Médias et démocratie : la Gambie aussi a eu sa révolution numérique

Résumés

Cet article analyse l’influence du facteur numérique dans le renversement du régime dictatorial de Yahya Jammeh qui a dirigé d’une main de fer la Gambie pendant plus de deux décennies. Dans ce pays, Internet et les réseaux sociaux ont servi de réceptacles à des discours contestataires longtemps inhibés par un pouvoir dictatorial et répressif. Cette mobilisation s’est nourrie d’une diaspora constituée entre autres d’une masse importante de journalistes exilés et d’hommes politiques. Sur le territoire national, les Gambiens ont eux aussi joué un rôle indéniable malgré les multiples tentatives du pouvoir en place de couper le réseau Internet. Grâce à l’implication de tous les acteurs, la Gambie a connu la première alternance par la voie des urnes après cinquante-deux ans d’indépendance. Internet et les réseaux sociaux numériques ont permis à des milliers de citoyens d’interagir sans considération de frontières pour une avancée considérable de la démocratie gambienne.
This article analyses the influence of the digital factor in the overthrow of the dictatorial regime of Yahya Jammeh, who ruled The Gambia with an iron fist for more than two decades. In this country, the Internet and the social networks served as repositories for protesting speeches which were for a long time inhibited by a dictatorial power. This unwavering rally was nurtured by a diaspora composed of exiled journalists and politicians. On the national territory, the Gambians too have played an undisputable role despite various attempts from the government to block the Internet. Thanks to all these actors, Gambia has experienced the first alternative by the way of ballots after fifty-two years of independence. The Internet and the digital social networks have allowed many Gambian citizens to interact without consideration of barriers for a considerable move of the Gambian democracy.

Texte intégral
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Introduction

Les événements qui se sont produits dans certains pays arabes et qui ont précipité la chute de leurs dirigeants ont sans conteste mis au premier plan le rôle d’Internet et des médias sociaux dans les démocraties modernes. De l’immolation de Bouazizi : acte qui est le déclenchement de la révolte en Tunisie aux événements qui se sont déroulés en Égypte, en Lybie… le dénominateur est commun. Grâce à Internet, les gens deviennent des citoyens actifs au cœur du système politique. Avec des outils modernes, ils pénètrent dans l’espace public et changent le cours des choses.

Lorsqu’en janvier 2017, le président gambien fut contraint de quitter le pouvoir sous la menace d’un soulèvement populaire, le rapprochement avec le printemps arabe est dans tous les esprits, car un vaste mouvement de communications numériques a accompagné la révolte. Mais ce qui s’est passé en Gambie suscite énormément d’interrogations. Qui sont véritablement les acteurs qui ont été au cœur de cette offensive numérique ? En s’appuyant sur Internet et les réseaux sociaux, ces nouveaux producteurs d’information ont pu diffuser leurs idées rapidement et largement en Gambie et hors de ses frontières, sans passer par un intermédiaire. En quoi et comment Internet et les médias sociaux peuvent-ils être considérés comme des acteurs majeurs dans le processus de construction d’une démocratie gambienne notamment à travers la dernière élection présidentielle ?

Le facteur numérique est-il nécessaire au changement démocratique ?

Après le printemps arabe, beaucoup d’écrits ont été consacrés à la dimension et au rôle politique donnés aux médias et aux réseaux sociaux numériques dans le déroulement de ces révolutions (Gonzalez-Quijano, 2012 ; Ayari, 2011 ; Lecomte, 2011). Même si un nombre important d’auteurs souscrivent à cette possibilité en les considérant comme une réelle opportunité pour l’avancée démocratique, les avis restent partagés. Il y a ceux qui souscrivent à l’idée, ceux qui sont à l’opposé et ceux qu’on appellera les « centristes ».

Certains spécialistes ont des avis tranchés sur les capacités des médias sociaux à être des vecteurs d’avancées démocratiques. Dans un monde devenu un « village planétaire », avec « une explosion de la communication », il faut reconnaitre un rôle aux TIC dans les phénomènes politiques : « Les médias sociaux sont aujourd’hui extrêmement présents, y compris dans les pays en développement, et il est désormais difficile d’imaginer qu’une mobilisation sociale puisse se faire sans eux. Autrement dit, la révolte se fera en réseau ou ne se fera pas » (Faris, 2011:109).

Les pourfendeurs de la théorie de la toute-puissance du facteur numérique dans les révoltes arabes avancent des arguments qui peuvent paraitre convaincants. Evgeny Morozov est un des défenseurs de cette position : « Espérer qu’il suffise d’ouvrir tous les réseaux […] pour rendre une transition vers la démocratie plus facile ou plus probable est illusoire. » (Morozov, 2011). Cet argument est aussi défendu par Malcolm Gladwell qui a expliqué, dans un article du New Yorker, que les médias sociaux ne pouvaient pas mener à des mobilisations de masse en raison du taux de pénétration d’Internet très faible dans les pays concernés (Gladwell, 2010). Les deux auteurs se sont penchés sur les exemples iranien et égyptien pour soutenir leur thèse. Ces pays n’ont pas attendu le printemps arabe pour connaître des révoltes comme en témoignent la révolution iranienne de 1979 et la descente des Égyptiens dans la rue pour protester contre les prix des denrées alimentaires, deux années plus tôt. À l’époque Twitter et Facebook n’existaient, mais cela n’a pas empêché une forte mobilisation des populations. Les deux auteurs nient un quelconque rôle des réseaux et des médias sociaux dans les révoltes arabes allant même jusqu’à penser que leur existence « n’est ni nécessaire ni suffisante » pour inciter à l’action collective dans les sociétés non démocratiques.

La querelle des spécialistes sur l’influence du facteur numérique est marquée aussi par ceux qu’on peut appeler les « centristes ». Ils ont une position plus nuancée parce qu’ils soutiennent que les soulèvements et révoltes doivent leur réussite à un concours de circonstances dans lequel le facteur numérique joue un rôle prépondérant. Même si l’apport du facteur technologique ne doit pas être minimisé, il y a cependant d’autres facteurs très importants, voire déterminants. Pour le cas de l’exemple égyptien, on peut citer le refus de l’armée de tirer sur les manifestants, la menace d’une grève générale, les conditions économiques difficiles… (Ayari, 2011; Lecomte, 2011).  Par conséquent, la réussite d’une révolution dans notre monde moderne est complexe et le facteur numérique constitue l’un des maillons d’une chaîne de facteurs (Boughzala, Bouzi et Moscarola, 2012).

Au final, s’il paraît exagéré d’imputer aux seuls médias sociaux la réussite des révoltes notées dans les pays arabes, on ne peut nier leur apport considérable au triomphe de celles-ci. Les médias (classiques ou en ligne) jouent un rôle prépondérant pour la diffusion des informations à une large échelle. Ceci peut encourager l’éveil de la conscience citoyenne et une mobilisation rapide, concertée et plus efficace des populations en faveur d’une cause ou d’une idée.

Cadre méthodologique

La plupart des études qui ont été consacrées au rôle révolutionnaire d’Internet et des réseaux sociaux peinent à démontrer leur impact réel dans le renversement des régimes dictatoriaux. Primo, avec à l’époque un taux de pénétration limité de l’Internet dans les pays africains, il est hasardeux de conférer au facteur numérique une force mobilisatrice exceptionnelle. Secondo, il est difficile de le démontrer de manière causale quel que soit le pays concerné.

Dans cette étude, nous tenterons de mettre en avant le rôle du facteur numérique dans la mise en relation et la mobilisation des activistes. Nous constatons que les plateformes Facebook, Whatsapp et Twitter ont été sollicitées surtout par la diaspora gambienne. Il y a eu également l’utilisation de médias en ligne et de blogues par des journalistes exilés. Face au grand nombre de supports mobilisés, il a fallu faire un choix dans le but de circonscrire le champ de l’investigation.

Notre démarche consiste à porter une attention particulière à toutes les plateformes citées suivant les événements importants qui se sont produits en Gambie et surtout les mouvements d’échange qu’ils ont suscités sur la toile. L’usage d’internet par les Gambiens expatriés coïncidant avec l’arrivée du Président Jammeh, il a fallu remonter jusqu’au milieu des années 1990 pour rendre compte de l’offensive numérique menée contre le président déchu. Une attention particulière sera accordée aux mouvements de contestation qui ont été observés à six mois de l’élection présidentielle (avril 2016), avec des rassemblements de l’opposition gambienne violemment réprimés par le pouvoir occasionnant ainsi la mort d’un activiste.

L’étude est donc principalement basée sur l’exploitation et l’analyse des contenus des plateformes numériques. En outre elle est également enrichie par un entretien avec le cyber activiste Salieu Taal (actuel bâtonnier des avocats) qui est considéré comme l’un des principaux initiateurs du mouvement de révolte sur la toile.

L’offensive numérique comme rempart contre la négation des libertés civiles et politiques

La première alternance politique que la Gambie a connue de son histoire, survenue seulement en 2016 (après plus d’une cinquantaine d’années d’indépendance), n’aurait certainement pas été possible sans Internet. La révolte s’est d’abord organisée sur la toile avec notamment ce rôle d’alerte à la communauté internationale joué par la diaspora concernant les nombreux abus et violations des droits humains perpétrés par le régime en place. Ensuite, les technologies du Web 2.0 ont été très largement sollicitées pour une forte mobilisation des Gambiens avant, pendant et après le moment fatidique de l’élection présidentielle.

Le contexte politique

Pour son calme et sa discrétion, la Gambie est surnommée « la Suisse de l’Afrique » (Sall, 1991). Ce petit pays de 11.295 km2, enclavé dans le Sénégal ne connut un retentissement sur le plan international qu’en 1981, au lendemain de la tentative de putsch du régime de Dawda Jawara qui était au pouvoir depuis 1965. Ce dernier était invité en Angleterre pour les festivités du mariage de Diana et de Charles. Des opposants à son régime fomentèrent un coup de force destiné à le renverser et à prendre le pouvoir. À la demande du Président Jawara, les autorités sénégalaises interviennent et le rétablissent dans ses fonctions présidentielles.

La Gambie va encore faire parler d’elle en juillet 1994 lorsqu’un groupe de soldats, sous la houlette du lieutenant Yahya Jammeh, réussit à renverser Jawara, de manière pacifique et sans effusion de sang1 Ni le Sénégal, ni le Nigeria, ni aucun autre pays de la sous-région .... Cette fois-ci, le Sénégal n’intervient pas, mais condamne et regrette un changement de régime par la force en accordant au président déchu l’asile politique. À cause de la pression internationale, les insurgés avaient clamé leur volonté d’organiser des élections libres afin de remettre le pouvoir aux civils. Mais le goût du pouvoir décida le militaire Yahya Jammeh à se porter candidat à sa succession. Au terme d’une période transitoire de deux ans, il fut porté à la tête de la Gambie, devenant ainsi le deuxième président de la petite enclave anglophone.

Entre tentatives avortées de coups d’État et réélections contestées par l’opposition, Jammeh parvint à se maintenir au pouvoir pendant vingt-deux ans. Mais une coalition de partis menée par Adama Barrow remporte l’élection présidentielle de décembre 2016. Yahya Jammeh accepte dans un premier temps les résultats provisoires de l’élection avant de se rétracter une semaine plus tard, prétextant des cas de « fraudes ». Ce revirement va plonger la Gambie dans une période de tension et d’incertitude qui connaitra son épilogue en janvier 2017. Sous l’impulsion du Sénégal, la communauté internationale va mener des tractations diplomatiques impliquant deux pays voisins (la Mauritanie et la Guinée) pour pousser le président gambien à revenir sur sa décision. Après d’âpres négociations, ce dernier accepte de quitter le pays pour la Guinée équatoriale au moment même où l’ultimatum de la CEDEAO arrivait à son terme et que les troupes de l’organisation sous-régionale, déployées le long de la frontière, étaient prêtes à intervenir militairement.

Depuis 1994, le pays a connu un net recul dans plusieurs domaines, mais c’est incontestablement sur le terrain de la violation des droits humains et notamment de la liberté d’expression que Jammeh s’est le plus illustré. Pourtant le renversement du régime de Jawara a été globalement bien accueilli par la presse. De son côté, le gouvernement militaire issu du coup d’État, à l’image de tous les gouvernements qui veulent avoir une légitimité sans avoir reçu le mandat du peuple, cherchait sans doute des moyens de se rendre populaire (Jawo, 2005) . Avec la nouvelle Constitution qui introduisit la liberté et le pluralisme des médias, on assiste à la création de nouveaux journaux et radios privés. Mais Jammeh s’est très vite rendu compte que cette presse naissante, par sa liberté de ton, était une menace à son régime. À partir de ce moment, il prit tous les moyens pour la bâillonner et freiner son évolution.

Des exactions et des brimades de toutes natures sont continuellement et impunément infligées aux journalistes durant tout le règne de Jammeh (Mbow, 2008). Les journalistes gambiens, plus particulièrement ceux qui travaillent pour les médias privés, ont été soumis à des attaques par incendie criminel, des arrestations et détentions arbitraires, des détentions sans charges, des harcèlements et intimidations. L’escalade atteignit son paroxysme avec la mort de deux d’entre eux. Il s’agit d’Omar Barrow, un journaliste de Sud FM Banjul qui a été tué par balle alors qu’il couvrait une manifestation d’étudiants en avril 2000. Deyda Hydara, le directeur de publication et cofondateur de The Point  (un des rares journaux privés) à l’époque, a aussi été tué le 16 décembre 2004. Leurs assassins courent toujours. Ces différentes atteintes à la liberté de presse et d’expression ont été accompagnées d’une législation particulièrement répressive (Bensouda, 1998). À la fin 2016, beaucoup de journalistes ont ainsi été contraints à l’exil.

Les journalistes gambiens dans la blogosphère

Durant la période la plus chaude du règne de Jammeh, bon nombre de journalistes exilés2 Fin 2016, ils sont une centaine à avoir quitté le pays. avaient choisi le canal du Web pour prolonger leur activité selon le modèle de journaux en ligne ou de blogues. Le contrôle étant moins strict grâce à des « sites hébergeurs » étrangers soit britanniques ou américains, certains journalistes y racontaient leurs démêlés avec la police ou les services secrets avant de choisir le chemin de l’exil. D’autres commentaient l’actualité politique du pays ou publiaient des nouvelles fournies par des informateurs qui y étaient restés.

L’histoire de certains journalistes (vivant à l’étranger) libérés du joug de la dictature et de la répression montre à quel point la presse gambienne a su résister pour jouer pleinement son rôle même en dehors des frontières du pays. Pour les nombreux journalistes gambiens expatriés, Internet était devenu l’ultime recours pour exercer leur métier en dehors des frontières géographiques de la petite enclave. Ce médium leur offrait une possibilité de publier des articles critiques qu’ils n’auraient pas pu faire paraître autrement en l’absence d’organes de presse soit fermés ou dont la ligne éditoriale est inféodée par le parti au pouvoir. Au fil des années, beaucoup de médias en ligne ont été créés pour combattre à distance le régime dictatorial de Jammeh. Quelques-uns d’entre eux peuvent être cités : Fatu Network, une radio en ligne créée par une ancienne présentatrice de la radio télévision nationale, Kibaaro News, Sidi Sanneh Blog, Gainako, Jollof News

Freedom Newspaper fait partie des tout premiers journaux en ligne. Il a été créé début 2006 par Pa Nderry Mbai, un ancien journaliste du journal privé The Point ; il fut également le correspondant en Gambie de la radio américaine La Voix de l’Amérique (Voice of America). Cette publication électronique était très critique envers le gouvernement de Yahya Jammeh, notamment avec la très célèbre chronique intitulée « Bulfaleeh » (« peu importe » en wolof), mais aussi à travers les deux fameuses chroniques que l’ancien responsable du Point, Deyda Hydara écrivait de son vivant : « Good Morning Mister President » et « The Bite« . Pa Nderry Mbai affirme avoir remplacé sporadiquement Deyda Hydara pour l’écriture de ces deux chroniques lorsqu’il travaillait au journal The Point. Dans une de ses publications, Freedom Newspaper n’hésite pas à présenter le Président Jammeh comme quelqu’un de « malade, mentalement et physiquement » avant d’ajouter que ce dernier se faisait livrer des prostituées venues d’Éthiopie. À cause de ses écrits très critiques, le journaliste, quoiqu’absent du territoire gambien avait déjà fait l’objet de menaces de la part du régime de Jammeh et son site a subi un piratage informatique. Grâce à la collaboration de Reporters sans frontières et de son hébergeur américain, il avait pu en reprendre le contrôle.

Parmi les journalistes qui ont mené la révolte contre le régime de Jammeh, on peut citer également Fatou Jaw Manneh qui vivait aux USA. Ancienne collaboratrice des journaux Daily Observer et The Independent, elle était aussi une militante farouche connue pour son engagement contre le pouvoir de Jammeh. Son militantisme l’a amenée à lutter en dehors des frontières de la Gambie à travers des sites d’information en ligne et du mouvement d’opposition « Save The Gambia Democracy Project« . Mais une fois qu’elle a mis les pieds en Gambie pour assister aux obsèques de son père en 2007, elle a été arrêtée et accusée de sédition pour des propos hostiles au gouvernement. Elle ne sera jugée et libérée que plus d’un an plus tard en échange d’une caution de 250 000 dalasis (soit 4 600 euros environ).

Il faut toutefois relativiser l’influence réelle et la crédibilité de ces médias en ligne. D’abord parce que comme pour la plupart des pays africains, une faible part de la population gambienne est utilisatrice de ce médium, ce qui amoindrit la réception et l’impact de telles informations3 Sur une population de plus de deux millions d’habitants, 16.9 % des .... Ensuite, ces commentateurs sont souvent des déçus des agissements du pouvoir d’où le caractère militant, en tous les cas très engagé que peuvent prendre certains propos. Enfin, le journaliste étant très éloigné de ses sources, des réserves s’imposent pour certaines révélations fracassantes qui prennent parfois toutes les allures de ce qu’on pourrait qualifier de colportage de rumeurs.

Le rôle de la Diaspora : la révolte en réseau

La diaspora gambienne est constituée d’hommes et de femmes qui ont fui les affres de la misère économique, mais aussi les abus de régimes dictatoriaux depuis l’indépendance. Avec les deux coups d’État (celui de 1981 et celui qui a porté Jammeh au pouvoir en 1994), le nombre de journalistes et de réfugiés politiques a considérablement augmenté4 En 2016, le nombre d’expatriés est estimé à 90 000 sur une .... On les trouve dans certains pays limitrophes comme le Sénégal ou le Nigéria, mais également au Royaume Uni (ancienne puissance coloniale), aux USA, en Suède et en Norvège qui ont des contacts avec la petite enclave grâce aux échanges touristiques. Fin 2016, une vingtaine d’organisations d’activistes et de dissidents du régime de Jammeh ont été répertoriées à travers le monde (Jaw ; 2017). Ces dernières ont joué un rôle primordial dans l’offensive numérique surtout lors de l’élection présidentielle de 2016.

La mobilisation de la diaspora à travers les réseaux sociaux numériques a été perceptible dès les premières années du règne de Jammeh. Le forum de discussion Gambia-Like fait office de pionnier dans ce combat à distance. Pourtant, ce n’était pas l’intention de son créateur, mais par la force des événements, Gambia-L est devenu le premier vecteur de contestation des atrocités commises par le nouveau régime. Le forum de discussion a été créé au lendemain du coup d’État de 1994 par Katim Touray, un Gambien vivant aux USA. À l’image de l’enthousiasme qui s’est produit dans les rapports entre le régime putschiste et la presse, le forum se destinait à accompagner le nouvel homme fort de Banjul dans le processus de reconstruction nationale. À l’issue d’une période de grâce qui a été très courte, les internautes profitent de cette plateforme pour mettre en lumière les nombreuses violations aux droits humains commises par le régime (Keck, Sikkink, 1998 : 3).

Les discussions portaient sur des faits que les médias publics abordaient avec des œillères alors que la presse privée presque inexistante était très prudente. L’exécution de neuf soldats accusés de fomenter un coup d’État ou la mort mystérieuse d’un ministre des finances de Jammeh ont marqué l’année 1995 et ont été largement commentées par les internautes. Le forum se fait également l’écho d’un événement marquant qui s’est produit en avril 2000. Lors d’une manifestation des étudiants, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à ouvrir le feu, tuant quatorze d’entre eux…Le flux d’informations défavorables au régime de Jammeh échangées dans le forum est tel que les partisans de ce dernier décidèrent eux aussi d’entrer dans la plateforme. Ils y postèrent des messages favorables à leur leader tout en accusant ses détracteurs de vouloir ternir l’image du pays en jetant le discrédit sur les institutions de la République. En mai 1999, ils vont changer de fusil d’épaule en proférant des menaces à l’endroit d’un des responsables du site (Touray, 1999).

Tout ceci montre la crainte que le forum représentait pour les nouvelles autorités. Avec ce site, les nombreuses entorses à la liberté civile et politique, les droits humains bafoués prenaient une dimension internationale. Lors du massacre des étudiants, une pétition des internautes débouche sur une lettre adressée au Président américain lui demandant de condamner les atrocités commises par le régime en place5 Il est à noter que jusqu’en 2001, le régime issu du putsch de 1994 .... Bill Clinton va répondre en louant les efforts des activistes et en promettant que la lumière sera faite sur cette affaire (Jaw, 2017 : 78). Gambia-L a également contribué à une sensibilisation des organisations internationales sur la situation en matière de non-respect des droits de l’homme. Le forum a été un réceptacle des idées et des opinions d’un nombre important de Gambiens (principalement de la diaspora) qui y ont ainsi trouvé une plateforme fédératrice.

Aussi important soit le rôle qu’il a joué dans la mobilisation, GambiaL n’est pas le seul outil utilisé par les internautes de la diaspora. D’autres réseaux sociaux, particulièrement Facebook, Youtube et Twitter ont également permis de relayer les contestations des activistes. Sous l’impulsion de ces réseaux, beaucoup de rassemblements ou pu se tenir dans les différents pays hôtes. Du massacre des étudiants en 2000 à la première exécution de neuf condamnés à mort en 2012, ces différents événements ont été l’occasion de différentes manifestations coordonnées aux quatre coins de la planète, en Europe (Royaume Uni, Norvège et Suède), aux USA ou en Afrique (Sénégal). Les médias sociaux ont également été utilisés pour rendre visibles les différentes actions menées par les activistes. Par exemple, en octobre 2013, après s’être enchaînés, trois membres d’une association d’expatriés gambiens (DUGA DC) basée aux USA ont font irruption dans l’ambassade de Gambie à Washington. Leur but était d’attirer l’attention sur les violations des droits de l’homme commises en Gambie par le régime en place. Les trois activistes ont été délogés par la Police, mais ils ont réussi à faire le « buzz » sur les médias sociaux, car l’incident était filmé et diffusé en direct via Facebook. La vidéo sera partagée sur les réseaux sociaux. Elle est d’ailleurs encore disponible sur Youtube6 https://www.youtube.com/watch?v=8tX2IYMIzoE. Leur engagement a été apprécié par beaucoup d’internautes en Gambie. Toujours aux USA, des activistes ont profité du sommet US-Africa qui s’y tenait en 2014 pour organiser un vaste mouvement de rassemblement devant l’hôtel de Jammeh. Ce dernier et son épouse seront contraints d’y rester toute une journée. Cet incident aussi a été filmé et la vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux.

La diaspora gambienne a activement investi les réseaux sociaux numériques pour combattre et dénoncer les atrocités d’un régime dictatorial. Cette offensive numérique est favorisée par deux facteurs décisifs : des risques presque nuls pour ces activistes vivant hors de la Gambie et l’intérêt que les pays d’accueil accordent aux droits de l’Homme et à la promotion de la démocratie. Cependant il est difficile d’évaluer les impacts et les influences des différentes actions qui ont été menées. Au pays, leur portée est limitée par le taux d’accès très faible des Gambiens à Internet. Mais pour ces activistes les cibles semblent être beaucoup plus les organisations des droits de l’Homme et la communauté internationale que les Gambiens en Gambie. La réaction des autorités face à cette mobilisation en réseau peut témoigner de la crainte qu’elles nourrissaient à l’endroit des médias sociaux. En effet, les pro-Jammeh ont soit intégré ces réseaux pour défendre le régime, soit ils ont créé des plateformes dans le but de rétablir l’image positive du pays en véhiculant un discours alternatif (Jaw, 2017) .

Quand la révolte online devient off-line

À quelques mois de l’élection d’avril 2016, un mouvement de contestation initié par la société civile et l’opposition gambienne va être largement relayé par les médias et les réseaux sociaux. À la veille de l’élection, les opposants au régime voulaient des réformes électorales, car les dispositions en vigueur n’encourageaient pas une alternance par la voie des urnes. Lors de la première manifestation qui a eu lieu le 14 avril, au moins 30 personnes ont été arrêtées. Parmi eux Ousainu Darboe, leader de l’UDP, l’éternel rival de Yahya Jammeh et Solo Sandeng qui sera torturé à mort après son arrestation. Deux jours plus tard, une nouvelle marche est organisée, cette fois-ci pour demander la libération des personnes arrêtées et que la dépouille de Solo Sandeng soit rendue à sa famille.

Les péripéties de ces marches historiques (les premières en Gambie) ont été largement relayées et partagées dans les médias et réseaux sociaux7 La vidéo de la marche est disponible à l’adresse suivante : .... À la lumière des échanges qui ont pu être faits entre internautes, la mort de Solo Sendeng aurait dû être l’élément déclencheur d’une révolution comparativement à ce qui s’est produit dans les pays arabes.

In April 2016, when Solo Sandeng, a pro-democracy activist was tortured to death by the Jammeh regime, I noticed a high amount of Gambians engaging on social media condemning the government for his death. Even people that were silent in the past could not hold their tongues. At the same time, I also noticed and participated in an online campaign calling on the youth to register to vote. There were similar attacks that were calling on young people to take up to the streets and have an « Arab Spring » moment. (Jaw, 2017 : 44)

À défaut d’être l’élément déclencheur d’une insurrection populaire comme Bouazizi en Tunisie, la mort de Solo Sandeng va donner un nouveau souffle à ce mouvement de protestation qui prendra une dimension continentale. En effet, une organisation qui réunit des cyberactivistes basés dans plusieurs pays africains lance un hashtag #JammehFact pour accompagner et soutenir la contestation. De fil en aiguille, d’autres hashtags comme #NewGambiaMovement ou #JammehMUSTGO verront le jour par la suite. Les échanges tournaient principalement autour des actes antidémocratiques du régime en place : les détentions arbitraires, les exécutions et les arrestations suite au coup d’état avorté de 2014, le massacre des 14 étudiants en 2000, etc. La révolte était en train de s’organiser sur la toile et dans la ligne de mire des activistes, l’échéance électorale très proche était considérée comme l’occasion idéale pour se débarrasser du régime de Jammeh.

L’élection présidentielle de décembre 2016 est la cinquième du genre à laquelle participe Yahya Jammeh. Les précédentes (1996, 2001, 2006, 2011) ont été organisées dans des circonstances controversées qui permettaient à son parti, l’APRC (Alliance for Patriotic Re-Orientation and Construction) de se maintenir au pouvoir (Saine, N’diaye, Houngnikpo, 2011). Jammeh a toujours été sourd aux nombreuses protestations des opposants qui demandaient des réformes électorales depuis 2001. Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, les modifications qui ont été apportées aux lois électorales n’ont d’autre but que de perpétuer son règne tout en écartant ses rivaux les plus sérieux de la course vers la présidence. Par exemple, la Constitution de 1996 omettait délibérément de limiter le nombre de mandats tout en augmentant l’âge minimum requis pour être candidat (Jammeh n’avait que 30 ans à l’époque). Tandis que les amendements à la loi électorale (Election Act) de 2015 augmentaient considérablement la caution que les candidats devaient payer tout en fixant l’âge maximum, sans doute pour écarter Ousainu Darboe l’éternel rival. Les opposants ont également toujours contesté le manque d’indépendance de l’IEC (Independent Electoral Commission), la commission chargée de l’organisation des élections, dont tous les membres ont été nommés par Jammeh. C’est dans ce contexte incertain que l’opposition va quand même participer et remporter le scrutin grâce à une coalition regroupant sept partis8 Il s’agit des partis suivants : Peoples’ Democratic Organization for ....

Le déroulement de l’élection témoigne d’une sollicitation très accrue des médias et réseaux sociaux numériques. La mort de Solo Sandeng a certainement été l’élément déclencheur de ce regain d’intérêt pour ces outils difficilement contrôlables afin de mobiliser plusieurs citoyens gambiens. Dans un pays où les médias traditionnels sont sous influence étatique, les nouveaux médias deviennent les instruments de liaison avec le peuple. Les opposants ont considérablement utilisé le Web 2.0 pour véhiculer leurs idées et sensibiliser les populations sur l’importance du scrutin. Invité par la chaîne de télévision sénégalaise TFM, quelques jours après son investiture, Adama Barrow, le chef de la coalition gagnante confiait :

« Notre plus grand secret sur ce qui nous a mené jusqu’ici, c’est l’utilisation des médias sociaux. Car, ici en Gambie, la télévision publique ne diffuse pas les activités de l’opposition. Du coup, notre seul moyen pour communiquer était basé sur le social média, particulièrement WhatsApp. On avait seulement internet pour communiquer avec nos militants »9 Interview accordée à TFM, janvier 2017.

Le réseau WhatsApp est certainement celui qui a été le plus utilisé pour la mise en relation entre les politiciens et leur base : « Dès qu’on annonçait un meeting sur WhatsApp, les gens le partageaient rapidement. Ainsi, plusieurs personnes sont au courant et viennent assister » confie le président élu. Les activistes de la diaspora ont eux aussi utilisé ce médium pour encourager leurs proches à voter en faveur de la coalition de l’opposition (Jaw op. cit. 120). Face à ce vaste mouvement d’échange via WhatsApp, les autorités vont tenter vainement de bloquer le réseau, car les utilisateurs vont utiliser des réseaux privés virtuels (VPN) pour accéder à la plateforme et continuer à communiquer (Sanyang, Camara, op. cit. : 13). Mais le jour du scrutin, il n’y a pas de communication possible via quelque réseau que ce soit, car c’est le réseau des réseaux à savoir Internet qui sera complètement mis hors service.

Pourquoi avoir coupé Internet le jour du vote ? Les avis sont partagés. Encore une nouvelle manière de confisquer le pouvoir et d’annihiler toute velléité de contestation ? L’argument peut être recevable, d’autant qu’au même moment, les appels entrants et sortants du pays ont aussi été déconnectés à travers le portail international de télécommunications. À coup sûr, il n’y a pas meilleure façon d’isoler la Gambie du reste du monde. Mais les autorités justifient leur acte en brandissant l’argument du respect des lois électorales selon lequel, seule la commission chargée de l’organisation des élections (IEC) a le droit de communiquer les résultats. Il y aurait donc des risques que des résultats officieux soient divulgués avant l’annonce officielle de ladite commission. Mais à la surprise générale, l’IEC annonce des résultats qui mettent Jammeh hors jeu. Encore plus surprenant, ce dernier félicite le gagnant via la télévision nationale. Mais une semaine plus tard, il revient sur sa déclaration en prétextant des cas d’irrégularités et demande qu’une autre élection soit organisée. Cette volte-face va plonger le pays dans une tension extrême jusqu’à ce que Jammeh accepte de quitter le pouvoir sous la menace d’une intervention militaire des forces armées de la CEDEAO.

La contestation du verdict des urnes et par conséquent le refus de céder la place au Président élu a donné lieu à une mobilisation sans précédent au niveau de la population gambienne. Cette période a été propice à une accumulation de cas de violations des droits humains vigoureusement condamnés par les organismes des droits de l’homme comme Human Rights Watch et Amnesty International. Après la déclaration de Jammeh, les autorités ordonnent la fermeture de trois stations de radio privées (Teranga FM, Hilltop Radio et AfriRadio), privant ainsi les Gambiens de « médias essentiels à un moment crucial de l’histoire du pays10 HumanRights Watch : https://www.hrw.org/fr/africa/gambia ». Ces médias étaient les rares à oser s’aventurer sur le terrain de l’information de manière plus indépendante que la télévision et la radio publiques complètement sous influence étatique. Les partisans de l’opposition qui osent montrer leur appartenance politique sont soit molestés soit arrêtés par les agents de la NIA (National Intelligence Agency). C’est dire les risques encourus par les activistes du Net qui ont refusé de se soumettre face à une tentative de confiscation du pouvoir par le régime en place.

Mis hors service le jour du vote, Internet sera de retour en allié incontournable d’un peuple avide de changement après 22 ans d’immobilisme et de rêve brisé transformé en un interminable cauchemar. #Gambiahasdecided (la Gambie a décidé) était le nouveau hashtag à la mode, conçu pour fédérer tous les déçus d’un système autoritaire et répressif. Il s’agit d’une initiative de jeunes Gambiens dont Salieu Taal qui l’ont largement diffusée sur les réseaux sociaux pour exiger le départ de Jammeh : « J’ai été l’instigateur de ce slogan et WhatsApp a été pour nous le moyen de communiquer et de nous mettre en relation sans considération d’appartenance politique et d’où qu’on se trouve à travers le monde11 Salieu Taal, entretien réalisé le 14 mars 2019. ». Mais ces activistes ont très vite compris qu’Internet seul ne suffisait pas pour faire connaître le slogan à un plus grand nombre de personnes. Ils ont par la suite commencé à imprimer des tee-shirts, des autocollants, des affiches …. Explique Salieu Taal. Grâce au succès de la campagne, les langues commencent à se délier. Beaucoup de Gambiens n’ont plus peur d’exprimer ouvertement leur hostilité au régime en place, ce qui était impensable quelques mois auparavant. Mais la machine répressive est toujours là. Tandis que ceux qui osent s’afficher avec le slogan sont malmenés ou mis en détention par les agents de la NIA, les initiateurs, activement recherchés, sont obligés de prendre le chemin de l’exil sénégalais.

« Des amis m’ont informé que j’étais recherché par les services secrets du régime. Ce qui était vrai, car j’apprendrai plus tard qu’après mon départ pour le Sénégal, des gens sont venus chez moi. Mais la lutte ne s’est pas arrêtée, l’étape du Sénégal a été pour nous une opportunité de poursuivre autrement notre combat. Là-bas l’accès aux médias nationaux et internationaux a donné une nouvelle dimension à notre révolte. Grâce aux médias sénégalais, on pouvait toucher les Gambiens tandis que des chaines comme France 24 et RFI ont largement contribué à rendre visible notre mouvement au niveau mondial12 Salieu Taal, entretien réalisé le 14 mars 2019 »

Cette hostilité clairement affichée de la part des Gambiens, conjuguée à l’intransigeance de la communauté internationale notamment avec la CEDEAO a sans doute été déterminante
pour le départ de Jammeh. Le 21 janvier 2017, au terme de l’ultimatum fixé par l’organisation sous régionale, le président déchu négocie les conditions de son exil avec les présidents guinéen et mauritanien et s’envole pour la Guinée Équatoriale, évitant ainsi une confrontation militaire avec les troupes de la CEDEAO.

Conclusion

En définitive, le fait que le facteur numérique ait joué un rôle dans la consolidation du processus démocratique en Gambie est une certitude qui ne souffre d’aucune ambiguïté. Comme dans la plupart des pays qui ont été dans une situation similaire, la révolte numérique a eu besoin de temps pour mûrir et se consolider avant le moment fatidique du soulèvement populaire et le renversement du régime en place.

Pour la Gambie, les débuts peuvent être situés avec les premiers forums de discussions qui ont été créés par la diaspora juste après le coup d’État de 1994. Les expatriés ont joué un rôle d’avant-garde, car les pays d’accueil jouissent d’un cadre plus libertaire et moins hostile leur permettant de sensibiliser les organisations de défense des droits de l’Homme et la communauté internationale. L’apport de la communauté des journalistes exilés qui ont continué à exercer leur métier à travers des médias en ligne ou des blogues a également été considérable. Mais c’est incontestablement la mobilisation de la société civile et de l’opposition à quelques mois de l’échéance électorale qui a été le facteur le plus déterminant. Aidée en cela par les réseaux sociaux, la population a refusé que la victoire de l’opposition soit confisquée.

Bien qu’un soulèvement populaire reste avant tout une affaire de personnes et de concours de circonstances, le facteur numérique l’a impulsé, encouragé, et facilité. Sans Internet, la révolte n’aurait pas eu lieu en Gambie.

Références   [ + ]
  • 1.
  • Ni le Sénégal, ni le Nigeria, ni aucun autre pays de la sous-région n’a apporté un soutien au pouvoir déchu de JAWARA. Les Etats-Unis refusèrent d’intervenir directement mais accordèrent au Président et à quelques uns de ses ministres un séjour dans un de leur navire accosté aux larges de la Gambie avant leur départ pour le Sénégal.
  • 2.
  • Fin 2016, ils sont une centaine à avoir quitté le pays.
  • 4.
  • En 2016, le nombre d’expatriés est estimé à 90 000 sur une population totale de 2 millions de Gambiens. http://www.worldometers.info/world-population/gambia-population/
  • 5.
  • Il est à noter que jusqu’en 2001, le régime issu du putsch de 1994 n’était pas reconnu par le gouvernement des États-Unis, à cause de ses antécédents démocratiques douteux (Sanyang, Camara, 2017 :14).
  • 6.
  • https://www.youtube.com/watch?v=8tX2IYMIzoE
  • 8.
  • Il s’agit des partis suivants : Peoples’ Democratic Organization for Independence and Socialism (PDOIS) Gambia Moral Congress Party (GMC), National Reconciliation Party (NRP), United Democratic Party (UDP) People Progressive Party (PPP) Gambia People Democratic Party (GPDP) et National Convention Party (NCP).
  • 9.
  • Interview accordée à TFM, janvier 2017
  • 10.
  • HumanRights Watch : https://www.hrw.org/fr/africa/gambia
  • 11.
  • Salieu Taal, entretien réalisé le 14 mars 2019.
  • 12.
  • Salieu Taal, entretien réalisé le 14 mars 2019


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Pour citer cet article

, "Médias et démocratie : la Gambie aussi a eu sa révolution numérique", REFSICOM [en ligne], Communication, changement et mondialisation. Quels objets, quelles dynamiques, quels enjeux nouveaux dans les Suds ?, mis en ligne le 07 mai 2019, consulté le mercredi 17 juillet 2019. URL: http://www.refsicom.org/597


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