenu à un public bien déterminé.

Le dispositif technique peut alors être appréhendé comme une configuration sociotechnique située au carrefour des réflexions sur les aspects techniques des objets et des réflexions privilégiant les aspects sociaux ou plus précisément l’ancrage social de l’objet étudié.

Nous rejoignons ainsi le positionnement de Bernard Miège (2007) dans la mesure où nous posons comme constat principal le fait que les Tic et donc les dispositifs rattachés, loin de révolutionner la vie sociale, la reconfigurent en renouvelant des modèles existants. « L’avancée — incontestable — des Tic procède donc moins de sauts, de ruptures, et d’innovations que de la poursuite de procès complexes et engagés de longue date […] » (Miège, 2007, p.15). L’auteur définit en ce sens sept procès permettant de comprendre le processus d’ancrage social des Tic: l’informationnalisation, la médiatisation de la communication, l’élargissement du domaine médiatique, la marchandisation des activités communicationnelles, la généralisation des relations publiques, la différenciation des pratiques et la circulation des flux et la transnationalisation des activités.

La spécificité du concept de dispositif réside ainsi dans le fait qu’il s’agisse d’« […] une complémentarité et (d’) une stabilité entre les éléments composant le dispositif, une articulation entre des outils et des contenus, et des usages bien spécifiés, in situ et à distance, sinon de façon ubiquitaire » (Miège, 2007, p.48). Celui-ci découle d’un phénomène de double médiation entre la technique et le social. « La médiation est en effet à la fois technique car l’outil utilisé structure la pratique, mais la médiation est aussi sociale car les mobiles, les formes d’usage et le sens accordé à la pratique se ressourcent dans le corps social » (Jouët, 2000, p.497).

Les dispositifs techniques ne sont pas à considérer comme des productions innovantes, ils relèvent de procès beaucoup plus complexes qui réfutent les sauts, les ruptures ou les innovations en ce que leurs configurations à la fois technique et sociale permettent un développement sur la durée des Tic. « Les dispositifs sont/seront des configurations socio techniques appelées à assurer le développement des Tic sur la durée et à donner des bases renforcées à la médiation technique de la communication » (Miège, 2007, p.48). Ils font ainsi perpétuellement référence à des pratiques antérieures qu’elles influencent ou modifient grâce à de nouvelles combinaisons ou à de nouvelles modalités de compréhension. Les pratiques se reconfigurent ainsi voire se réinventent au regard d’un ensemble d’éléments préexistants.

Le dispositif technique est interdépendant aux concepts d’usage et de pratique. L’importance de ces études d’usage réside dans le fait qu’elles nous permettent de faire sens aux pratiques numériques des usagers et plus encore de mettre en évidence ce lien entre pratiques numériques et pratiques sociales. Face au dispositif technique l’usager construit un système de significations, basé sur son cadre de référence, qui lui permet d’interagir et de le manipuler.

Ces appropriations diffèrent ainsi d’un individu à l’autre, d’un groupe à l’autre… « […] il est nécessaire de retenir le fait que pour engager des utilisations, puis développer des usages s’insérant dans des pratiques informationnelles, communicationnelles, culturelles, pour s’approprier les TIC, les usagers s’appuient sur un imaginaire social » (Vidal, 2013, p.19). Comme nous l’avons dit précédemment la grille de lecture des usagers repose intégralement sur leur cadre de référence personnel, forgé par leurs pratiques, leurs croyances, leurs traditions, leurs normes etc. Le réseau socionumérique selon le public au sein duquel il prend racine, est empreint d’usages relatifs à l’historicité sociale du groupe (De Certeau, 1990). Pour certains groupes d’individus partageant des intérêts communs, les usages se rejoignent à bien des égards, les manipulations deviennent mimétiques et les fonctionnalités utilisées se ressemblent de plus en plus. Les études d’usage sont ainsi le plus souvent adossées à des études sur l’appropriation de dispositifs numériques dans des contextes déterminés, auprès d’individus ou de groupes d’individus particuliers.

D’un point de vue méthodologique, nous nous sommes concentrée sur une analyse de contenu appliquée sur un corpus de publications issu du réseau socionumérique Facebook. Pour ce faire, nous avons choisi un groupe précis qui est « Gasy Serasera Eto Frantsa ». Il regroupe en son sein des membres de la diaspora vivant en France Métropolitaine mais également des malgaches qui sont retournés au pays. Il s’agit d’un groupe de 9 515 membres qui est géré par six (6) administrateurs. GSF est un groupe d’échange qui a pris des proportions communautaires au fur et à mesure de son évolution. Nous avons alors mis en place un protocole de recherche basé sur deux fonctionnalités du réseau socionumérique à savoir « Facebook Graph API » et « Facebook Graph Search ». Le « Facebook Graph API » peut être utilisé à partir d’un compte personnel Facebook et il peut extraire les données à partir de ce compte et établir des connexions. A cela s’ajoute, l’application « Facebook Graph Search » qui permet d’accéder aux différentes données publiques liées à un échantillon de population précis. En ce qui nous concerne, nous nous sommes intéressée aux : administrateurs, aux membres actifs et aux membres non actifs. Le principe de cet outil est de formuler des requêtes assez claires afin de pouvoir obtenir une liste de données. Grâce à ce protocole de recherche mis en place, nous avons pu extraire 631 publications Facebook10 350 posts, 137 images, 49 vidéos, 7 fichiers téléchargés et 88 liens. au sein du groupe entre 2014 et 2016. Une fois recensées ces publications ont ensuite fait l’objet d’une analyse de contenu thématique (Bardin, 2013) que nous avons choisie de traiter avec une analyse statistique. Par rapport aux thématiques, nous avons pu établir a priori (5) thèmes généraux à la suite de nos observations en ligne et (23) sous thèmes qui sont apparus au cours du processus d’analyse de contenu. Il est à noter que chaque unité d’enregistrement peut se retrouver dans plusieurs thèmes et sous thèmes. Les thèmes généraux sont relatifs aux différents sujets qui nous ont aidée à classer les groupes Facebook de la diaspora malgache. En ce sens, nous avons défini les thèmes suivants : le commerce, la culture, la communauté, l’information et la citoyenneté.

A cela s’ajoutent des entretiens semi directifs, pour recueillir des discours d’acteurs, que nous avons menés auprès de 14 individus (les administrateurs, les membres actifs et les membres non actifs). Trois principales thématiques ont été abordées notamment : les usages et les pratiques autour du réseau socionumérique, les interactions effectuées sur le réseau socionumérique, et la place de la connectivité dans la vie quotidienne.

Répartition des pratiques médiatiques au sein du réseau socionumérique 

La présence des communautés diasporiques malgaches est ainsi ressentie aussi bien au niveau des médias dits traditionnels que des réseaux socionumériques. Nous avons vu précédemment que les médias traditionnels malgaches, en fournissant des contenus réguliers, restent donc dans le questionnement et le constat de faits divers de par leur distance géographique avec la population concernée. D’un autre côté notre étude nous a montré que les réseaux socionumériques arborent une proximité plus poussée vis-à-vis des communautés diasporiques malgaches. Ces dispositifs sociotechniques renvoient à des outils techniques aux conventions spécifiques, inscrits dans un contexte social qui lui aussi présente des conventions propres. Ils s’épanouissent ainsi beaucoup plus dans la valorisation et l’appui aux communautés.

Quoi qu’il en soit le rôle des médias s’avère important dans la mesure où ils regroupent des dispositifs permettant dans un premier temps de forger des ponts entre la communauté diasporique malgache et le monde environnant. Ceci d’autant plus que les réseaux socionumériques sont devenus le socle de la formation de plusieurs formes de médiatisation de la diaspora malgache. Pour revenir au procès de médiatisation : « dans un premier sens, médiatisation s’oppose à médiation et vise à identifier les phénomènes médiatés par l’intermédiaire non de nombreuses instances de médiation sociale mais par l’intermédiaire de médias au sens spécifique du concept » (Miège, 2007, p.85). Lorsque qu’un phénomène fait usage d’un média lors de sa transmission, il y a lieu de parler de procès de médiatisation. Ainsi, grâce au développement des communautés sur les réseaux socionumériques et à cause du besoin constant d’être à l’affut des dernières actualités et des derniers évènements, différentes formes de médiatisation ont émergé via les réseaux socionumériques.

Concernant le réseau socionumérique Facebook, il est également nécessaire de différencier les usages prescrits des concepteurs, des usages effectifs. Les usages effectifs peuvent ici faire référence aux « usages sociaux » renvoyant à des modalités récurrentes d’appréhension du dispositif qui sont relativement intégrées dans le quotidien a contrario des « usages limités » renvoyant à des manifestations de résistance (Domenget, 2013).

Pour la diaspora malgache qui est l’objet de notre étude, le concept d’usage nous a servi de grille de lecture afin de comprendre la place du dispositif technique dans le quotidien des membres du groupe étudié. En ce sens, nous nous sommes basée comme les études précédentes sur un recueil de discours d’acteurs à travers les entretiens semi-directifs, ainsi que sur une analyse de contenu thématique des publications numériques pour dégager les tendances lourdes de ces usages.

Pour commencer le réseau socionumérique est empreint d’usages relatifs à de nouvelles formes de pratiques médiatiques de ses membres. La diaspora malgache connectée se retrouve sur Facebook au sein de groupes dont les thématiques sont le plus souvent les mêmes : l’entraide, l’information ou le commerce. En ce sens, pour cette dernière, Facebook a tout d’abord une fonction mobilisatrice. Il permet de véhiculer des messages de solidarité et, par la même occasion, de rallier les membres des communautés à des causes spécifiques comme les catastrophes naturelles ou les maladies graves. Il peut s’agir par exemple d’appels aux dons : dans le cadre de la tempête tropicale « Enawo » à Madagascar en 2016 une cagnotte virtuelle a été organisée afin de venir en aide aux plus défavorisés. Ensuite, Facebook a aussi pour cette diaspora une fonction de relai d’information. Effectivement, grâce au partage d’informations les membres de la diaspora ont la possibilité de suivre les actualités nationales malgaches. Il s’agit en ce sens pour certains d’une véritable source d’actualités dans la mesure où ils sont plus connectés sur le réseau socionumérique que sur les médias d’information plus traditionnels. En effet, sur ces groupes des extraits de bulletins d’informations malgaches sont partagés ; des émissions diffusées sur des chaînes françaises sont aussi présentes, et des articles de journaux concernant différentes thématiques comme les élections présidentielles malgaches de 2014, ou les élections présidentielles françaises de 2016. Comme nous le montre le graphique ci-dessous, l’analyse de contenu a pu démontrer que parmi les sujets d’interaction au sein des groupes Facebook, certains d’entre eux relèvent de pratiques médiatiques.

Figure 1 Répartition des pratiques médiatiques dans le groupe GSF

D’un côté, le groupe Facebook permet à ses usagers de se tenir au courant des différents évènements qui se manifestent au sein des communautés diasporiques. Ensuite, les groupes Facebook deviennent aussi le support de nombreuses petites annonces concernant notamment le logement, l’emploi ou encore d’autres services. Et pour terminer, en tant que relai d’informations, les groupes véhiculent aussi des évènements d’actualités malgaches.

Le groupe analysé a aussi vu le développement de plusieurs partenariats avec des médias en ligne que l’on pourrait qualifier de médias transnationaux notamment la web radio « Bitsika » et la web tv Gasypora. La web radio « Bitsika » est une station privée malgache qui a deux bureaux centraux notamment à Antananarivo et à Paris. Cette web radio se veut culturelle et s’engage à promouvoir les artistes malgaches se produisant sur des scènes nationales ou internationales. Il est possible d’y accéder via leur plateforme web ou via une application spécifique. La radio « Bitsika » s’engage à inclure ses deux principales catégories d’auditeurs : la population malgache locale et la diaspora malgache internationale. En ce sens, elle s’est intéressée au groupe GSF qui au fil des ans a pris beaucoup d’ampleur pour les malgaches en France. Ainsi, de temps à autre, les administrateurs ont le droit à la parole et peuvent effectuer des interventions.

A l’instar de la web radio, une « web tv » : Gasypora est aussi née des rencontres au sein du groupe GSF. Effectivement, les évènements internes peuvent aboutir à la rencontre de plusieurs personnalités animées par des causes communes. Pour l’instant, faute de moyens elle se concentre sur une page Facebook et une chaîne Youtube. Gasypora a pour objectif de servir de relai d’informations pour les malgaches en France. En ce sens, ses productions sont aujourd’hui de l’ordre du documentaire ou du reportage. Les principaux thèmes abordés restent d’ordre culturel notamment concernant les évènements internes et externes relatifs à la diaspora malgache. Le groupe GSF sert de véritable plateforme de diffusion pour Gasypora dans la mesure où elle y partage ses productions et y fait circuler également ses appels à témoins.

Reconfiguration des pratiques médiatiques au sein du réseau socionumérique 

Le procès d’informationnalisation (Miège, 2007) est prégnant au niveau de cette communauté connectée et tend à prendre des formes de médiatisation diversifiées. « L’important est de noter qu’il s’agit d’un procès qui se caractérise par la circulation croissante et accélérée des flux d’information éditée ou non, autant dans la sphère privative, dans celle du travail que dans l’espace public » (Miège, 2007, p.25).

La diaspora connectée représente le témoin de la circulation de l’information médiée par les dispositifs numériques. L’information se présente ainsi de différentes manières (Miège, 2007) au sein de la diaspora connectée : les informations produites dans des institutions spécialisées comme les informations relatives à la santé, les informations produites par des usagers amateurs notamment les vidéos ou les fichiers recensant des recettes par exemple (qui sont également des informations accessibles sous conditions), ou encore les informations régulièrement proposées comme les informations promotionnelles. Parmi ces formes de médiatisation de l’information au sein de la diaspora connectée il y a lieu de distinguer les formes textuelles, les formes éditoriales et les formes médiatiques.

Une des formes textuelles que nous avons distinguée est l’emploi de la citation ou du discours indirect dans des objectifs bien précis. Concernant la citation, « c’est un moyen de moduler ou de déléguer la prise en charge des discours, dans un jeu où la responsabilité de dire le vrai et la charge de l’établir se déplacent entre des auteurs multiples et plus ou moins fictifs » (Jeanneret, 2014, p.113). Ainsi, ils permettent de rapporter les propos d’une autre personne pour protéger son identité ou encore pour accorder encore plus de valeur à l’énoncé en usant d’un énonciateur reconnu au sein du groupe (un membre ou un administrateur). En plus du « dika petaka » ou du « copier-coller » qui permet aux administrateurs de citer des propos ; d’autres membres se portent garants également pour une connaissance ou un membre de la famille afin d’exposer une situation au sein du groupe.

En parallèle avec les formes textuelles, se mettent également en place au sein de la diaspora connectée, des formes éditoriales ou plus précisément des cadres d’écritures. Ceux-ci renvoient à une normalisation des comportements d’écriture au sein du dispositif infocommunicationnel. Il est vrai qu’une des formes éditoriales majeures reste la prégnance de la langue appelée le « malgache d’ici » (Rasoloniaina, 2005) au détriment d’autres formes langagières. Il s’agit d’une forme langagière courante, comprise de tous et utilisée par tous dans les échanges informels de la vie quotidienne. Il s’agit d’un malgache auquel s’implémentent des termes français ou des termes français malgachisés. Les données issues de nos entretiens nous ont également montré que l’utilisation du malgache (et notamment du « malgache d’ici ») fait référence à une volonté de s’adresser exclusivement à un cercle d’amis ou de connaissances malgaches.

Toujours dans le cadre des formes de médiatisation, il y a également lieu de mettre en exergue les formes médiatiques en elles-mêmes soit les formes qui peuvent être liées à une préexistence au sein des médias de masse. Nous avons remarqué que ces formes sont pour la plupart relatives aux différentes rubriques que l’on peut retrouver au sein de la presse écrite notamment : l’éditorial, les actualités, la culture, les petites annonces, les encarts publicitaires, et les faits divers.

L’éditorial renvoie aux publications épinglées au sein du groupe: il s’agit de publications écrites régulièrement par les administrateurs et qui permettent de faire une focalisation sur un évènement, une actualité, un pot commun ou encore le règlement intérieur. La deuxième forme journalistique fait référence à la rubrique actualités qui donne un panorama général des actualités locales, régionales, nationales ou internationales partagées à travers les liens. Une autre forme est la rubrique faits divers, qui rassemble des articles qui ne sont pas classables ailleurs dans les journaux de la presse écrite. Dans le cadre de la diaspora connectée, le plus souvent des membres relatent leurs aventures ou mésaventures. Il peut s’agir de faits de violence conjugale, de responsables hiérarchiques abusifs ou encore de problèmes administratifs notamment concernant le titre de séjour et la fraude. La dernière rubrique reste également importante au sein de la diaspora connectée à l’instar de la rubrique petites annonces. La rubrique petites annonces se matérialise ainsi à travers la publication d’offres ou de demandes d’emploi, la publication de vente ou de location de maison, la publication d’autres offres et demandes de services quotidiens.

Figure 2 Répartition des formes médiatiques de type "petites annonces"

Nous avons pu constater que les petites annonces se publiaient majoritairement sous forme de post Facebook, et parfois sous forme d’images, de vidéos ou de liens. Ainsi, nous avons décidé de comparer l’affluence de ces thématiques de type « petites annonces » entre 2014 et 2016 dans le graphique ci-dessus. Les offres les plus importantes restent les offres de location ou de vente de logement que ce soit au niveau national ou international. Ensuite, il y a également les offres et les demandes d’emploi. Mais, ce qui a relativement attiré notre attention, c’est la croissance des offres de service de type plombier, charpentier, ou bricoleur tout simplement. Effectivement des micros entreprises, des auto-entrepreneurs et parfois des amateurs à la recherche d’emploi ponctuel émergent de la diaspora connectée en proposant des services de différents ordres.

Conclusion

En somme, les membres de la diaspora malgache se regroupent et tendent à former de véritables communautés au sein des réseaux socionumériques tels que Facebook. Celui-ci favorise leurs interactions et leurs échanges, et renvoie à des usages spécifiques. Plus particulièrement, les membres de la diaspora malgache de France Métropolitaine se retrouvent au sein des groupes Facebook afin de partager des informations mais également pour tisser des relations humaines. Nous parlons ainsi de « communauté connectée » ou de « diaspora connectée » (Rakotoary, 2018). En outre, ils expérimentent un quotidien ambivalent entre le besoin de s’imprégner d’informations en lien avec le pays d’origine d’un côté, et le besoin de s’intégrer et de s’entraider au sein de leur pays d’accueil de l’autre. En ce sens, le réseau socionumérique représente le socle d’usages diversifiés liés à des imaginaires communs ou beaucoup plus individuels. Effectivement, le réseau socionumérique devient une véritable plateforme qui renvoie à de nouvelles modalités de construction des pratiques médiatiques de la diaspora connectée. Celui-ci devient un relai d’informations ou encore un vecteur de mobilisation. Il permet de raviver les liens de solidarité en mettant en place des campagnes de mobilisation humanitaire à destination du pays d’origine. Par la même occasion, les groupes Facebook permettent de partager des informations pratiques ou encore liées aux actualités quotidiennes. De plus, outre les médias traditionnels, des médias transnationaux émergent et se mobilisent sur les questions relatives à cette diaspora malgache. Nous avons également pu constater que les réseaux socionumériques mettent à jour une reconfiguration des formes de médiatisation de l’information. Ainsi, l’expérience de l’éloignement pousse ainsi les membres de la diaspora à investir des espaces numériques afin de garder le contact entre eux et avec leur pays d’origine. Ces espaces numériques régis par des architextes, leur permettent de faire émerger de nouvelles pratiques médiatiques liées aux usages diversifiés du réseau socionumérique.

Références   [ + ]
  • 1.
  • Il s’agit d’une thèse en Sciences de l’Information et de la Communication qui porte effectivement sur les « dynamiques infocommunicationnelles d’une communauté connectée : une analyse des formes socioculturelles de la diaspora malgache présente sur Facebook ». Elle a été soutenue en 2018 au sein du Laboratoire Gresec, Université Grenoble Alpes.
  • 2, 3, 6.
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  • 5.
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  • https://www.madaplus.info
  • 8.
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  • 350 posts, 137 images, 49 vidéos, 7 fichiers téléchargés et 88 liens.


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Pour citer cet article

, "Reconfigurations de formes médiatiques des usagers du réseau socionumérique Facebook : le cas de la diaspora connectée malgache de France Métropolitaine", REFSICOM [en ligne], Médias et migration/immigration : représentations, communautés et réseaux numériques, mis en ligne le 30 décembre 2019, consulté le dimanche 29 mars 2020. URL: http://www.refsicom.org/665


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