Discours médiatique et questions migratoires. Cas de Radio Tanger Med

et

Résumés

A l’ère de la mondialisation de l’information, le discours médiatique se fait de plus en plus varié et accessible. Qu’en est-il de celui de la radio qui bénéficie, depuis quelques années, d’un regain d’intérêt ? L’objectif de cet article est d’analyser les stratégies discursives par lesquelles l’animateur tente de dresser l’image du migrant marocain et ce à partir de données authentiques d’un corpus constitué de 42 épisodes, de l’émission « Marocains du Monde », diffusée par Radio Tanger Med.
In the age of the globalization of information, the media discourse has become varied and accessible. What about the radio that has benefited in recent years, a renewed interest? The objective of this article is to analyze the discursive strategies by which the animator tries to draw the image of the Moroccan migrant and this from authentic data of a corpus composed of 42 episodes, the program "Moroccans of the Monde ", broadcast by Tangier Med Radio.

Texte intégral

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Pendant la deuxième moitié du 20ème siècle, les réalités migratoires ont beaucoup changé entraînant des mutations significatives. En dépit des politiques d’immigration de plus en plus restrictives, les marocains constituent une communauté de migrants parmi les plus larges et plus dispersées en Europe de l’ouest, au Canada et aux Etats-Unis[1]Hein De Hass, Maroc : De pays d’émigration vers passage migratoire africain vers l’Europe, disponible sur ...continue. C’est un pays qui a entretenu des rapports migratoires divers et variés tout au long de son histoire séculaire. Au carrefour de plusieurs civilisations, pendant longtemps, il a joué le rôle de pays de transition[2]Hein De Hass, »Morocco’s migration transition: Trends, Determinants and Future Scenarios. » Global Migration Perspectives research papers ...continue principalement pour les migrants d’Afrique subsaharienne. Dans le présent article, l’objectif est d’analyser le discours des médias sur la question migratoire et plus particulièrement celui de la radio.

Discours médiatique et migration

Au Maroc, l’usage des médias a considérablement évolué avec l’avènement des nouveaux moyens et technologies d’information et de communication, plus particulièrement dans le sens de l’ouverture et de l’autonomie. « L’espace public marocain est passé d’une situation de domination des médias liés au Protectorat français, à celle où règne la presse partisane qui a laissé place à une certaine diversité imposée par la libéralisation et l’ouverture politique »[3]Fathallah Daghmi, Olivier Pulvar,&  Farid Toumi, Médias et publics au Maroc. Les Enjeux de l’information et de la communication, ...continue

Dans un environnement d’ouverture contrôlée, les initiatives médiatiques se multiplient, ce qui favorise la naissance de nouvelles formes d’interaction. Nous assistons à une profusion des chaines satellitaires, chaines hertziennes, réseaux sociaux, messageries instantanées… etc. Toutefois, un média ‘‘classique’’ suscite un intérêt particulier : la radio. Il est, en effet, intéressant de souligner un certain regain de l’usage radiophonique au Maroc car « au 2ème trimestre 2016, 15 millions de Marocains de 11 ans et plus (14,954 millions exactement) ont en moyenne écouté la radio chaque jour de semaine (13,889 millions les jours de week-end) »[4]Communiqué de Presse Radiométrie Maroc, CIRAD et IPSOS, 2016 consultable sur le Web ...continue.

Grâce au processus de numérisation et surtout à celui de la démocratisation de l’accès à l’Internet, principalement avec la baisse des tarifs et l’amélioration de la qualité de la connexion essentiellement en raison de l’introduction de la quatrième génération, le paysage radiophonique marocain couvre désormais un panel large de stations caractérisées par la diversité des programmes et l’audience de plus en plus croissante. Si la radio jouit d’un tel engouement, c’est grâce notamment aux prouesses technologiques permises par les techniques de podcast et de streaming ou encore par les réseaux sociaux numériques tels que Facebook. Si le terme « station » fait allusion à la position statique donc plus ou moins inerte, c’est parce qu’il renvoie davantage à un usage classique qu’à une situation de mobilité où le Smartphone est synonyme de mouvement et, du coup, d’autonomie dans l’espace-temps. Au-delà des stations « historiques », il est possible de se connecter à des stations tout autour du monde ou même à des flux radio indépendants diffusés uniquement via Internet. Les applications offrent la plupart du temps une liste des stations locales ainsi la possibilité d’en mettre certaines en favoris pour les retrouver facilement. Nous en déduisons que la technologie n’est pas sans répercussion sur les représentations culturelles du temps, de l’espace, de l’autre et de soi.

Pour toutes ces raisons, le rapport au local et/ou au global est amené à être repensé puisqu’il est plus facile de localiser le lieu d’émission d’un programme que de délimiter son espace de réception. De même, la réception devient chaotique et échappe au contexte de réception classique qui suppose une société faisant corps et impliquant plusieurs protagonistes ayant pour dénominateur commun d’être tous présents en même temps, au même endroit. De ce fait, la réception radiophonique implique la prise en compte de plusieurs variables lors de l’analyse et du traitement de la question migratoire. Le passage d’une réception collective à une réception individuelle s’inscrit également dans les dynamiques qui sous-tendent le fait migratoire et qui expliquent par-là même les soubassements qui y sévissent. En effet, si des individus migrent ce n’est certainement pas pour les mêmes raisons ni avec les mêmes objectifs. On trouve précisément le profil du migrant s’inscrivant davantage dans une prise de décision individuelle, une démarche que Larry Sjaastad appelle approche micro-individuelle, l’une des toutes premières approches explicatives des migrations tant internes qu’internationales.[5]Larry Sjaastad, « The costs and returns of human migration », in Journal of Political Economy, Vol. 70, No. 5, Part. 2: Investment in Human Beings, ...continue

En effet,  d’aucuns affirment que la migration est la résultante d’une initiative individuelle mettant la notion de « capital humain » au centre d’un mécanisme où la décision est prise en termes de coût dans le sens d’un calcul entre bénéfices et attractions d’une part, et pertes et répulsions d’autres part.[6] Lee Everett, « A theory of migration », demography, Vol. 3 No. Part. One, Pensylvanie, 1966, p.47 D’autres, démontrent que la décision de migrer ne peut être comprise en omettant un aspect plus global appelé macro-structurel ; celui-ci comprend, aux côtés des personnes, les biens, les services et les idées.[7]Mabogunje A., 1970, « Systems approach to a theory of rural-urban migration », Geographical Analysis, Vol. 2 Part. 1 Ohio, pp. 1-18. Contrairement à la première approche faisant de l’individu l’élément essentiel à toute initiative, l’intérêt de l’approche macro-structurelle provient du fait qu’elle intègre plusieurs facteurs expliquant la migration. Elle juxtapose des éléments économiques, sociaux, politiques de même que la circulation des informations et les réseaux sociaux et familiaux et a le mérite de remettre la notion de l’acteur rationnel maximisant ses gains en mettant à profit les forces du marché et d’introduire des facteurs plus globaux d’ordre économique, politique voire géopolitique.[8]Burawoy M., 1976, « The function and reproduction of migrant labour: Comparative material from Southern Africa and the United States », American ...continue

Par ailleurs, les TIC contribuent à renforcer un certain ancrage du local en mettant l’accent, par un discours identitaire fédérateur, sur les possibilités de reconnaissance économiques, sociétales et politiques au sens large du terme. Dans cette optique, et compte tenu de la dynamique qui sous-tend la transformation des formes de participation, le développement de la téléphonie mobile a permis à la radio de retrouver des publics tentés par l’écoute en mobilité et par les possibilités discursives mises au service de leurs volontés et aspirations professionnelles ou personnelles.

Si l’image est de plus en plus sollicitée comme véhicule d’information, notamment dans un pays où le taux d’alphabétisation n’est pas très élevé,[9]Le taux d’analphabétisme représente le tiers de la population totale. Pour davantage de détails voir les statistiques du Haut Commissariat au ...continue il n’en demeure pas moins que la radio jouit d’un intérêt particulier de la part de l’usager favorisée, entre autres, par plusieurs facteurs dont la mobilité reste le facteur clé. Dans la perspective d’illustrer ce constat, il nous a semblé pertinent d’aborder la question du discours médiatique en rapport avec les problématiques migratoires. Quels savoirs, expériences directs et/ou indirects, sont transmis par les migrants ? Comment sont-ils commentés et valorisés par l’animateur ?

Radio Tanger Med, carrefour des Marocains du monde

Inaugurée en 2014, la Radio Tanger Med (désormais RaTaM] est devenue un outil de communication incontournable. Dans la multitude de stations radiophoniques que compte le Maroc, RaTaM occupe un statut bien particulier : elle est la première radio portuaire dans le bassin méditerranéen. Outre le fait d’être située dans la ville de Tanger et plus exactement au port Tanger Med, la station affiche une volonté claire de présenter des programmes ayant pour socle commun la mise en place de services en faveur de la communauté marocaine établie à l’étranger. Il s’agit en l’occurrence de voyageurs transitant en provenance ou à destination d’Europe. Ainsi, elle informe en continu les passagers des différents départs et arrivées des bateaux et diffuse les informations liées à la situation du transport maritime, notamment en ce qui concerne les liaisons entre le port de Tanger-Med et les principaux ports méditerranéens.  Elle se distingue également par la nature des programmes présentés s’articulant principalement autour de la thématique de la migration, vu que le port connait un trafic important[10]Le taux d’analphabétisme représente le tiers de la population totale. Pour davantage de détails voir les statistiques du Haut Commissariat au ...continue. Ce qui justifie grandement le choix de cette station précisément pour parler du phénomène migratoire et du discours médiatique qui l’accompagne. Il serait très hâtif d’établir un lien entre la situation géographique de la station et sa vocation de prédilection ; nonobstant, des indicateurs que nous aurons l’occasion de détailler plus loin, parler de la RaTaM suppose inexorablement parler de géographie, d’histoire mais aussi d’enjeux migratoires importants. Tiraillée entre la Méditerranée et l’Atlantique, elle est aussi trait d’union entre l’Afrique et l’Europe et diffuse en trois langues : l’arabe, le français et l’anglais. Si les raisons qui ont fait naitre la RaTaM étaient foncièrement d’ordre technique (faciliter l’opération Marhaba[11]Opération conduite par la Fondation Mohamed V pour la solidarité qui met à la disposition des Marocains de l’étranger un dispositif destiné à ...continueet contribuer ainsi à son bon déroulement), la station a donné « un saut qualitatif en matière de communication et devenue un outil de communication important qui accompagne la croissance continue du port et l’intérêt accordé par le Maroc à ses citoyens dans le monde »[12]Radio Tanger-Med souffle sa première bougie LE MATIN 29 Octobre 2015.Article disponible ...continue.

‘‘Marocains du Monde’’ modalités discursives et enjeux communicationnels

Lors d’un entretien téléphonique et à travers différents échanges écrits avec l’animateur, ce dernier nous a fait part de la philosophie de l’émission ‘‘Marocains du Monde’’. Selon les dires du responsable animation, l’émission se préoccupe des Marocains établis dans les différents pays du monde, de leurs vécus, des difficultés qu’ils endurent et des réussites dont ils sont les auteurs. Sans discrimination linguistique, ni régionale encore moins socio-économique, l’idée axiale de cette radiodiffusion veut que tous les Marocains puissent prendre la parole, s’exprimer et raconter leurs propres histoires d’immigrés ou de migrants selon le profil de chaque intervenant[13]Le choix terminologique entre émigrer, immigrer et migrer dépend de la phrase. La différence entre émigrer et immigrer est comme celle entre ...continue.

Dans les lignes qui suivent nous comptons établir une analyse du contenu de 42 épisodes étalés sur la période allant de l’année 2015 jusqu’au mois de février 2018. A raison d’une diffusion par semaine, chaque épisode invite deux personnalités des Marocains résidant à l’étranger dont le nombre peut varier et augmenter jusqu’à quatre personnes comme c’est le cas pour l’épisode 35. La durée de la diffusion varie de 55 minutes et peut atteindre 1h15 qui est la plage horaire maximale de l’émission. Par ailleurs, tous les entretiens avec les différents intervenants se déroulent en darija (dialecte marocain). Selon les dires de l’animateur ce choix n’est pas fortuit et émane d’une volonté fédératrice que seul le darija s’avère capable d’opérer car il représente la langue comprise par une grande majorité des Marocains qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs[14]Entretien téléphonique avec l’animateur..

Au-delà d’être un espace d’expression permettant de garder des liens avec la patrie mère, l’émission tente d’apporter des éléments de réponse à une question complexe : comment se représente-t-on le Marocain dans un contexte migratoire à travers le prisme des médias et plus particulièrement celui de la radio ?

Les objectifs de l’analyse sont multiples allant de la volonté d’explorer les sujets thématiques proposés à l’auditoire jusqu’à la compréhension du processus qui sous-tend dynamique de production radiophonique en rapport avec les champs socio-affectifs des invités. Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, il s’agit ici de proposer une lecture du discours radiophonique et d’examiner de près la contribution des médias (à travers la radio) à l’internationalisation des différents circuits migratoires.

Déontologie de l’émission 

L’objectif de l’émission est de mettre la lumière sur la réussite des Marocains du monde, de montrer leurs capacités d’adaptation et par là-même diffuser un discours d’espoir. Les participants ont tous pour dénominateur commun d’exceller et de réussir dans différents domaines de la vie active et professionnelle. On trouve parmi eux des artistes (peinture, cinéma, musique…), des scientifiques et des chercheurs, des acteurs associatifs, des femmes et hommes d’affaires, des médecins, des ingénieurs, ou encore des politiciens activement engagés dans la vie politique de leur pays d’accueil.

Les deux figures suivantes illustrent la répartition des invités selon leurs professions et le pays d’accueil.


Figure 1 : répartition des invités selon leur profession ou centres d’intérêt.
Figure 2 : répartition des invités selon leur pays d’accueil

Les deux figures présentent des profils riches et variés. Aux yeux de l’émission, s’ils sont choisis pour s’y exprimer, c’est parce que, sur le plan de la déontologie, ils se conforment à la ligne éditoriale tracée par les responsables. Ces derniers tiennent à ce que les profils des invités soient en concordance avec les valeurs et l’éthique universelles telles que mondialement connues et reconnues. Parmi celles-ci, l’animateur insiste sur les valeurs universelles de tolérance, de respect de l’autre et d’acceptation de différences. Le rattachement à la partie mère et le vivre-ensemble sont le socle de cette déontologie. De même, l’émission est apolitique et n’est pas le lieu où peuvent être exprimées ou débattues des opinions religieuses ou un quelconque discours sur la religion de quelque positionnement que ce soit. En somme, l’idée principale est articulée autour du choix d’une femme ou d’un homme et à travers eux le choix de l’humanité dans son ensemble. Cette idée émane du fait que, de plus en plus, le besoin de l’autre se fait sentir favorisé par la rapidité voire l’immédiateté des rapports facilitées, entre autres, par la transformation des représentations que l’on se fait du temps et de l’espace à l’ère du village global. La pénétration du numérique ayant profondément modifié le paysage médiatique classique, il va sans dire que les profils interrogés sont polymorphes d’où la difficulté, pour l’animateur mais aussi pour le chercheur, de cerner avec précision et sans commettre d’impair le profil des invités[15]Sous la rubrique ‘‘autres’’, celle qui décrit les professions, on peut trouver les artistes (musiciens, poètes, peintres, cinéastes…) et ...continue. Choisir les intervenants de chaque émission représente, aux dires des responsables, la partie la plus difficile à mettre en place. En effet, les moyens en temps et en indicateurs de vérification et de faisabilité sont les plus délicats à mobiliser car il s’agit de vérifier soigneusement les informations relatives à chaque intervenant. Afin d’éviter tout écueil et profitant des expériences cumulées, l’animateur veille particulièrement à ce qu’une identité ne soit usurpée, que de fausses informations ne soient pas fournies ou simplement que les invités se conforment à la ligne éditoriale et à la déontologie fixée. Si telles sont les préoccupations et mises en garde de l’animateur, c’est parce qu’il garde encore en mémoire le cas où un épisode est annulé après tournage pour usurpation d’identité. Il s’agit d’un candidat qui s’est fait passer pour un Marocain du monde s’inventant un profil et un réseau d’amis alors qu’il était établi au Maroc. Afin d’éviter de telles situations, un choix a été fait celui diffuser en différé bien que « certains épisodes aient été émis en direct en présence d’invités dont la renommée n’est pas à remettre en question »[16]Échanges avec le préparateur et animateur de l’émission, Ahmed IFZARNE (épisode 1 par exemple).

Le récit introductif : hommage au migrant marocain

La relation radio/récit déclinée en différentes composantes intéresse de près les chercheurs[17]Stéphane Crozat, Scenarii. La chaîne éditoriale libre:structurer et publier textes, images & son, Eyrolles, Paris, 2007.. Depuis la création de la radio, le récit était, en effet, au centre du mode d’énonciation et, par la suite, le discours devient de plus en plus présent grâce à la prolifération des webradios et des programmes de talk. Dans le corpus étudié, nous constatons la place importante accordée au « récit médiatique »[18]Marc Lits, Le récit médiatique : un oxymore programmatique, Recherches en communication, n° 7, Université, 1997.Disponible ...continue. Celui-ci introduit le discours en tant que parole et en ponctue les différentes parties. Selon des mots ou des formes simples qui répètent d’étape en étape, le rythme est donné, comme pour marquer un temps de repos, un soupir de respiration aiguisant l’envie d’aller plus loin, celle de découvrir l’invité. Tout en puisant dans un champ riche en affects et en insistant sur un vocabulaire en rapport avec l’enfance et sur la vie telle qu’elle s’est déroulée du côté des sentiments, il est possible d’avancer que, dans cette émission, l’univers du narratif radiophonique vit une nouvelle naissance et s’est amplement développé depuis la première à la dernière émission analysée.

La technique adoptée par l’animateur, consiste, dans un premier temps, en l’emploi du récit pour dresser le portrait de l’invité sollicitant de nombreuses ressources de séduction surchargées d’effets émotionnels accentués par une prosodie remarquable. Cette idée rejoint celle d’Armand Lanoux qui disait que la radio est « un art magique (…) elle envoûte, elle est médiumnique »[19]Voir à ce propos RICHARD Lionel, De la radio et de l’écriture radiophonique, in De Saussure aux médias (théorie, méthodes, discours, SEMEN, ...continue. En outre et compte tenu de l’objectif ultime de l’émission, celui d’embellir l’image de l’émigré en donnant envie d’écouter, l’émission a été conçue pour raconter des expériences. Il n’est donc pas du tout étrange de faire appel au récit et que celui-ci soit présent du début à la fin.

L’amorce de l’interview : initiation à l’échange 

Après l’étape de présentation, vient celle de l’échange avec l’invité. Il s’agit de l’entrée dans la mise en scène radiophonique reflétant la volonté d’instaurer une relation de confiance. Pour reprendre l’expression de Goffman, cette opération, déjà préparée lors du portrait dressé de l’invité, peut être considérée comme un « acte rituel ». Autrement dit, l’animateur use de procédés très variés comme la question classique qui incite l’invité à parler de son enfance, de sa carrière à l’étranger ou encore de ses conditions de vie dans le pays d’accueil ; une sorte d’assise relationnelle et de mise en confiance qui va conditionner le déroulement de la suite de l’échange et en déterminera la qualité.

Par ailleurs, la mise en relation prend d’autres dimensions en raison des conditions de tournage : l’animateur et l’invité ne partagent pas les mêmes dimensions spatio-temporelles. Le premier essaie, par le biais de questionnement, de faire revisiter un espace-temps vécu par l’invité. Pour ce dernier, avoir le sentiment d’être enregistré pour être diffusé sur les ondes radiophoniques l’entraîne dans une dimension temporelle différente. C’est une prestation qui met en relation le sujet à la temporalité, sa temporalité. Il s’agit là d’un retour au passé construit sous forme de récits. L’énonciation véhiculée à travers un « je » s’engageant dans une sorte de « pacte », certes autobiographique car il évoque les moments les plus importants de son existence, mais également de personnalisation du discours. Cette présence affirmée est accentuée par le style vocal et par modalités appréciatives de l’animateur qui engage l’auditeur dans une relation de proximité et de confiance.

Les caresses verbales de l’animateur

L’échange avec l’animateur s’inscrit dans la « logique » de l’émission, l’idée du bonheur conversationnel développée par Auchlin, selon lequel « l’état psychologique qui récompense la réussite énonciative »[20]Antoine Auchlin, « Le bonheur conversationnel : fondements, enjeux et domaines », Cahiers de linguistique française, n˚12, p. 106, 1991.. Dans ce cadre, les relations interpersonnelles sont harmonieuses et fondamentalement ponctuées de compliments. Considéré comme un acte de langage qui relève de la politesse positive et dont la fonction principale est de flatter la face du destinataire, le   compliment est abondamment utilisé par le journaliste. Il est

est essentiellement évaluatif puisqu’il met en évidence une appréciation positive chez autrui. Kerbrat-Orecchioni considère comme compliment « toute assertion évaluative positive, portant sur une qualité ou une propriété de l’allocutaire »[21]Catherine Kerbat-Orecchioni, Les interactions verbales, tome 3, Paris, Armand Colin, 1994.. Traverso, quant à elle, le définit comme une « intervention en position initiative d’échange, possédant une valeur illocutoire assertive ; exprimant une évaluation positive focalisée sur le destinataire»[22] Véronique Traverso, La conversation familière, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1996.. Dans le corpus analysé, les compliments servent également de relances, de pauses pour reprendre poliment la parole et orienter l’interlocuteur vers un autre thème.

Lors des échanges, des relations particulières se tissent entre l’animateur et ses invité et le scénario « préconstruit » demeure instable puisqu’il peut évoluer au cours d’un échange et souvent en fonction des actes de langage produits : faire une digression, omettre une partie de son discours, faire un aveu… etc.

Nous nous intéresserons donc, dans les lignes à venir, aux stratégies discursives et interactionnelles mises en œuvre par l’animateur pour inciter ses interlocuteurs à parler.

L’art de reformuler

La reformulation, massivement présente dans le feedback du journaliste : « Oui, tout à fait, parfaitement, extraordinaire, c’est juste, vous avez raison, intéressant…etc. », ponctue le discours et lui attribue une gravité incitant l’auditeur à s’y intéresser. Le rythme ascendant de la voix encourage l’invité à s’exprimer. En effet, le style vocal est d’une importance capitale dans la construction des rapports sociaux. « Sous les paroles qui s’échangent, quel que soit le sujet de nos conversations, le style vocal établit, maintient et module continuellement la relation sociale »[23]Meunier Jean Pierre, Peraya Daniel, Introduction aux théories de la communication, Analyse sémio-pragmatique de la communication médiatique, De ...continue. Il est bien clair que l’animateur maitrise les mécanismes propres à la forme dynamique des interactions verbales, mais c’est surtout l’exercice d’une écoute active qui donne un caractère de circularité à son discours. Il fournit, sans cesse, des indices qui permettent à l’auditeur de comprendre qu’il fait partie du discours. Quand l’animateur interrompt son interlocuteur, ce n’est pas pour exprimer un désaccord, mais cette interruption permet d’utiliser des formes de rappels ou de transitions qui affirment sa présence et confirment l’intérêt qu’il porte au discours.

L’image du migrant au cœur des thématiques

Lors de l’analyse, il nous a été difficile de procéder à une « taxonomie » thématique, car une certaine information pourrait être à cheval entre le politique et l’économique ou le social et le culturel. Evoquant des thématiques au cœur des problématiques du migrant marocain, l’animateur dévoile les réalités des phénomènes migratoires. Nous en citerons à titre d’exemple les enjeux contemporains comme l’éducation, la citoyenneté, la problématique des villes et territoires ou encore le travail et les politiques migratoires. Ajoutons que les sujets de prédilection demeurent ceux de la diversité culturelle, des réalités de cohabitation et du rapport à l’autre.

Ce sont là des thématiques assez intéressantes, d’actualité et basées sur des arguments d’autorité comme dans le quinzième épisode diffusé en direct et qui prend comme appui un extrait du discours royal à l’occasion du 16ème anniversaire de la fête du Trône. Faut-il voir dans cette thématique débattue par des migrants marocains au Canada une priorité accordée aux sujets d’actualité migratoire ou tout simplement un procédé argumentatif pour donner plus de crédibilité à l’émission qui a été écoutée sur le réseau social YouTube, à l’heure où nous écrivons ces lignes quelques centaines de fois ?

La réponse est apportée par les intervenants qui attestent, à l’unanimité, que le discours royal marque un « changement historique » dans la vie des migrants et modifie l’image stéréotypée qu’on leur octroie. Ce discours, objet du débat, met en scène les problèmes vécus par les immigrés dans les différents consulats. Nombre d’entre eux se plaignent d’une série de problèmes dans leurs relations avec les missions consulaires marocaines à l’étranger. Ils décrivent le mécontentement des membres de la communauté du mauvais traitement qui leur est réservé par certains consulats et de la faiblesse des prestations qu’ils leur fournissent. A ce propos, nous avons constaté que l’animateur défend avec ferveur la cause migratoire. En effet, il n’hésite pas à répéter certaines citations en accentuant des mots ou en allongeant certaines syllabes, comme ceux mentionnés en gras

« Nous attirons donc l’attention du ministre des Affaires Etrangères sur la nécessité de s’employer avec toute la fermeté requise à mettre fin aux dysfonctionnements et autres problèmes que connaissent certains consulats (…) Il faut, d’une part, relever de ses fonctions quiconque a été reconnu coupable de négligence, de dédain pour les intérêts des membres de la communauté, ou de mauvais traitement à leur égard ».[24]Extrait du Discours du roi Mohammed VI, à l’occasion du 16ème anniversaire de la Fête du Trône. [25] Deux émissions sont cites par les ...continue

Cette technique d’animation fomente une série de sentiments enfouis que les interviewés extériorisent. Un désappointement qu’il expriment lorsqu’ils font des comparaisons entre la qualité des prestations fournies par les services administratifs et sociaux des pays de résidence et le traitement dont ils sont l’objet à l’intérieur de ces missions consulaires nationales.

Certes, ce désarroi a toujours été présent, mais il n’a pas suffisamment été traité par les médias. Dans cette nouvelle donne, de nombreux thèmes provoqués par l’animateur émergent. Ils mettent l’accent, d’une part sur le rôle des migrants et de leurs réseaux transnationaux comme acteurs individuels et collectifs et d’autre part, sur l’apport de la migration dans le développement du pays d’origine. Quant aux médias de migration[25]Deux émissions sont cites par les intervenants : Voix d’ailleurs Canada et Radio Orient., ils sont presque rares et dans certains pays, les migrants ont recours à internet pour s’informer sur l’actualité marocaine.

La migration conjuguée au féminin

Les parcours migratoires des femmes marocaines vers l’Europe restent largement attachés à celui des hommes. Certes, la plupart des interviewées ont révélé qu’elles ont décidé d’affirmer leur liberté et fuir les pesanteurs sociales et culturelles de leur société d’origine. Cependant ces initiatives[26]Ait ben Lmadani Fatima, “La vieillesse illégitime ? Migrantes marocaines en quête de reconnaissance sociale”, thèse de doctorat, Paris ...continue restent timides par rapport à celles des hommes.

Des études ont été consacrées à l’émigration féminine et nous rejoignons parfaitement celle de Belmadani qui affirme que « dans la plupart des travaux sur l’immigration maghrébine déjà cités, l’émigration féminine marocaine est perçue comme une conséquence du regroupement familial ».[27]Ait Ben Lmadan Fatima, « Femmes et émigration marocaine », Hommes et migrations, 1300 | 2012, 96-103.Nonobstant, l’analyse de contenu des interviews change radicalement ce constat. Considérées comme initiatrices d’émigration, elles sont d’ailleurs surnommées par l’animateur comme des « actrices de changement » ce qu’elles n’hésitent pas à étayer dans une perspective de valorisation de genre et pour éloigner toute vision particulariste. A travers leurs témoignages, toutes ces femmes évoquent le rôle joué dans la modification des rapports hommes/femmes dans la société. Ces femmes migrantes, bénéficient d’un intérêt particulier de la part de l’animateur, qui les appellent toutes « chère professeure », les considèrent comme une fierté du peuple marocain et les incite à parler de leur réussite en tant que marocaines musulmanes demeurant à l’étranger. Il met en exergue leurs domaines d’activités et leur « lutte » dans certaines sociétés considérées encore comme phallocrates.

Il est intéressant de souligner que l’évolution de la migration féminine n’exclut pas les modèles migratoires dans les pays d’accueil qui ont dessiné la trajectoire de ces femmes. Les modèles français, allemand et canadien sont décrits comme disparates, mais offrant chacun de son côté des circonstances d’intégration et d’épanouissement inégales. A titre d’exemple, la présidente d’une association au Canada explique comment on vient en aide aux femmes victimes de relations abusives, aux enfants faisant face à l’intimidation et aux familles à faibles revenus.

Toutefois, en termes de parité homme-femme, force est de constater que le nombre d’hommes est deux fois supérieur à celui des femmes. Sur 161 invités que nous avons comptés et qui couvrent les 85 épisodes de l’émission au moment où ces lignes sont écrites, les femmes sont au nombre de 51 là où les 110 invités restants sont des hommes. Selon les dires de l’animateur, la disparité homme/femme ne représente pas un choix délibéré, car ce sont les invités qui proposent des noms qui sont passibles de faire partie des émissions suivantes.

Quête d’identité 

Les liens nostalgiques avec le pays d’origine sont maintenus grâce à des espaces, des personnes mais également en faisant appel à la mémoire auditive. Comme nous l’avons précédemment cité, la pause musicale et dont la durée varie entre 2 et 5 minutes, constitue une priorité de l’émission. L’animateur offre le choix d’une chanson. Cette dernière, est exceptionnellement, sauf dans des cas très rares, de nature marocaine. Appartenant à des registres variés allant de la chanson marocaine classique, amazighe, ou Melhoun, ces morceaux évoquent le lien nostalgique avec le pays, la famille, les amis ou encore l’être aimé. Signalons chemin faisant, que la chanson marocaine est présente depuis le générique et elle est également utilisée comme musique de fond.

Plus qu’une pause, le titre choisi met en scène l’histoire et le patrimoine d’une nation. Il a aussi pour fonction de rappeler l’ensemble d’éthique et de valeurs cités dans des poèmes chantés et comme une partie inhérente des composantes de l’identité marocaine. Cette valorisation s’explique également par le gain de terrain des styles musicaux occidentaux qui ont conduit à sa marginalisation. L’animateur émet au début de chaque pause un jugement appréciatif sur la qualité de la chanson et sa valeur artistique.

Conclusion

Aujourd’hui, à l’ère où la migration vers de nouveaux territoires est en pleine croissance   et où la radio connaît une évolution inévitable qui est sa numérisation, les médias devraient multiplier leurs efforts dont le but d’accroître significativement le nombre de stations mises à disposition de l’auditeur. La radio devrait bénéficier de ce nouveau support, internet, apte à répondre aux attentes du public : un choix de programmes élargi, avec de nouvelles thématiques, une meilleure accessibilité, mais aussi une meilleure qualité de stockage qui permettrait aux auditeurs d’écouter la radio en différé. Il ne s’agit pas de faire table rase du passé, mais d’être en mesure de rénover l’existant en favorisant de nouveaux champs de recherche et des problématiques d’actualité.

Comme l’ont démontré les témoignages des personnes interviewées[28]L’ensemble des 42 épisodes étudiés sont disponibles sur le site de la station ainsi que sur Youtube. Nous signalons qu’au moment où ces ...continue, la migration a des motifs, des contours, des durées et des issues variables. L’analyse du discours avec les différents profils nous a permis de dresser un panorama favorisant des ‘‘Marocains du monde. Les thématiques véhiculent des messages comme ceux de la cohabitation entre les populations d’accueil et les populations migrantes : on y insiste que les politiques migratoires doivent renforcer les liens sociaux leur permettant de déjouer les contraintes à la migration à travers des projets innovants et garantissant l’engagement de tous les acteurs. Dans ce sens, les journalistes sont appelés à redéfinir leur rôle qui ne se limiterait pas uniquement à la transmission de la culture ou à lutter contre les préjugés, l’exploitation et les stigmatisations ; mais plus particulièrement à concevoir des outils efficients pour une large diffusion des expériences. Cela garantirait, sans doute, un développement économique plus équitable et à envisager des perspectives pour une gouvernance participative des migrations. Les possibilités de réalisation sont grandes, compte tenu du profil du migrant, de plus en plus informé, régi par la volonté d’accomplissement dans une dynamique en perpétuelles mutations et par les disparités économiques des pays d’accueil. En guise de prolongement, il serait judicieux d’analyser le discours médiatique sur les questions migratoires vers les nouvelles destinations choisies par les jeunes marocains notamment les pays asiatiques.

Notes   [ + ]

1. Hein De Hass, Maroc : De pays d’émigration vers passage migratoire africain vers l’Europe, disponible sur ttps://www.migrationpolicy.org/article/maroc-de-pays-demigration-vers-passage-migratoire-africain-vers-leurope/ consulté le 22 septembre 2018.
2. Hein De Hass, »Morocco’s migration transition: Trends, Determinants and Future Scenarios. » Global Migration Perspectives research papers series No 28. Geneva: Global Commission on International Migration, 2005.
3. Fathallah Daghmi, Olivier Pulvar,&  Farid Toumi, Médias et publics au Maroc. Les Enjeux de l’information et de la communication, 13/1,(1), 2012, 86-98. https://www.cairn.info/revue-les-enjeux-de-l-information-et-de-la-communication-2012-1-page-86.htm.
4. Communiqué de Presse Radiométrie Maroc, CIRAD et IPSOS, 2016 consultable sur le Web http://www.haca.ma/sites/default/files/upload/images/CP_Vague%2017_2016.pdf
5. Larry Sjaastad, « The costs and returns of human migration », in Journal of Political Economy, Vol. 70, No. 5, Part. 2: Investment in Human Beings, Minesota, 1962, p. 85.
6. Lee Everett, « A theory of migration », demography, Vol. 3 No. Part. One, Pensylvanie, 1966, p.47
7. Mabogunje A., 1970, « Systems approach to a theory of rural-urban migration », Geographical Analysis, Vol. 2 Part. 1 Ohio, pp. 1-18.
8. Burawoy M., 1976, « The function and reproduction of migrant labour: Comparative material from Southern Africa and the United States », American Journal of Sociology, Vol.82 Part. 5, Chicago, pp. 1031-1042
9, 10. Le taux d’analphabétisme représente le tiers de la population totale. Pour davantage de détails voir les statistiques du Haut Commissariat au Plan. http://www.maroc.ma/fr/actualites/hcp-le-taux-danalphabetisme-de-la-population-marocaine-baisse-de-deux-tiers-sur-un-demi
11. Opération conduite par la Fondation Mohamed V pour la solidarité qui met à la disposition des Marocains de l’étranger un dispositif destiné à répondre à leurs besoins en matière d’assistance administrative et médicale lors de leur déplacement au Maroc du 5 juin au 15 septembre de chaque année. Ce dispositif est déployé à plusieurs niveaux sur 20 espaces d’accueil.
12. Radio Tanger-Med souffle sa première bougie LE MATIN 29 Octobre 2015.Article disponible sur :
https://lematin.ma/journal/2015/radio-tanger-med-souffle-sa-premiere-bougie/234462.html
13. Le choix terminologique entre émigrer, immigrer et migrer dépend de la phrase. La différence entre émigrer et immigrer est comme celle entre aller et venir. Si dans la phrase l’on cherche à mettre en valeur le départ, on emploie émigrer ; par contre, si l’on cherche à mettre en valeur le point d’arrivée, on utilise immigrer. Dans le cas où l’on choisit de parler du processus réel de déplacement, l’utilisation de migrer est plus appropriée.
14. Entretien téléphonique avec l’animateur.
15. Sous la rubrique ‘‘autres’’, celle qui décrit les professions, on peut trouver les artistes (musiciens, poètes, peintres, cinéastes…) et des travailleurs dans le domaine des médias entre autres.
16. Échanges avec le préparateur et animateur de l’émission, Ahmed IFZARNE (épisode 1 par exemple)
17. Stéphane Crozat, Scenarii. La chaîne éditoriale libre:structurer et publier textes, images & son, Eyrolles, Paris, 2007.
18. Marc Lits, Le récit médiatique : un oxymore programmatique, Recherches en communication, n° 7, Université, 1997.Disponible sur :http://sites.uclouvain.be/rec/index.php/rec/article/viewFile/1431/1281, consulté le 22 septembre 2018.
19. Voir à ce propos RICHARD Lionel, De la radio et de l’écriture radiophonique, in De Saussure aux médias (théorie, méthodes, discours, SEMEN, Revue de sémio-linguistique des textes de discours, p. 107, Besançon, 1983.
20. Antoine Auchlin, « Le bonheur conversationnel : fondements, enjeux et domaines », Cahiers de linguistique française, n˚12, p. 106, 1991.
21. Catherine Kerbat-Orecchioni, Les interactions verbales, tome 3, Paris, Armand Colin, 1994.
22. Véronique Traverso, La conversation familière, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1996.
23. Meunier Jean Pierre, Peraya Daniel, Introduction aux théories de la communication, Analyse sémio-pragmatique de la communication médiatique, De Boeck, Bruxelles, 2004, p. 288.
24. Extrait du Discours du roi Mohammed VI, à l’occasion du 16ème anniversaire de la Fête du Trône.
[25] Deux émissions sont cites par les intervenants : Voix d’ailleurs Canada et Radio Orient.
25. Deux émissions sont cites par les intervenants : Voix d’ailleurs Canada et Radio Orient.
26. Ait ben Lmadani Fatima, “La vieillesse illégitime ? Migrantes marocaines en quête de reconnaissance sociale”, thèse de doctorat, Paris VII-Denis Diderot, 2007.
27. Ait Ben Lmadan Fatima, « Femmes et émigration marocaine », Hommes et migrations, 1300 | 2012, 96-103.
28. L’ensemble des 42 épisodes étudiés sont disponibles sur le site de la station ainsi que sur Youtube. Nous signalons qu’au moment où ces lignes sont rédigées le total des épisodes est arrivé à 88 (octobre 2018).


Références bibliographiques

-AIT BEN LMADANI Fatima, « Femmes et émigration marocaine », Hommes et migrations, 2012/6, n° 1300, pp. 96-103.

-AIT BEN LMADANI Fatima, La vieillesse illégitime ? Migrantes marocaines en quête de reconnaissance sociale, thèse de doctorat en Sciences sociales soutenue à Paris-VII, -Denis Diderot le 13-09-2007, 371 pages.

-AUCHLIN Antoine, « Le bonheur conversationnel : fondements, enjeux et domaines », Cahiers de linguistique française, 1991, n˚12, pp. 103-126.

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-SJAASTAD Larry, « The costs and returns of human migration », Journal of Political Economy, 1962, Vol. 70, No. 5, Part. 2 : Investment in Human Beings,  pp. 80-93.

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Pour citer cette article

et , "Discours médiatique et questions migratoires. Cas de Radio Tanger Med", REFSICOM [en ligne], Médias et migrations/immigrations 1. Des représentations aux traitements des médias traditionnels, mis en ligne le 23 novembre 2018, consulté le 17 December 2018. URL: http://www.refsicom.org/454