Les vieilles fausses barbes de la « société de l’information », à travers le regard critique des Sciences de l’Information et de la Communication

Résumés

Pourfendu aussitôt que créé dès le milieu du siècle dernier, le groupement nominal société de l’information n’a pas évolué vers la redéfinition d’un concept structurant, qui aurait réussi à gommer le flou constitutif de ses objets et à dissiper les risques qu’il contenait en soi.
Au contraire, les confusions se sont multipliées, et avec elles, les croyances réductrices dans l’analyse du changement social, que les SIC s’évertuent inlassablement à pourfendre depuis leur constitution dans le dernier quart du XXe siècle : réduction du sujet au statut de consommateur ; nivellement du citoyen dans une supposée cité des égaux ; déterminisme des TIC pour le changement social ; disqualification de l’action publique.
Traditional critics from Sciences of Information and Communication to the old discourses about "information society"
As soon as it was created in the middle of the last century, the objectifying term ”information society” did not evolve towards the redefinition of a structuring concept, which would have managed to erase the confusion of its objects and to dissipate the errors that it contained intrinsically.
On the contrary, confusions have been multiplied, as well as the reductive beliefs in the analysis of social change, that the Sciences of Information and Communication have been tirelessly striving to defeat, since their constitution in the last quarter of the twentieth century: reduction of the subject to the status of a consumer ; leveling of the citizen in a so-called ”city of equals” ; ICT determinism for social change; disqualification of public policy.

Texte intégral

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« En dépit des avatars de l’histoire, les diverses religions communicationnelles continuent de recruter des croisés. » (Armand Mattelart)

Village gobal, société en réseaux, galaxie Internet, société liquide, modèle de l’homme mobile, capitalisme informationel global, développement interconnecté, villes intelligentes…, les fausses barbes ne manquent plus, sous lesquelles se masque encore et toujours la fameuse « société de l’information », dont les auteurs de la fin du XXe siècle, précédés ou suivis par les acteurs sociaux, médias, voire organismes internationaux, nous prédisent l’avènement, avec et depuis le passage au IIIe millénaire.

Pareil succès populaire ne peut qu’attirer l’attention suspicieuse du chercheur, particulièrement en sciences de l’information et de la communciation, quand précisément, la référence permet de désigner une multitude des phénomènes sociaux, dont le point commun des analyses est de se présenter à la fois globalisantes, évolutionnistes et linéaires. À trop vouloir dire, la référence finit par ne plus rien signifier. Sinon l’entrecroisement de théories générales, avançant souvent masquées.

Des intonations multiples, pour l’émergence d’une « société nouvelle »

Les inspirations théoriques ont été diverses et les intonations mutiples (Bernard, 2005). Leur convergence renvoie à une supposée correspondance, entre les logiques et besoins du capitalisme transnational d’une part, et les revendications post-soixante-huitardes pour l’autonomie de l’homme, d’autre part. C’est surtout Manuel Castells qui a fourni l’assise théorique la plus entendue de la référence à la société de l’information (Miège, 2002), même si l’expression remonte au moins au milieu des années cinquante, avec Norbert Wiener et même si l’auteur castillan parle davantage de société informationnelle et de l’informationnalisme des sociétés contemporaines. Depuis l’Université de Berkeley en Californie, l’œuvre de Manuel Castells popularise le post-industrialisme.

Une version du post-industrialisme

Particulièrement documentée, l’œuvre de Manuel Castells se présente comme un dépassement de l’histoire entendue comme une succession de mode de productions par une lecture en termes de modes de développement successifs (Castells, 1996-1999). Abondamment documentée, l’approche est donc d’abord historique, appuyée sur les bouleversements des sociétés humaines dès lors qu’une technologie nouvelle surgit. Par exemple, l’avènement de l’électricité correspond à l’entrée dans la société industrielle, comme le rappellent les auteurs en sciences de l’information et de la communication, avant d’exercer leur propre lecture critique (Badillo, 2005). Dans le volume 1 de son ouvrage (Castells, 1998-1, p. 40), Castells qualifie ainsi le nouveau système techno-industriel, dans lequel nous sommes supposés vivre aujourd’hui : il s’agit d’un capitalisme informationnel. Ainsi, dans ce nouveau mode informationnel de développement, c’est la technologie de la production du savoir et du traitement de l’information et de la communication des symboles qui engendre la production.

Comme le décrypte ensuite de manière critique Pierre Musso (Musso, 2003), la notion de réseau se présente ainsi comme la structure déterminante de la société. Ainsi, la maîtrise des technologies de l’information crée une base matérielle nouvelle pour les activités de la société tout entière. Elle caractérise tout processus social dominant. Elle façonne la structure sociale elle-même.

Dans cette configuration, le réseau Internet s’offre comme la colonne vertébrale de la communication informatisée globale. C’est le réseau par excellence, en tant que « réseau des réseaux ». Même si, comme le rappelle Bernard Miège (2005), Manuel Castells n’explique pas réellement le problème de l’articulation entre mode de développement social et mode de production qu’il rejette, par contre, le passage de la mutation technique à la transformation sociale est bien expressément assuré par Internet, chez Castells.

Dans cette lecture, Internet n’est donc pas seulement une technologie. La Toile saisit tout le social et est défini comme « l’instrument de la liberté » de la « société nouvelle », à la fois instrument et structure orgaisationnelle. C’est elle qui distribue le pouvoir de l’information, la création du savoir et la mise en réseau dans tous les domaines.

La création de l’appellation objectivante Société de l’information n’est pourtant pas nouvelle, ainsi appelée à distinguer le rôle de l’information dans les sociétés contemporaines. Si l’expression se retrouve dès l’œuvre de Norbert Wiener en 1948, selon lequel « Vivre efficacement c’est vivre avec une information adéquate » (Wiener, 1962, p. 19), les années soixante et soixante-dix ont témoigné de la lente construction des représentations en terme « d’âge de l’information » et autres néologismes (Mattelart, 2000).

Mais Castells enrichit la réflexion, parlant de l’informationnalisme de ces mêmes sociétés. Le concept permet ainsi de caractériser une forme spécifique et innovante d’organisation sociale : la création, la collecte, le traitement de l’information y deviennent les sources premières de la productivité et du pouvoir (Castells, 1996, vol. 1, p. 45). C’est la forme nouvelle que prend désormais le « capitalisme informationnel global ». Les réseaux de l‘information, dont Internet est la force motrice, assurent ainsi le passage à cette société nouvelle, dite encore « société en réseaux », ou « galaxie Internet » (Badillo, 2005).

Une version du néo-libéralisme

La résonance de la société de l’information renvoie parallèlement au mouvement de fond des sociétés dites développées qui, à l’entrée dans les années 80, accueillent, avec une ferveur nouvelle, les promoteurs de la dérégulation des télécommunications. Désormais, le marché doit briser les monopoles publics poussiéreux que, fatigués d’un centralisme excessif et de la lenteur de l’attribution du service, les consommateurs eux-mêmes appellent à l’ouverture à la concurrence. Le contexte est celui de la multiplication des réseaux, de fragmentation des usages et d’internationalisation croissante.

L’ordre économique mondial est déjà en train de se restructurer : G5, G7, enfin G8, poussent toujours plus à la libéralisation des échanges, aux ajustements structurels, à la flexibilité des entreprises et à la fluidité des réseaux. La Grande-Bretagne amorce alors ce virage « civilisationnel » dès 1984, privatisant British Telecom avec des résultats rapidement bénéficiaires, sans licenciement, ni discontinuité du service en zone rurale. Aux États-Unis, AT&T est démantelé en sept compagnies régionales, dopant les entreprises d’un secteur jugé stratégique.

La France réagit plus tardivement, alors que le rapport Nora-Minc de 1976 envisageait déjà de préparer le pays à « l’informatisation de la société ». On y avait alors parlé de crise de « civilisation », née du conflit entre valeurs traditionnelles et développement industriel et urbain, que dépasseraient bientôt usages généralisés des technologies de l’information et de la communication et restructurations industrielles des télécommunications. Mais même si le réseau de transmission de données Transpac était cité, même si, ensuite, Louis Mexandeau, ministre socialiste des PTT, avait déjà jugée insuffisante l’émulation provoquée par une première distinction entre un service public des Postes et un service public des Télécommunications, il ne s’agissait pas alors de dérégulation libérale. On avait seulement parlé de réattribuer la gestion du bureaucratique ministère des Postes, Télégraphes et Télécommunications à une société d’économie mixte, pour « faciliter la commercialisation » et garantir la rentabilité du secteur (Mattelart, Mattelart et Delcourt, 1983 : 78).

Mais quelques années plus tard, pour la Commision européenne, Jacques Delors, tout socialiste qu’il se présente et, parallèlement, président de ladite Commission européenne, entend alors bien réaliser un pharaonique marché européen à l’horizon 1992, qui suppose la remise à plat de tous les monopoles, règlementations et autres barrières à l’entrée de la concurrence, dans tous les secteurs. L’objectif est double : favoriser le consommateur par des tarifs d’accès toujours plus avantageux et doper les entreprises dans les secteurs les plus stratégiques de la communication mondiale. Cela signifie clairement briser les monopoles et renforcer la compétitivité par l’innovation. Le Livre vert de 1987 l’envisage clairement, érigeant les réseaux télématiques comme moteurs de la construction du marché unique et de la société de l’information. En 1989, la Directive sur la Télévision sans frontières ouvre parallèlement à un marché commun de la radiodiffusion, notamment par satellite et par câble, concédant juste la possibilité pour chaque pays de définir sa propre politique de quotas.

Depuis, la dérégulation s’est installée dans la perspective néo-libérale, dans l’acceptation d’une généralisation des modèles de la publicité, du marketing et des relations publiques généralisées. Dans ce cadre, la communication est, de fait, définie comme un dispositif devant faciliter la mise en acceptabilité, la naturalisation d’un choix d’une société présentée comme une évidence incontournable. Parallèlement, la figure de « l’individu-consommateur », « libre de ses choix » est promue comme idéal-type.

Elle rejoint la construction du nouvel imaginaire social de « l’individu-citoyen », dont il s’agit désormais d’encourager la créativité que lui ouvre la société de l’information, et les nouvelles formes d’engagement sociétal, dont les principes fondateurs sont réglés sur le mythe de l’auto-organisation et de l’autonomie.

Une version de « l’intrapreneuriat citoyen »

La figure de « l’usager actif », rapidement baptisé entrepreneur de sa propre vie, est devenue aujourd’hui une référence prépondérante. Elle n’est pas sans rappeler l’un des modes d’action privilégiés à partir duquel s’organisent les nouvelles formes d’engagement militant, à savoir un détachement des appartenances collectives traditionnelles au profit de la performance individuelle (Granjon, 2001). Les néo-militants fonctionnent également sur un modèle adhocratique, tout comme les pionniers de l’internet qui se considérent rapidement comme « une communauté d’égaux où le statut de chaun repose essentiellement sur le mérite évalué par les pairs » (Flichy, 1999).

Paradoxalement, la même conviction devient aujourd’hui le point nodal du « nouvel esprit du capitalisme », à la faveur du retournement inattendu de la critique qui lui était adressé, il n’y a qu’un demi-siècle encore, comme le révélent les promoteurs de la sociologie pragmatique à la française (Boltanski, Chiapello, 1999).

Ce retournement s’est opéré en deux temps. Tout d’abord, l’exemple est significatif en France : sur injonction du syndicat patronal CNPF à partir de 1981, il s’est agi de récupérer la construction de l’imaginaire social que les organisations syndicales parvenaient de moins en moins à assurer, pour la mobilisation du citoyen dans la promotion de valeurs sociétales (Le Moënne, 1995), ce qui va bientôt se traduire dans le mythe de la « responsabiité sociale de l’entreprise » (Cabedoche, 2018). Les dirigeants des entreprises privées se sont alors employés ainsi à vanter le rôle moteur que, main invisible oblige, leurs entreprises garantissent aux économies nationales et mondiales, par la valeur qu’elles dégagent et les échanges créatifs qu’elles stimulent et aux individus l’opportunité d’une nouvelle forme de bien-être, avec le dépassement de soi grâce au développement d’une nouvelle forme de capital. Car au-delà des ressources liées aux capital économique, capital culturel et capital social révélés par Bourdieu, une nouvelle forme de capital peut être légitimement espérée, à partir de la propre capacité des salariés et employés à se révéler culturellement flexibles, dans toutes les acceptions du terme. L’absence, ou la présence, de ce « capital de flexibilité » constitue une nouvelle forme de la distinction sociale et de l’entrée dans la mondialisation, irrigant désormais l’ensemble du corps social. Ainsi, « l’intrapreneur », au sens de militant de l’entreprise investi dans la « cité par projet », voire d’auto-entrepreneur, participe de la construction de la nouvelle société contemporaine et moderne. Cette société, dite « liquide », impose à chacun des prises de décision et des changements si rapides que les modes d’action n’ont pas le temps de se figer en habitudes et en routines.

Le « nouvel esprit du capitalisme » s’est ainsi progressivement distillé dans la société tout entière, avec l’avènement dans l’économie des grandeurs de la nouvelle figure de l’homme autonome, polycompétent, mobile, réseauté, profondément investi dans le communauty management, quand la « cité domestique » avait jusque là privilégié mono-expertise, stabilité, fidélité, esprit de propriété, distinction des espaces professionnels et privatifs…

Mieux que l’État et des services publics affaiblis, voire montrés du doigt en tant que secteurs improductifs et facteurs de l’aggravation de la dette publique, le modèle entrepreneurial a ainsi cristallisé les espoirs de la reprise économique et du développement personnel (Floris, 1995, p. 133). Les étapes sont ainsi répertoriées. Les années soixante-dix ont entrepris la construction lyrique d’un imaginaire social sur le mode de la guerre économique. Les années quatre-vint ont vanté l’esprit de conquête pour activer l’élan enthousiaste dans le nouvel El Dorado des marchés internationaux. Les années quatre-vingt-dix ont œuvré à professionnaliser l’autonomie des salariés et le management de celle-ci à partir d’indicateurs quantitatifs et personnalisés – donc « justes » – de l’efficacité à court terme. Le passage au IIIe millénaire a participé de l’ouverture toujours plus grande des espaces d’échange par le biais des projets matriciels et autres cercles de qualité, puis de l’usage généralisé des technologies de l’information et de la communication. Le temps est alors mûr pour proclamer l’avènement de la société de l’information et de l’entreprise-réseau.

Libertés formelles et libertés réelles, rentabilité et éthique, stratégie industrielle et autonomie individuelle sont ainsi réconciliés, dans un contexte de mondialisation croissante qu’il convient d’aborder individuellement, non en état de frilosité, mais porté soi-même par un véritable projet, professionnel, familial et sociétal. Reposant sur le fondement mythique de l’adhésion à partir de la production de signes et symboles tant de distinction que de rassemblement, les normes de la sphère professionnelle capitaliste débordent ainsi, jusqu’à devenir les références dominantes des secteurs mêmes qui voulaient au départ s’en affranchir (Cabedoche, 2014), voire s’en distinguer pour s’y opposer (Le Moënne, 1995, p. 161), jusqu’au plus haut sommet de l’État (Musso, 2008). Ainsi, en s’auto-proclamant dépositaire d’une culture de l’universalité jusqu’à prétendre sublimer l’être dans sa totalité, le modèle entrepreneurial constitue l’achèvement même de cette société de l’information, dont les drivers technologiques (IP, broadband, convergence fixe-mobile…) travaillent à faire « reculer les frontières » et à créer « un champ […] ouvert, celui d’un monde numérique universel et doué d’ubiquité », (Barré, de Laat, Theys, 2007, pp. 259-268).

Dans ce concert de projections utopiques, les sciences de l’information et de la communication ont immédiatement joué leur participation critique, nourrie du rejet de tout déterminisme (à commencer par le déterminisme technologique), érigé comme paradigme de la discipline.

Une naturalisation de l’expression, à discuter

Les acteurs sont aujourd’hui nombreux à partager cette référence à la Société de l’Information. Au point que la représentation est devenue un cadre quasi obligatoire, pour tout discours sur les rapports entre médias, technique et culture (Jeanneret, 2005). Très vite en effet, les sources d’émission se sont multipliées, jusqu’à naturaliser l’expression, dont il convient de retracer la généalogie.

Une recherche généalogique significative du déterminisme technologique

L’un des premiers auteurs à réagir contre la formule est sans aucun doute Armand Mattelart (Mattelart, 2000). L’auteur s’étonne faussement de la coïncidence, dans les années quatre-vingt-dix, de la publication en France des travaux de Manuel Castells, et de la réédition sur le même thème de l’ouvrage de Daniel Bell, prédisant l’entrée dans la société post-industrielle (Bell, 1999), à la suite de ce qu’avait auparavant entrepris le Français Alain Touraine (Touraine, 1969).

Bien que de nombreux néologismes l’aient concurrencée, la référence à la « société de l’information » réunit de nombreux acteurs pour ses différentes vertus totémiques.

Vertu sociologique, d’abord, car le syntagme nominal permet d’annoncer la fin des idéologies (Fukuyama, 1993), la consécration d’un modèle managérial ouvert (Dass, Parker, 1999), l’espérance de rapports sociétaux d’un type nouveau, universels, après une phase préalable d’atomisation du social (Castells, 1999). Même dépourvu des éléments matériels et de la position hiérarchique jusque là associés au leadership sociétal, chacun peut être désormais être acteur de la démocratie électronique, au sein d’une sorte de « socialisme relationnel » (Attali, 1976, p. 236). Après le nouveau christianisme prôné par Saint-Simon, le réseau technique devient la cathédrale laïque de la nouvelle « communauté des égaux », comme le constate Pierre Musso.

Vertu messianique ensuite, car l’expression « société de l’information » ouvre le terrain à de nombreux scénarios d’anticipation, dont peuvent se nourrir, sans grand risque de contestation, experts et consultants de tous poils, dont l’assurance prédictive traduit aussi, souvent, des refoulements inavoués vis-à-vis du savoir académique (Cabedoche, 2018). Parler de « société de l’information » redynamise ainsi une communication pour le développement que les avatars du XXe siècle avaient quelque peu essouflée, notamment autour de la revendication pour un Nouvel Ordre Mondial de l’Information et de la Communication, portée par les pays non-alignés pour l’essentiel dans les années soixante-dix (Cabedoche, 2011). Dorénavant, il ne s’agit plus d’accuser des infrastructures du Nord d’écraser les cultures du Sud, tant les cartographies Nord/Sud se sont rapidement révélées scientifiquement inopérantes pour comprendre les enjeux de la planète. Le réseau des réseaux n’appartenant à personne, Internet se présente ainsi en mesure de résorber rapidement le déséquilibre du flux et reflux d’information entre le Centre et la Périphérie, dont la persistance, provisoire, est à mettre au seul compte de la double défaillance retardataire des entreprises privées et des États dans l’utilisation et la gestion de l’outil (Ngouem, 2007, p. 281).

Un large consensus s’est ainsi progressivement installé, jusque dans les Sommets Mondiaux de la Société de l’Information, organisés par l’UNESCO à Genève (2003) et Tunis (2005), sur le rôle de transformation des économies et des sociétés par les Technologies de l’information et de la communication (Gendreau-Massaloux, 2005). En modifiant fondamentalement les relations gouvernants-gouvernés, les TIC sont érigés en tant que vecteurs d’une nouvelle citoyenneté. En dessinant de nouveaux espaces de créativité et de production économique et culturelles, elles agissent sur les rapports de production et libèrent les initiatives individuelles. Autrefois industrielles, les économies des pays développés sont désormais en mutation vers des économies du savoir. Dans ce contexte où la connaissance devient une richesse inestimable pour les peuples, les TIC favorisent un accès de masse au savoir.

Bientôt, la grille d’analyse gagne les médias dominants, hypothéquant leur compréhension même des « printemps arabes », réduite à l’hypervalorisation du rôle des médias sociaux (Cabedoche, 2013).

La déconstruction de l’appellation objective est cependant immédiate, au sein des sciences de l’information et de la communication. Armand Mattelart en propose ainsi une lecture généalogique, caractéristique du rejet du déterminisme technologique au sein des Sic (Mattelart, 1995).

Une représentation, moins novatrice qu’il n’y paraît

Depuis la réserve qu’avait exprimé Jean-Jacques Rousseau, il s’est agi pour la pensée politique de répondre à la question : comment répéter la démocratie athénienne quand les citoyens sont devenus aussi nombreux et lorsque la dimension territoriale de l’agora passe de la Cité au pays tout entier ? Armand Mattelart repère une première réponse historique, avec l’invention du télégraphe optique par les frères Chappe en 1791. Ouvrant la voie aux utopies contemporaines, cette technologie de l’information et de la communication est immédiatement consacrée dans le discours politique, comme solution pour la « nouvelle ère démocratique ». Cette première option technique a déçu par rapport au projet, l’Armée en ayant aussitôt confisqué l’avantage à son profit. Pour autant, une tradition discursive s’est installée, insistant sur les potentialités de ces technologies de l’information et de la communication, au point qu’Armand Mattelart s’autorise finalement à parler à leur sujet de « l’éternel promesse des paradis de la communication » (Mattelart, 1995). Au milieu du XIXe siècle, le télégraphe électrique en recueille ainsi l’investissement, avant que les églises saint-simoniennes ne consacrent tous les canaux de communication (fluviaux, maritimes, routiers, ferroviaires…) de ce pouvoir de construction à la surface de la planète d’une authentique socété citoyenne. L’Europe est ensuite alertée à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1900 sur les potentialités du cinématographe « contre la pauvreté, l’intolérance et la guerre », développées par exemple par le romancier états-unien Jack London (Banda, Moure, 2008). Désormais, le message gagne toute l’Europe avec les travaux du sociologue écossais Patrick Gueddes (Gueddes, 1915), lequel attribue à l’électricité ce même pouvoir de renouveler le mandat impératif, à partir duquel le représentant du peuple est relié au citoyen qui l’a élu. Et rapidement, le délire utopique s’étend, désignant cette fois le téléphone, le phonographe, la radio … (Mumford 1967-1970), et la télévision (McLuhan, 1964) : chacune de ses innovations technologiques travaille à produire à la fois un changement d’échelle de l’homme dans sa propre vie et de nouvelles conceptions du pouvoir (Carey, 1981), en même temps qu’elles annoncent ensemble la fin des empires pérennes (Innis, 1950).

L’appellation Société de l’information (ou encore Société de la communication, ce qui témoigne du flou constitutif de la notion), est ainsi convoquée depuis ce milieu du XXe siècle. Le mathématicien états-unien Norbert Wiener (1894-1964) est réputé père de la cybernétique et créateur du terme Société de l’information. Les réseaux informatiques se présentent alors comme autant d’opportunités pour éviter que la Barbarie, que l’Europe vient de vivre, ne se reproduise. Albert Arnold Gore Jr est ensuite reconnu pour avoir préparé les dirigeants poliitques des pays les plus puissants à s’engager sur les « autoroutes de l’information » en 1992. Armand Mattelart boucle ainsi sa recherche généalogique avec Manuel Castells et l’avènement de la « nouvelle ère de l’information », qui aurait succédé à l’ère industrielle, une référence supposée plus pertinente désormais pour penser le changement social.

En 2003, puis 2005, l’UNESCO consacre à son tour le terme. Depuis son acte de naissance, l’institution internationale avait déjà investi la radio, le cinéma et la télévision en tant que ressources, pour enraciner profondément le respect mutuel des peuples dans le monde. Une meilleure compréhension était en effet attendue entre les peuples à partir de la présentation de leurs qualités communes dans les médias (Wilson, 1947, p. 286). Près de soixante ans après, l’UNESCO consacre, avec l’IUT, le sommet mondial à Genève en 2003, puis à Tunis en 2005 sous le titre La société de l’information, sans aucun point d’interrogation à la fin du groupement nominal. À partir de cette reconnaissance, l’UNESCO semble confirmer la convergence entre Citoyenneté, Globalisation et Communication, invitant les représentants des états, aussi bien que les organisations non-gouvernementales et les firmes transnationales, à se comporter en acteurs dynamiques de cette nouvelle ère (Cabedoche, 2012).

Mais sur le plan théorique, la référence à la société de l’information se présente profondément discutable et de fait, radicalement discutée au sein des sciences de l’information et de la communication.

Une distanciation installée au sein des SIC

Parmi les auteurs critiques et travaillant depuis longtemps sur la métaphore du réseau, Pierre Musso pointe d’abord le déterminisme technologique de la référence chez Castells, même si ce dernier s’en défend. Ce déterminisme constitue en effet la clé du syllogisme auquel renvoie l’annonce de « l’ère de la société de l’information » : Castells annonce en effet une multitude de changements, conséquences mécaniques des effets du réseau. Alors qu’il le désigne comme la structure matérielle et culturelle du capitalisme informationnel, le réseau est défini de façon si minimaliste par l’auteur qu’il devient un vaste fourre-tout (une vingtaine de sens différents s’attachent au mot « réseau ») : la connexion est ainsi si faible qu’elle peut finalement s’appliquer à n’importe quel objet (Musso, 2003). Et si Pierre Musso prend en considération cette représentation en réseau chez Saint-Simon, le chercheur dénonce par contre une dégradation pédagogico-commerciale d’un concept à l’origine structurant, en techno-utopie : la mise en réseau généralisé du social chez Castells est ainsi fétichisé et fait écho à la fluidification du social imaginé par la cyberculture, grâce à la digitalisation numérique.

La dénonciation d’Yves Jeanneret, est également sans appel (Jenneret, 2005). L’auteur s’étonne : pourquoi définir une « nouvelle ère de l’information », quand de toutes dates, les sociétés humaines ont reposé sur des systèmes de gestion de l’information ? Or, comme l’ont parallèlement rappelé Gaëtan Tremblay et Bernard Miège (Miège, Tremblay, 1998), si toute vie sociale présuppose l’existence et le fonctionnement de systèmes de communication complexes, on ne peut conclure que tout est communication, on doit au contraire estimer qu’on ne peut rendre compte de la complexité sociale à partir de la seule communication.

La confusion est confortable : l’ambigüité de l’expression société de l’information permet de ne pas aborder la question des intérêts, des logiques d’acteurs, des valeurs en jeu, des rapports de domination. Le retour incessant des mêmes métaphores, celle de la transparence et celle du réseau, masque le rôle des médiations historiques et sociales et l’hétérogénéité considérable des praticiens et des pouvoirs en jeu. La confusion commence avec le recours même à la notion d’ « information », laquelle, en soi, masque la nature du lien entre signes, objets et pratiques. Elle gomme l’écart qu’il peut y avoir enre la rationalité technique des systèmes et le sens pratique de médiation sociale. Yves Jeanneret rappelle ainsi combien tous les textes préparatoires au Sommet Mondial de la Société de l’Information de Genève, en 2003 et Tunis, en 2005, placent en fait l’industrie informatique en position d’hégémonie, sans avoir jamais à la nommer, grâce au masque de l’appellation objectivante de la « société de l’information ». La supercherie permet ainsi de rassembler aussi bien les adeptes de la libéralisation des marchés que certains fervents défenseurs d’un financement public des équipements, destiné à rattraper la « fracture numérique ». Les débats témoignent ainsi de la fuite constante de leur objet. De quelle information parle-ton ? S’agit-il de l’information du documentaliste, de celle de l’ingénieur, de celle du journaliste ? S’agit-il de discuter les différences entre cultures, les règles d’un espace public international, les usages de l’innovation, les valeurs des produits culturels ?

La critique de Michèle Gendreau-Massaloux (Gendreau-Passaloux, 2005) est de même nature, centrée sur ce SMSI. L’auteure y dénonce le risque de réduire la société de l’information à sa technique, en oubliant les femmes et les hommes qui la composent.… Le plus souvent, la technologie n’est pas maîtrisée et elle ne le sera pas si on ne prend pas garde à éviter les exclusions. Les États ont en cela un rôle crucial à jouer.

Conclusion

Pourfendu aussitôt que créé, depuis l’époque de la convergence des critiques en SIC au milieu de la première décennie du 3e millénaire, le groupement nominal société de l’information n’a pas évolué vers la redéfinition d’un concept structurant, qui aurait réussi à gommer le flou constitutif de ses objets et à dissiper les risques qu’il contenait en soi.

Le premier de ces risques est celui de la réduction du sujet au statut de consommateur atomisé à partir de son désir de décentralisation de l’information déjà repéré il y a plus de trente ans (Mattelart, Mattelart et Delcourt, 1984), correspondant au nouvel esprit du capitalisme (Chiapello, Boltanski, 1999). L’imposture permet de reporter la charge de l’incertitude, de plus en plus tendue au sein des marchés internationaux, sur le facteur humain (Cabedoche, 2014 et 2018).

Le second risque est celui de la réduction des sociétés humaines à une supposée « communauté des égaux », par ailleurs totalement déconstruite en SIC (Flichy, 1991, p. 115). La persistance, voire l’aggravation, des inégalités de compétence, dans le maniement des outils comme dans la production des discours, poussent à proposer une nouvelle définition de la fracture numérique (Cabedoche, 2017). Celle-ci s’éloigne de la question de l’accès, comme l’avaient définie les théories diffusionnistes du XXe siècle, sachant que même l’acquisition des compétences techniques ne fait pas tout, sans l’appropriation des codes culturels, représentations sociales et catégories de pensée qui prédominent dans les milieux où, précisément, ces TIC sont investies.

Le troisième risque est celui de l’aggravation du simplisme de nombreuses lectures journalistiques, comme lorsqu’il s’était agi d’analyser les dynamiques des printemps arabes (Cabedoche, 2013), réduites aux illusions du net, comme les avaient pourtant déjà dénoncées Evgueny Morozov (Morozov, 2011). Loin de correspondre à des ouvertures en faveur de la démocratie, les « révolutions Facebook » peuvent aussi témoigner de perversions du jeu électoral avec l’extraction clandestine des données personnelles, comme il vient par exemple d’être révélé avec l’affaire Cambridge Analytica.

Le dernier risque est celui que les critiques contemporaines de l’action des GAFAMA (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, Ali Baba) font courir aux économies et aux sécurités nationales, derrière l’illusion du « village global ». Comme le rappelait Michèle Gendreau-Massaloux en 2005, les États ont encore un rôle crucial à jouer. C’est d’ailleurs autour de ce questionnement que nous avons lancé une action recherche au sein de notre laboratoire Gresec dans le cadre de notre actuel contrat quinquennal, relative au thème Action publique et diversité culturelle, à partir des terrains croisés de la Pologne, la France, le Burkina Faso, le Québec et la Tunisie, auxquels l’Université d’Agadir pourrait ajouter sa contribution.



Références bibliographiques

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Pour citer cette article

, "Les vieilles fausses barbes de la « société de l’information », à travers le regard critique des Sciences de l’Information et de la Communication", REFSICOM [en ligne], Varia, mis en ligne le 23 novembre 2018, consulté le 17 December 2018. URL: http://www.refsicom.org/401