De la réception d’une émission de télévision à l’expérience multi-écrans. Cas d’un talk-show marocain

Résumés

Cet article questionne les différentes formes participatives en ligne des téléspectateurs simul-tanément à la diffusion d’un programme audiovisuel. Il s’agit de comprendre l’influence d’un objet fictionnel telle qu’une émission télévisuelle sur une expérience collective transposée sur Internet. La plateforme en ligne Facebook est présentée comme un terrain d’étude pouvant faire transparaître des pratiques émergentes des fans de la télévision.
This article focuses on the various forms of participations online of the TV viewers. We present the Facebook online platform as a field of study that may reflect emerging practices from fans of the TV as a collective experience.

Texte intégral

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Introduction

Objets d’attachement, les réseaux socionumériques (RSN) (Stenger, Coutant et al, 2011) offrent la possibilité aux fans de la télévision d’investir des espaces d’expression (Jenkins, 1992) et d’engagement introduisant de nouvelles formes expressivistes des téléspectateurs. Ils permettent différents « cadres de participation » (Goffman, 1981) des « spectateurs critiques » (Livingstone, Lunt, et Bourdon, 1993), renforçant ainsi les modalités d’expression du téléspectateur actif (Le Guern, 2002). A travers les activités quotidiennes, plus ou moins symboliques, les fans s’inscrivent dans des collectifs en ligne ou des groupes sociaux sur Internet. Ils retrouvent la possibilité de s’exprimer, de partager et finalement de se positionner en tant que fan (Pasquier, 1999). L’individu peut se trouver instantanément en tant que téléspectateur et utilisateur d’Internet, ressentant ainsi le besoin de réagir « à chaud » sur le programme qu’il visionne. Cet article s’inscrit dans la thématique : « Médias traditionnels et migration/immigration : des représentations aux traitements médiatiques » de ce numéro de la revue REFSICOM puisqu’il s’agit d’analyser des expressions médiatiques en ligne des téléspectateurs dans un contexte de réception transnationale. En effet, cet article questionne les usages en ligne des utilisateurs se connectant depuis différents lieux géographiques et qui contribuent à alimenter des espaces virtuels communs autour d’objets fictionnels de la télévision marocaine.

Cet article soulève donc de nouvelles interrogations liées, notamment à l’hybridité entre différents canaux de communication selon une approche multi-écrans nommée « techno-télévision » : « une télévision interconnectant Internet et la télévision, propageant le lien social et favorisant l’engagement intellectuel et émotionnel des fans » (Bourdaa, 2012). Selon l’hypothèse principale reposant sur le fait que la télévision et Internet entretiennent des relations étroites influant sur les modalités d’appropriation, cet article propose d’analyser la réception d’une émission de télévision marocaine. Le téléspectateur est ainsi en présence simultanée de plusieurs appareils électroniques (télévision, smartphone, tablette…). Après un ancrage bibliographique concernant les travaux sur l’analyse des publics de la télévision et l’étude des pratiques résultant des Fans Studies, nous présenterons les résultats de nos recherches liés aux contextes de réception d’une émission de télévision selon une méthodologie de recueil et de traitement des données issues de la plateforme Facebook.

1. Une réception télévisuelle multi-écrans et instantanée

1.1. L’analyse des publics de la télévision

Le processus complexe de réception des productions audiovisuelles fait naître des questions de l’ordre des logiques d’appropriation des médias par les usagers (Ferjoux, 2015 ; Amsidder, Daghmi et Toumi, 2012 ; Combes, 2011 ; Jenkins, 1992). De la notion d’appropriation découle celles des compétences à la fois cognitives et techniques de la technologie en rapport avec l’interaction régulière voire quotidienne avec les dispositifs multi-écrans. L’actuel paysage télévisuel suscite une approche transnationale des contenus de la télévision (Ang, 1985 ; Daghmi, 2011 ; Chaouni, 2015).

La question des publics est un axe de recherche prédominant dans les études sur la sociologie des médias (Macé, 2000). Elle renvoie à plusieurs ensembles composés de groupes d’individus présentant des caractéristiques identitaires identifiables (Cardon, 2008 ; Merzeau, 2013). Même si celles-ci peuvent être momentanées, elles sont déterminées et peuvent être représentées. « Le public sert donc d’horizon à l’expérience du spectateur. De ce point de vue, on ne peut être spectateur sans référence à un public » (Dayan, 2000 : p. 430). Les publics investissent l’espace (qu’il soit physique ou virtuel) et se caractérisent par une temporalité à travers la consommation des contenus médiatiques.

Goffman, en 1981, dans son ouvrage Forms of Talk[1]Traduit en Français sous le titre façons de parler dans une édition de 1987. présente la notion de cadre de participation en soulignant la complexité des échanges quotidiens des usagers caractérisés par une dynamique et une interaction élevée. Ainsi les interactions télévisuelles représentent un cadre particulier de participation pour les téléspectateurs. Quel que soit le programme visionné, les téléspectateurs ont la capacité d’interpréter différentes informations émises en fonction des cadres d’interprétation variés, relevant ainsi d’un agencement de processus de sens négociés. L’étude de réception d’un programme audiovisuel à travers la notion de publics pose des interrogations sur la définition de fan, supposant des formes d’expression spécifiques.

1.2 Les Fans Studies : de l’individualité aux pratiques collectives

Le courant anglo-saxon des Fans Studies découle des travaux à prédominance ethnographique des Cultural Studies et qui se positionnent dans l’analyse de réception télévisuelle à partir des années 1980. Les travaux d’Henry Jenkins (1992) portant sur l’étude des fans sont souvent identifiés comme pionniers. Les définitions de la notion de fan ont été initialement dépréciatives et décrivent le fan comme étant passif, jusqu’à la fin des années 2000. Le fan se distingue du téléspectateur lambda à travers son degré d’affection et d’attachement au programme audiovisuel (Vincent, 2011 ; Pasquier, 1999). Comparé au téléspectateur ordinaire, le fan développe des pratiques lui permettant de poursuivre l’expérience fictionnelle au-delà du moment de diffusion télévisuelle quel que soit le programme (Plante, 2013 ; Ferjoux, 2015).

Les recherches sur les fans ont connu un véritable tournant avec le développement des technologies de l’information et de la communication (TIC). Avec leurs appropriations par les usagers, ces nouveaux supports de communication ont donné accès aux individus à des espaces de partage traduisant différentes formes d’engagement (Le Guern, 2002). Prenant conscience d’appartenir à une communauté (Jenkins, 1992), les fans investissent les interfaces en ligne leur permettant l’interaction sociale basée sur un regard critique des programmes télévisuels. L’activité de fans en ligne repose sur un usage créatif basé sur une logique de production de contenu (écriture de fan-fictions, de fan-vidéos…) (Bourdaa, 2012).

1.3 Représentation de soi et identités numériques

Dans la continuité des travaux d’Erving Goffman (1981) sur les formes identitaires dans l’espace public, le développement des médias sociaux met en évidence la question de la présentation de soi par les individus (Boyd, 2008 ; Boyd et Ellison, 2007 ; Merzeau, 2013). « La production de ces formes de présentation de soi s’articule à un travail continu de « gestion de l’expression », où les usagers tentent de « cadrer les impressions » suscitées chez autrui et visent à obtenir quelque marque de reconnaissance des éléments de soi mis en ligne » (Denouël, 2011, p. 78). La visibilité des identités numériques des utilisateurs dépend des différents systèmes techniques et ergonomiques spécifiques à chaque site de réseau social. Les utilisateurs sont visibles sur les RSN à partir des informations qu’ils ont eux-mêmes déclarées sur leur(s) profil(s) sur un ou plusieurs services et sur les différentes traces qu’ils laissent en fonction de leurs activités. La présentation de soi sur Internet présente de réelles logiques stratégiques pour les utilisateurs en fonction des différentes fonctionnalités permises par les plateformes. Cela implique différentes formes de visibilité ou d’invisibilité de soi (anonymat)  (Cardon, 2008 ; Merzeau, 2013).

L’ensemble des utilisateurs des RSN est relié à travers les réseaux des profils contenant différentes caractéristiques identitaires. Nous employons l’expression « identités numériques » au pluriel afin de souligner deux aspects majeurs. Le premier repose sur la multiplicité des profils et des possibilités pour un seul et même utilisateur de créer plusieurs profils ou identités sur une seule et même interface. Le second aspect relève davantage de la réputation numérique, l’e-réputation (Alcantara, 2015) qui correspond à l’ensemble des informations qu’il est possible de collecter sur une seule et même personne à travers les différentes interfaces. Par exemple, pour un individu, nous pouvons retrouver des informations sur les sites de réseautage (sur Facebook), de networking (tels que Viadeo, LinkedIn…)…

La représentation de soi et les identités numériques sur le Web 2.0 (Georges, 2009) se caractérisent par une composition à la fois visuelle, graphique, sémiotique et parfois sonore. Cette mise en visibilité de soi transparaît à travers les contenus, les propos, les images, mais aussi les idées et les parcours de navigation. Ces éléments permettent à la fois l’identification des usagers sur les différentes interfaces et à la fois la mise en relation sociale sur les réseaux socionumériques. Composées de signes distinctifs visualisables à travers les différentes ergonomies techniques, ces deux notions fournissent des indices pouvant renseigner sur la personnalité des individus.

Les RSN présentent différentes figurations de l’identité selon le processus de subjectivation (de l’être au faire) et celui de simulation (du projeté au réel). Le processus de subjectivation correspond à l’extériorisation de soi à travers des codes, des signes des formulations identitaires.  Les utilisateurs doivent renseigner des informations sur leur profil au début de leur utilisation des différentes ergonomies du Web 2.0. Ces renseignements présentent des éléments stables concernant l’identité de l’individu (sexe, âge…) et d’autres signes identitaires fluctuants (activités, points d’intérêt). Le processus de simulation de soi représente les points de tension entre la réalité de l’individu et la projection ou la simulation virtuelle (sur Internet). « La réussite des plates-formes relationnelles du Web 2.0 doit beaucoup au fait que les personnes y exposent différents traits de leur identité. Ce phénomène renvoie à deux dynamiques des processus d’individualisation observables dans les sociétés contemporaines : un processus de subjectivation, qui conduit les personnes à extérioriser leur identité dans des signes qui témoignent moins d’un statut incorporé et acquis que d’une capacité à faire (écrire, photographier, créer…) ; et un processus de simulation, qui les conduit à endosser une diversité de rôles exprimant des facettes multiples, et plus ou moins réalistes, de leur personnalité. » (Cardon, 2011 : 142)

Fanny Georges (2009) définit l’identité numérique selon trois composantes : l’identité déclarative, l’identité agissante et l’identité calculée. L’identité déclarative repose sur les informations indiquées par les individus sur les plateformes (nom ou pseudonyme, photo, …) (Cardon, 2008). L’identité agissante repose sur les données laissées par les utilisateurs selon les différentes activités de l’usager (affiliation à un groupe spécifique, mise en relation entre personnes…) (Merzeau, 2013).  Enfin, l’identité calculée relève des informations quantitatives fournies par les différentes plateformes (nombre d’amis…).

Figure 1: Représentation de soi et identité numérique (Georges, 2009 : 180)

La figure ci-dessus (fig.1) schématise les différentes formes identitaires en fonction des différentes pratiques informationnelles sur les RSN. Cependant, il manquerait sur cette illustration le caractère de corrélation de ces trois formes circulaires, qui sont interdépendantes entre elles avec différents facteurs économiques, sociaux, et technologiques. Par exemple, afin de pouvoir gérer son identité déclarative il faut pouvoir maîtriser les paramètres de confidentialité de la plateforme utilisée au niveau technique. Les paramètres de confidentialité de certaines plateformes sociales tel que Facebook permettent à l’individu de sélectionner les informations qu’il veut faire apparaître sur son profil public (visible à tous les utilisateurs) ou semi-publics (seulement à un groupe spécifique d’utilisateurs, par exemple les amis). Les utilisateurs « peuvent périmétrer eux-mêmes leur visibilité à travers un jeu de masques, de filtres ou de sélection de facettes. On dévoile en effet des éléments très différents sur une fiche de Meetic destinée à séduire, sur le profil estudiantin de Facebook, dans le patchwork de goût de MySpace, ou à travers l’iconographie imaginative des avatars de Second Life. Les utilisateurs peuvent ensuite user de stratégies d’anonymisation pour créer de la distance entre leur personne réelle et leur identité numérique, jusqu’à défaire toute référence à ce qu’ils sont et font dans la « vraie vie ».» (Cardon, 2008 : 98).

Ainsi, il est nécessaire d’appréhender ensemble à la fois les différentes formes identitaires permises par les plateformes techniques et les stratégies de mise en visibilité, ou au contraire d’invisibilité des usagers.

2. Contextes de réception et expériences télévisuelles multi-écrans

Outre la dimension déclarative de l’identité (Georges, 2009), la navigation des internautes sur les RSN ainsi que leurs activités produisent des indices identitaires. Louise Merzeau (2013) émet le postulat que l’« on ne peut pas ne pas laisser de traces » sur Internet. L’espace numérique représente une mémoire par défaut, ce qui pose la question des traces et parfois de celles qui sont gênantes. L’identité numérique (Alcantara, 2015) représente une collection de traces (contenus partagés, « likés »…) « L’usager est lui-même une collection qui appartient à une collection » (Merzeau, 2013). Louise Merzeau fait, à juste titre, une analogie entre le réseau et le potager « on est le jardin et le jardinier »  (Merzeau, 2013). L’usager du Web 2.0 se définit par un système de partage des contenus qu’il juge intéressants (« on présente sa cueillette ») et qui contribue à entretenir son identité numérique comme une « semence » (« on cultive son identité »). Lorsque l’internaute est actif, il augmente sa visibilité sur la toile et « aménage » son espace virtuel (renseignements du profil, paramétrage, tâches d’installation et de réglages, paramètres de confidentialité…). Les différentes interfaces des RSN permettent aux usagers de personnaliser leur profil. Les utilisateurs de ces sites de réseau social sont invités à se présenter à partir de photos de profils, d’informations personnelles d’ordre démographiques (âge, sexe, lieu d’habitation…), de leurs centres d’intérêt… Le profil prend la forme d’une auto-description de soi. Outre ces informations fournies par l’utilisateur lui-même, les profils fournissent de nombreuses informations telles que les partages de documents, fichiers, photos et vidéos… Ils présentent les différentes « connexions » de l’utilisateur (sa liste d’amis), les commentaires de son réseau sur son propre profil et ceux qu’il émet sur les profils de son réseau. Sur Facebook, le « mur », présente le « fil d’actualité » pour chacun des utilisateurs. Certains RSN tels que Facebook propose à leurs utilisateurs de mettre régulièrement à jour leur « statut » en posant des questions de type « What’s your mind ? » «Que faites-vous en ce moment ? » Nous pourrions nous poser la question suivante : à qui s’adressent les utilisateurs des RSN ?

« Dans nombre d’usages des plates-formes relationnelles, les utilisateurs s’adressent non pas à cet agrégat d’anonymes unifiés en une fiction abstraite et surplombante qui figure le public dans les architectures normatives de l’espace public, mais à un groupe plus ou moins circonscrit de proches identifiables. Certes, ils parlent en public. Mais, à leurs yeux, ce public est une zone d’interconnaissance, un lieu plus ou moins clos, un territoire qui conservera les propos dans son périmètre avant de les laisser s’évaporer […] on a proposé d’appeler clair-obscur cette zone de familiarité contrôlée dans laquelle les utilisateurs rendent publics des éléments parfois très personnels de leur vie quotidienne tout en pensant ne s’adresser qu’à un réseau de proches » (Cardon, 2011 : 142).

Les pratiques informationnelles des RSN soulignent des caractéristiques de l’observabilité, point central du processus de reconnaissance (Granjon et Denouël, 2010). Les différents individus connectés utilisent les RSN comme étant des sources d’informations sur les autres usagers. Ces moyens d’observation sont représentés par les informations déclarées par les usagers (Georges, 2009) ainsi que par leurs traces de navigation (Merzeau, 2013) pouvant être présentées comme des marqueurs identitaires. Ces indices informationnels permettent la collecte d’informations numériques pouvant être corrélées à celles de la vie réelle.

2.1. Méthdologie de recueil des données

L’accès aux données des serveurs des RSN (Ellison et Boyd, 2013) représente une réelle opportunité de recherche pouvant décrire le comportement et les activités des fans sur Internet.

L’émission « Rachid Show », cas d’analyse de ce présent travail, a été diffusée sur la deuxième chaîne nationale marocaine 2M, le 10 juillet 2015 en soirée durant la période de ramadan. Selon la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA)[2]Nous avons contacté la HACA, qui est l’équivalent du CSA en France afin d’obtenir les chiffres exacts quant à l’audience de cette émission., cette émission à grand succès, d’une durée d’une heure et 22 minutes, a rassemblé 4 362 000 téléspectateurs pour une part d’audience estimée à 53,8%. A défaut d’avoir accès aux données disponibles par l’administrateur de la page, nous analyserons les informations disponibles publiquement sur la page officielle Facebook de l’animateur. Notre corpus de recherche est composé de 1900 commentaires. Nous avons procédé à un traitement des données quantitatives de deux fils de commentaires ayant suivi deux publications différentes de l’animateur de l’émission sur sa page ; l’une d’elles est simultanée à la diffusion de l’émission à la télévision.

Nous avons procédé à l’extraction des données nous permettant de quantifier certaines variables indépendantes d’ordre identitaire et de présentation de soi. Deux éléments nous ont intéressés particulièrement : le sexe et la photo de profil des commentateurs que nous avons classés en quatre catégories : les photos présentant la personne, un objet, un animal ou une autre personnalité (enfant, acteurs…). Le deuxième type de traitement concerne la forme des commentaires, c’est-à-dire le nombre de mots utilisés, la langue et les formes d’écriture, l’usage d’émoticônes[3]Un émoticône est une image symbolique représentant une émotion, un état d’esprit…. Enfin, la troisième analyse relève des contenus des commentaires et des sujets abordés par les usagers selon un croisement entre thématiques et occurrences.

2.2 Facebook, un RSN permettant des formes d’expression des téléspectateurs

Les RSN permettent à des publics d’utilisateurs, géographiquement fragmentés, de partager, de publier et d’échanger sur des contenus télévisuels en temps réel (Cardon, 2008). L’expérience télévisuelle est alors vécue comme une activité plaçant le téléspectateur dans une position de « spectateur critique » (Livingstone, Lunt, et Bourdon, 1993) permettant de nouveaux cadres de participation (Goffman, 1981) et des formes d’implication variées par rapport à l’objet télévisuel (Liebes, 1990). Les RSN présentent des espaces médiatisés d’échange permettant de palier le manque d’interaction possible entre l’écran de télévision et le téléspectateur. Le téléspectateur peut donc naturellement s’orienter vers d’autres écrans (smartphones, tablettes, ordinateurs…) afin de pouvoir échanger d’une manière interactive et instantanée avec d’autres téléspectateurs. Internet endosse le symbole de médiation (Noyer, 2009) multi-écrans entre la construction et la réception des contenus télévisuels ainsi que la multiplication des formes de participation en ligne des téléspectateurs.

Créé en février 2004 à Harvard, Facebook (Gozlan, 2013) est un site de réseau social en ligne conçu initialement à destination d’étudiants. La question de partage de contenu est la visée première des fondateurs de ce RSN qui est appréhendée comme un réel pouvoir donné aux usagers. Facebook peut être considéré comme un portail (Cavazza, 2015) permettant l’entretien du réseau social puisqu’il endosse la fonction de partage sans publier aucun des contenus qui s’y présentent. Facebook permet à la fois la diversité des formes identitaires potentielles (Cardon, 2008 ; Cadec et Proulx, 2015) ainsi qu’un niveau élevé d’appropriation (Cavazza, 2015) par les utilisateurs d’Internet de l’ordre de la quotidienneté. « Facebook est le roi des médias sociaux et règne également en maître sur les terminaux mobiles » (Cavazza, 2015). Alors qu’en 2009 Facebook enregistrait plus de 175 millions d’utilisateurs actifs, le rapport annuel publié par Facebook[4]Disponible en ligne sur : http://investor.fb.com/releasedetail.cfm?ReleaseID=924562 (Consulté le 20/10/2015)en juillet 2015 annonce 1,49 milliard d’utilisateurs actifs dont 30 millions se connectent depuis la France.

Figure 2. Nombre d’utilisateurs actifs sur les plateformes des médias sociaux. Septembre 2015[5]Disponible en ligne sur : http://www.alexitauzin.com/2013/04/combien-dutilisateurs-de-facebook.html (Consulté le 20/10/2015)

Concernant l’appropriation des usages médiatiques au Maroc, Internet se développe tardivement. L’école Mohammedia intègre cette technologie en 1994. Le Maroc représente le 101ème pays à se connecter au Web mondial en 1996 alors que la Tunisie et l’Algérie se sont connectés au réseau mondial plus tôt (respectivement en 1991 et en 1993) (Daghmi, Pulvar et Toumi, 2012). Le Maroc a longtemps souffert de disparités régionales concernant le développement des TIC. En effet, l’accès à Internet dépend des avancées technologiques et du niveau des infrastructures techniques de télécommunication dans les régions. En 2010, le Maroc affichait un taux de pénétration[6]Le Maroc comptait en 2010, 500 491 abonnés à internet sur une population de plus de 33 000 000 d’habitants. de seulement 1,57% des abonnés à Internet contre 5,18% pour la Tunisie (Amsidder, Daghmi et Toumi, 2012). Le pays accuse un nombre limité de lignes de téléphonie à domicile. Toutefois, l’accès au téléphone fixe a longtemps été caractérisé par des usages collectifs à travers les « téléboutiques ». Il s’agit de boutiques de proximité permettant l’accès à des téléphones fixes à tous les usagers. Moyennant quelques pièces de monnaie, les habitants ont la possibilité d’appeler n’importe quel numéro national ou international depuis les téléboutiques. Ces usages mutualisés du téléphone fixe se sont déportés vers l’utilisation d’Internet à travers la multiplication des cyberespaces et des cybercafés au Maroc depuis les années 2000 (Amsidder, Daghmi et Toumi, 2012). Toutefois, grâce à la baisse des coûts de télécommunication (à travers la téléphonie mobile[7]Baisse des coûts d’acquisition des smartphones et des tarifs de télécommunication.), l’accès à Internet tend à s’individualiser.

L’école Mohammed bin Rashid School of government, située à Dubaï publie tous les deux ans un rapport sur l’utilisation des médias sociaux dans le monde arabe, « Arab Social Media Report »[8]En ligne, disponible sur : ...continue (ASMR). Selon l’étude publiée en 2014, un marocain sur quatre a un profil Facebook. Ce réseau socionumérique est la plateforme préférée des Marocains avec 7,2 millions d’utilisateurs en mai 2014 alors que ce chiffre était de 5,3 millions en 2013, affichant ainsi une augmentation prononcée de presque 2 millions d’utilisateurs en un an. Le nombre de comptes Facebook ouverts depuis le Maroc était de 1,8 millions en 2010 (Amsidder, Daghmi, et Toumi, 2012), accusant une croissance de 40 % d’ouvertures de comptes Facebook en quatre ans (de 2010 à 2014). Alors qu’à cette même année les usagers marocains de Facebook représentaient 6 % de la population totale nationale, ils comptabilisaient en 2014 quasiment 22%. Le Maroc est le troisième pays du monde arabe en termes de nombre d’utilisateurs Facebook après l’Egypte (20 millions d’utilisateurs) et l’Arabie Saoudite (8,4 millions d’usagers Facebook), respectivement positionnés en première et deuxième places de ce classement. Ces chiffres illustrent clairement la croissance fulgurante de Facebook au Maroc tout en soulignant l’importance de l’utilisation de ce réseau socionumérique dans les pratiques médiatiques quotidiennes des marocains.

A l’image d’autres RSN, chaque utilisateur Facebook crée une page personnalisée (« le profil ») contenant des informations personnelles et une liste relationnelle (« la liste d’amis ») (Cadec et Proulx, 2015). Facebook offre la possibilité de « naviguer » sur le réseau d’amis en cliquant sur les liens des « amis » ainsi que des « amis » des « amis »… Cette activité de ce que nous nommons la « navigation sociale en ligne » représente une activité sociale principale des usagers de Facebook. Les utilisateurs peuvent envoyer des messages à d’autres utilisateurs, suivre l’actualité, appartenir à des groupes sociaux en appuyant sur le bouton « j’aime », partager du contenu (photos, vidéos…), émettre des messages courts (« les commentaires ») sur leur « statut » sur leur fil d’actualité que l’on nomme « le mur »…

Les conversations en ligne des téléspectateurs, ne se limitent pas à leur fonction de prolongement de la réception. Les différents échanges des internautes participent au processus relationnel liant les fans à leur production télévisuelle préférée et aux autres fans (Chaouni, 2017). Les communautés virtuelles se créent autour d’objets télévisuels et elles évoluent en ligne à la fois selon des références et des normes qui lui sont propres et à la fois selon les restrictions ou les libertés techniques dépendantes du support de transmission.

2.3. La page officielle Facebook de l’animateur de l’émission Rachid Show

L’objet d’analyse est une émission de télévision marocaine se présentant comme un talk-show à l’américaine. Lors de cette édition, ont été invitées trois des héroïnes d’une série télévisée à fort succès. Le principe de cette émission repose sur la figure emblématique de son animateur, Rachid. A chaque édition, une ou plusieurs personnalités sont invitées et l’animateur mène une interview sur des questions portant sur leur succès, leur parcours de carrière, leur vie personnelle autour d’activités humoristiques (tests, jeux de vérité…).

Figure 3. Page facebook officielle de l’animateur du Talk Show

Il existe plusieurs pages portant le nom de l’animateur. La page Facebook analysée comporte actuellement plus de trois millions de fans ; ce qui renseigne sur la notoriété de cette émission à l’international. En effet, la chaîne marocaine 2M est accessible à travers la parabole satellitaire, numérique ou sur Internet (Fitouri, 2011).

3. Résultats : l’expérience télévisuelle multi-écrans

Les différentes formes de participation en ligne simultanément à la diffusion de l’émission permettent de déduire que les téléspectateurs sont en présence de différents écrans. 7778 utilisateurs ont aimé le fil d’actualité Facebook pendant la durée de l’émission. L’individu se trouve dans une position simultanée de téléspectateur de l’émission et d’utilisateur d’Internet, média sur lequel il contribue en temps réel. En visionnant l’émission, le téléspectateur ressent le besoin de s’exprimer et de réagir « à chaud » sur l’émission qu’il visionne (Esquenazi, 2002). Sa participation sur la page de l’animateur de l’émission le connecte à d’autres publics lui permettant des modalités de participation commune des téléspectateurs actifs (Le Guern, 2002). La configuration du plateau du tournage du talk-show Rachid Show présente une multiplication des écrans. Outre les écrans de caméras, le présentateur est assis sur une chaise de bureau sur lequel est posée une tablette numérique avec laquelle il interagit.

La photo de profil des usagers de cette page apporte de nombreuses informations sur la mise en visibilité de soi (Georges, 2009 ;  Granjon et Denouël, 2010) sur Facebook. 54,5% des commentateurs utilisent une photo d’eux pour leur profil. Les informations de leur page Facebook représentent des marqueurs identitaires liant leur propre image réelle au virtuel. 21% des usagers utilisent des objets en tant que photo de profil contre 24,5% qui ont publié une photo d’une autre personne (par exemple des enfants) ou d’une personnalité connue (comédien, chanteur…). L’identité textuelle des usagers (le nom de profil) peut aussi porter l’empreinte d’une admiration pour un chanteur célèbre ou pour un personnage de série télévisée.

Concernant la forme du corpus, l’usage prédominant est l’écriture des commentaires en arabe « darija[9]Darija : le marocain dialectal » retranscrit en caractères latins (81,5%). Les autres commentaires sont écrits en français (3.5%), en arabe (12%) et parfois un mélange entre l’arabe (retranscrit en caractères latins) et le français « Merci khoya[10]Khoya : mon frère Rachid » ainsi que l’anglais (1%). Le nombre de mots par commentaire peut renseigner sur les différents niveaux d’engagement des usagers. Certains commentaires ne comportent qu’un seul mot positif (par exemple : « waaw »). Le plus long commentaire comporte plus de trente mots. L’engagement des usagers simultanément à la diffusion de l’émission semble plus important puisque le nombre de mots par commentaires est de 7,79 en moyenne contre 6,16 pour la page annonçant les invités. La majorité des usagers n’a posté qu’un seul commentaire sur le fil, traduisant ainsi des formes de participation uniques. Nous pouvons en déduire que la motivation principale des engagements simultanés en ligne est de marquer la présence du fan de la télévision en ligne et son inscription de fait au sein de cette communauté virtuelle. En effet, les participations ne se traduisent pas par un discours construit collectivement mais plutôt par des bribes de participations sur la page Facebook et des marques de visibilités.

Les femmes sont sur-représentées (60% contre 40% des hommes) sur ce fil de commentaires. Nous pouvons expliquer ces résultats par l’enthousiasme des femmes qui seraient proportionnellement plus nombreuses à aimer la série télévisée pour laquelle les actrices ont été invitées (Chaouni, 2016). 18% des commentaires de la page annonçant les invités représentent des propos humoristiques pouvant porter sur l’« invasion » des femmes sur le plateau et la chance que l’animateur a d’être entouré de si belles femmes. D’autre part, 60% des commentaires sont présentés sur un ton humoristique portant en dérision le choix de l’émission, les paroles prononcées et les activités proposées.

Les commentaires négatifs (8%) sont souvent liés aux choix des invités de l’émission. Ils portent aussi sur la médiocrité des contenus de la chaîne et des choix des invités basés davantage sur le divertissement et le rire et non sur la culture ou la religion, qui seraient de circonstance, étant donnée la période de ramadan, moment de diffusion du talk-show. 18% des commentateurs déplorent l’absence d’actrices de la série télévisée n’étant pas présentes sur le plateau, créant ainsi un sentiment de frustration de la part de certains fans. Parmi les demandes formulées directement à destination de l’animateur, nous pouvons retrouver des propositions d’invitation d’autres personnalités pour les futures émissions.

Alors que pour la page annonçant les invités, la moyenne de « j’aime » par commentaire est de 9, pour le fil des commentaires simultané au moment de la diffusion de l’émission, ce nombre est quasiment divisé par 3, pour une moyenne de 3,3 likes par commentaire. Cela peut traduire un degré d’engagement plus fort de la part des usagers de la page lié à l’annonce et aux différentes surprises attendues lors de l’émission. D’autre part, la simultanéité questionne également la dimension de rapidité des usages et des expressions en ligne. En effet, le moment de diffusion de l’émission est limité dans le temps. Les fans de la page ressentent le besoin de réagir rapidement en ligne mais nous supposons également qu’ils suivent l’émission sur l’écran de télévision. Cela se traduit par une multitude de messages à décoder de la part des usagers à la fois par les informations émises sur le plateau de télévision et à la fois par la participation en directe des autres téléspectateurs connectés sur la page Facebook de l’animateur.

Contrairement aux éléments retrouvés dans la littérature et présentés dans la première partie de cet article, cet espace d’échange devient un canal permettant d’atteindre principalement l’animateur ou les invités comme destination des messages et très rarement les autres téléspectateurs (4% seulement). Fait marquant, 79 % des commentaires s’adressent directement à l’animateur. Cette page Facebook est devenue un moyen de médiation entre l’animateur et ses publics leur permettant un moyen d’échange direct. Les deux fils de commentaires sont caractérisés par des marques de conversation avec l’animateur, faisant transparaître des empreintes affectives et fraternelles, renforçant ainsi le sentiment de proximité. L’emploi de l’expression « Khoya Rachid[11] « Khoya Rachid » : mon frère Rachid» est utilisé dans 79% des commentaires.  Les commentaires simultanés à l’émission deviennent un moyen d’intermédiation entre les téléspectateurs et les actrices présentes sur le plateau (38% des commentaires de ce fil de publications) (« Rachid dit leur », « Mon frère Rachid, dis à telle actrice… »). Ainsi, le rôle de l’animateur de l’émission de la télévision est transposé sur cet espace numérique puisqu’il s’agit du destinataire principal des messages. La figure forte de l’animateur se traduit également par l’augmentation du capital sympathie auprès de ses fans, relation qui revêt des tournures affectives marquant les expressions en ligne des téléspectateurs.

Conclusion

Dans le courant des travaux d’Erving Goffman (1973), la question des identités numériques endossent des formes d’expression sociale variées et de reconnaissance. Paradoxalement, alors que les RSN permettent l’anonymat à travers le pseudonymat et donc différentes formes stratégiques de dissimulation identitaire, ils permettent aussi différents espaces d’expression et de mise en visibilité de soi. Dans notre cas d’étude, l’interactivité des téléspectateurs a entraîné une certaine homogénéisation des pratiques sur le fil des commentaires Facebook suivi simultanément à la diffusion de l’émission. Nous retrouvons ainsi des téléspectateurs se trouvant en tant que public de la télévision et usager d’Internet. Ils présentent des pratiques simultanées télévisuelles et multi-écrans puisqu’ils sont à la fois face à leur écran télévisuel et à la fois face à un autre écran lié à Internet (téléphone, tablette, ordinateur…). Les pratiques des usagers interagissant sur cette page sont centrées sur l’animateur comme si celui-ci avait réussi à jouer le rôle central d’intermédiation qu’il endosse à la télévision. Sans être physiquement présent puisqu’à ce moment il n’interagit pas, l’animateur est au centre des commentaires de la plupart des usagers. Il n’y a que très peu de partage de contenus ou de mentions j’aime sauf lorsque l’animateur poste un commentaire. Par exemple, l’un des messages publiés par celui-ci comporte 386 mentions j’aime. La relation que l’animateur entretient avec ses fans sur sa page officielle Facebook est une relation de proximité voire fraternelle puisque 33% des usagers analysés l’interpellent par des expressions que l’on pourrait traduire par « mon frère ». Nos résultats démontrent le renforcement de l’interactivité avec le contenu télévisuel de la part des usagers du RSN Facebook. Toutefois, de nombreuses interrogations posées dans les commentaires sont laissées sans réponse. Ainsi, le fil des commentaires ne prend pas l’aspect de conversation ou de construction collective comme c’est le cas lors d’un forum de discussion en ligne.

Les chaînes de télévision ne devraient pas négliger l’importance de ces espaces d’échanges simultanées des téléspectateurs leur permettant de juger les contenus télévisuels en temps réel. Il s’agit de matériaux exploratoires peu coûteux et pouvant être complémentaires aux études d’audience traditionnelles. La limite principale de cette technique basée sur une exploration manuelle, due à la retranscription du marocain darija avec les caractères latins, ne rendent pas possible, à notre connaissance, un traitement plus automatique des occurrences. Il faudrait donc pouvoir réitérer cette analyse sur un corpus permettant d’automatiser l’analyse du contenu. D’autre part, il est regrettable que la plupart des interrogations sur cet espace soit restée sans réponse. Il aurait été judicieux d’assurer une certaine interactivité de l’équipe de production sur le fil des commentaires. Les échanges peuvent être des viviers d’information permettant l’amélioration des contenus audiovisuels.

Notes   [ + ]

1. Traduit en Français sous le titre façons de parler dans une édition de 1987.
2. Nous avons contacté la HACA, qui est l’équivalent du CSA en France afin d’obtenir les chiffres exacts quant à l’audience de cette émission.
3. Un émoticône est une image symbolique représentant une émotion, un état d’esprit…
4. Disponible en ligne sur : http://investor.fb.com/releasedetail.cfm?ReleaseID=924562 (Consulté le 20/10/2015)
5. Disponible en ligne sur : http://www.alexitauzin.com/2013/04/combien-dutilisateurs-de-facebook.html (Consulté le 20/10/2015)
6. Le Maroc comptait en 2010, 500 491 abonnés à internet sur une population de plus de 33 000 000 d’habitants.
7. Baisse des coûts d’acquisition des smartphones et des tarifs de télécommunication.
8. En ligne, disponible sur : http://www.mbrsg.ae/getattachment/e9ea2ac8-13dd-4cd7-9104-b8f1f405cab3/Citizen-Engagement-and-Public-Services-in-the-Arab.aspx (Consulté le 24/02/2016).
9. Darija : le marocain dialectal
10. Khoya : mon frère
11. « Khoya Rachid » : mon frère Rachid


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Pour citer cette article

, "De la réception d’une émission de télévision à l’expérience multi-écrans. Cas d’un talk-show marocain", REFSICOM [en ligne], Médias et migrations/immigrations 1. Des représentations aux traitements des médias traditionnels, mis en ligne le 23 novembre 2018, consulté le 17 December 2018. URL: http://www.refsicom.org/408