L’identité à l’ère du numérique : Une construction négociée entre identité attribuée et identité revendiquée

Résumés

Nous proposons dans cette contribution de comparer le mode d’expression et de traitement de la question de l’identité tunisienne dans les médias classiques (TV) et les médias numériques (Facebook). Notre analyse de contenu permet d’observer une négociation permanente entre une identité attribuée (officielle, héritée et défendue par les médias classiques) et une identité revendiquée (en construction et en interaction permanentes, assumée et défendue sur les réseaux sociaux et dans le quotidien).
Mots-clés : expression et revendication identitaires, médias classiques et médias numériques, transition politique.
This paper tries to shed the light on the expression mode of the Tunisian identity in the classic media (e.g. television) and the digital media (e.g. Facebook). It mainly clarifies the treatment differences among the two media. The analysis of theses contents allows us to observe a permanent negotiation between an attributed identity (official, inherited and defended by the classical media) and a claimed identity (in constant construction and interaction, assumed and defended on Facebook and in everyday life).

Texte intégral

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La généralisation, depuis quelques années d’internet dans les pays du sud, a entraîné une sorte de banalisation et de routinisation de l’utilisation des outils numériques et des médias sociaux numériques. Cette généralisation s’est accompagnée par une diversification progressive des usages notamment chez les jeunes permettant la mise en place de nouvelles pratiques langagières, de nouvelles formes d’expression, d’actions de revendication et de nouvelles pratiques qui se construisent en traditions ou modèles d’action, de comportement. Plusieurs recherches sur les médias et les réseaux sociaux numériques (usages, appropriation) indiquent la part grandissante de l’expression identitaire dans les sites et plateformes et ceci sous diverses formes : générationnelle, revendicative, genrée, militante ou minoritaire. Plusieurs de ces travaux soulignent l’importance des médias sociaux numériques comme support privilégié pour la mise en scène de soi, la monstration de son capital et de son réseau social, la mise en avant d’une culture minoritaire et la défense de valeurs régionales ou nationales. Depuis 2011, les médias et les réseaux sociaux numériques sont aussi étudiés et envisagés comme moyen d’engagement citoyen (Lecomte 2011, Touati 2013 et 2012) et d’expression identitaire. Ce rôle est renforcé dans les contextes de bouleversements sociopolitiques ou en phase de transition. Internet y représente l’un des principaux vecteurs d’expression disponibles pour les anonymes exclus des médias classiques. Il permet l’inclusion d’intervenants habituellement écartés de la participation, du débat et des médias (Wocjik, 2011). C’est le cas en Tunisie, terrain pendant plusieurs décennies d’un régime autoritaire et qui vit depuis 2011 au rythme d’une phase de transition mouvementée. C’est dans ce contexte que nous nous sommes intéressée aux relations entre processus symbolique, médiatique, social et politique et reconfiguration/reconstruction identitaire en Tunisie.

Les identités « sont l’objet de permanentes interprétations et réinterprétations, à la fois de la part de ceux qui les assument, de la part de ceux qui les adoptent et de la part de ceux qui les rejettent » (OLLIVIER, 2004, p.8). Ces interprétations/réinterprétations se font au quotidien consciemment et inconsciemment, et de façon permanente en période d’instabilité et de crise. En se référant aux bases de l’interactionnisme symbolique, nous envisageons l’identité comme un processus et non comme une substance. C’est un processus  évolutif qui s’exprime et se construit dans les interactions entre les individus et entre l’individu et son environnement (Goffman, 1974). G.H. Mead prouvait déjà dans « L’Esprit, le soi et la société »[1]MEAD, G.H., L’Esprit, le soi et la société, Paris, PUF, 1963., l’importance du jeu des relations interpersonnelles (situations de face-à-face entrainant échanges de symboles et d’images) dans la constitution des identités et leur évolution. Ainsi ces interprétations/réinterprétations se construisent dans les interactions sociales, dans les échanges, dans les attitudes et ce qui en découle comme représentations sociales. Il ne faut pas s’arrêter à la lecture de G.H. Mead qui se concentre sur les interactions en situation de face-à face (fondamentale dans l’interactionnisme symbolique) et qui nous priverait d’une perspective plus large englobant d’autres intervenants et d’autres situations plus proches de la réalité des échanges et des discours aujourd’hui,  En effet, l’appréhension de l’évolution de l’identité est plus pertinente en étant abordée dans un cadre plus large englobant l’histoire, les conflits et les crises politiques, ainsi que les discours et pratiques médiatiques aujourd’hui omniprésents. C’est dans ce cadre multidimensionnel que nous envisageons la reconfiguration identitaire en Tunisie. Le processus identitaire se fait et évolue aussi à la en fonction des crises politiques et des pratiques et discours médiatiques. Les discours des médias classiques contribuent au façonnement des représentations et des identités. Les usages des médias sociaux numériques transforment les représentations et les liens sociaux, questionnent la construction des identités et en multiplient les supports d’expression. La prise en compte du rôle des médias classiques et des apports des médias sociaux numériques constitue un premier élément de cadrage de notre recherche. A ce cadre médiatique, vient s’ajouter un cadrage temporel et contextuel qui s’exprime dans le contexte d’instabilité et d’incertitude causées par la phase de transition politique.

Cette période, post 2011 est marquée, en autres, par une forte instabilité politique et économique et une crise identitaire et culturelle qui ont accompagné la réflexion sur le renouvellement des institutions et de la Constitution. La prise en compte de cette phase s’impose étant donné l’étroite relation entre les périodes de crise et les questionnements identitaires. Intimement liées aux systèmes culturels, à leurs transformations et à ce qui s’en est transmis et continue à se transmettre, les identités collectives sont affectées par les bouleversements socioculturels (OLLIVIER, 2004, p.9). Ainsi le contexte de transition politique est généralement propice aux questionnements identitaires et à la réflexion sur des notions comme la nation, la culture nationale ou l’identité nationale.

Ainsi, nous nous attacherons dans cette contribution à cerner l’apport des médias sociaux numériques dans le traitement des questions identitaires en pointant les interactions de différents niveaux entre médias classiques et médias numériques. Ceci en prenant en compte les spécificités de la phase de transition et ses conséquences sur le débat autour de l’identité tunisienne et les processus de négociation symbolique qu’elle implique.

Cette contribution se fonde sur les résultats d’une recherche menée entre 2014 et janvier 2016. Après la définition des concepts, la première phase a consisté en une veille médiatique et web accompagnée d’observation participante sur Facebook. La veille web concerne une trentaine de profils Facebook d’internautes tunisiens des deux sexes âgés de 18 à 76 ans[2]Les internautes des deux sexes sont âgés de 17 à 76 ans. Le corpus comporte les comptes de jeunes étudiants, d’avocats, d’universitaires, de .... Le choix de Facebook s’imposait puisqu’il s’agit de la plateforme la plus utilisée par les Tunisiens. En effet, au 1er janvier 2016, 5,2 millions de Tunisiens étaient des utilisateurs de ce réseau numérique donc près de la moitié de la population[3]Selon Medianet : la Tunisie est le 6ème pays africain en nombre d’utilisateurs et le 1er proportionnellement à sa population. 58% des .... Par ailleurs, travaillant depuis environ cinq ans sur l’évolution des usages de Facebook en Tunisie, nous disposons d’un fonds de comparaison et d’une certaine aisance avec l’outil (Touati 2012, 2013).

La veille médiatique s’est focalisée sur les deux chaînes de télévision tunisiennes Wataniya1 et Nessma, chaînes populaires disposant d’importantes parts d’audience en 2014 et 2015[4]En commençant la recherche, nous nous sommes référés au classement divulgué par Sigma Conseil le 26/01/2015 de l’audience des chaînes de .... La télévision s’est imposée comme le média le plus suivi par les tunisiens qui sont 80% à la regarder quotidiennement. 76% d’entre eux regardent principalement les chaînes tunisiennes et l’écoute se concentre sur le créneau horaire 19h30-23h, créneau principalement réservé aux émissions de débat et aux talk-shows. Nous nous sommes principalement référés aux émissions de débat grand public[5]Nous avons volontairement exclu du corpus l’émission « Notre Maghreb entre authenticité et modernité » diffusée sur Nessma parce que jugée ... diffusées sur ces deux chaînes. Sur l’ensemble de la période, le corpus se compose de vingt numéros de trois émissions de débat sélectionnées sur la base des thématiques traitées en tant que thème principal ou en relation avec la présence d’un invité. La presse écrite n’a pas été retenue comme média à étudier étant donné le faible lectorat dont elle dispose en Tunisie et ce malgré la multiplication des titres depuis l’ouverture médiatique post-soulèvement et la diversification des supports, des formats et des contenus. Dans l’analyse de contenu, notre méthodologie (choix du corpus clairement délimité, méthode de recueil des données et d’analyse) s’appuie sur le travail de Laurence Bardin (2003). Nous avons choisi l’analyse thématique, en optant pour un regard qualitatif (ex: représentations, modèles de conduite) et quantitatif (ex : fréquence des thèmes). Nous avons retenu six items : l’amazighité/berbérité/arabité, la place de la femme dans la société, la liberté sexuelle (libre disposition du corps), la place de la religion (liberté de culte, liberté de pratique), les minorités religieuses, les minorités sexuelles.

La seconde phase consiste dans la réalisation de douze entretiens effectués avec des facebookers dont les pages font partie du corpus suivi et analysé[6]Douze entretiens ont été réalisés avec les facebookers parmi la trentaine dont nous suivons les comptes. Parmi les enquêtés 2 sont avocats, 2 .... Nous accordons une part importante à l’analyse des contenus médiatiques et des discours des acteurs parce que nous sommes convaincus que la relation qu’entretiennent les individus avec leur identité et leurs représentations de l’identité collective se saisissent en premier dans le langage (comme dans la situation de face-à-face), dans la terminologie utilisée pour se désigner, pour désigner les autres, pour définir l’époque et la société dans les débats télévisés, dans les commentaires sur les pages Facebook et dans les réponses à nos questions.

Nous commencerons dans une première partie par une brève présentation de la construction historique et politique de l’identité tunisienne pour montrer l’enjeu sociétal qu’elle représente à travers l’instrumentalisation politique dont elle a fait l’objet et préciser ses limites et ses faiblesses en tant qu’identité attribuée et imposée. Nous montrerons comment s’exprime la fragilité et la fluidité de cette identité bricolée et imposée lors de la phase de transition. La deuxième partie sera consacrée à l’étude du rôle des interactions médiatiques et des pratiques numériques dans l’ébranlement de cette identité imposée et l’émergence d’une identité voulue et assumée.

Du bricolage identitaire à la crise de la transition

Avant de présenter les conséquences de la phase de transition sur les questions identitaires en Tunisie, nous proposons un aperçu de la construction historique et politique de l’identité tunisienne. L’histoire récente de la Tunisie, post indépendance, porte la marque de la volonté moderniste de la politique sociétale du Président Bourguiba (1956-1987). La modernisation des institutions, la libération de la femme, la séparation du politique et du religieux (avec l’instauration d’une certaine forme de laïcité) étaient au cœur de l’arsenal législatif mis en place. Parmi les mesures phares : la promulgation du Code du Statut Personnel, la mise en place du planning familial, l’autorisation de l’avortement et la généralisation de l’enseignement. Cette politique de Bourguiba, renforcée par les gouvernements de Ben Ali (1987-2011), a scindé la société en deux. D’un côté, ceux qui y adhéraient et de l’autre ceux qui la jugeaient contraire à la conception de la culture arabo-musulmane et refusaient une forme d’occidentalisation de la société. La construction politique de l’identité tunisienne, pendant les soixante dernières années, s’est articulée autour de l’idée d’une identité nationale lisse et homogène. Les discours politique, médiatique et scolaire s’accordaient sur l’absence de minorité ethnique ou linguistique et de régionalisme. Les différents contextes politiques, les changements des alliances régionales et les changements des configurations géopolitiques ont façonné progressivement, selon les besoins, les contours de cette « Tunisianité ». « Le concept d’identité nationale évolue avec le temps et son sens s’infléchit au gré de l’actualité et des évènements, se succèdent dans le temps trois types distincts de spécificité : une spécificité nationale d’inspiration universelle, une spécificité à coloration nationaliste, une spécificité enfin d’inspiration méditerranéenne » (ABBASSI, 2005, p. 231). Ainsi, jusqu’en 1970, la « Tunisianité » reconnaît des apports historiques et civilisationnels successifs. De 1970 à 1987, le discours se focalise sur l’espace national et mobilise l’Islam pour justifier les mesures législatives avant-gardistes de Bourguiba. A partir de 1987, on met l’accent sur l’appartenance historique de la Tunisie à la Méditerranée (Abbassi, 2005). Ces trois conceptions successives se complètent pour composer la « Tunisianité ». Ce bricolage identitaire a été institutionnalisé politiquement, médiatisé et véhiculé dans l’imaginaire social collectif. La correspondance entre cette « Tunisianité » et la notion d’identité dans les manuels scolaires (Abbassi, 2009), témoigne de la volonté politique d’imprégner les jeunes générations d’une même conception identitaire attribuée et imposée.

Les contenus scolaires complétés par les discours médiatiques et politiques constituaient la base du référentiel culturel et de l’imaginaire social fondateur de cette identité. Tout au long de cette période persistera une forme de résistance sous-jacente à cette identité imposée. En effet, dans les différentes enquêtes du ministère des Affaires Culturelles, les Tunisiens se perçoivent d’abord comme arabes. Les dimensions méditerranéenne et africaine sont minoritaires (ABBASSI, 2009 p. 129). Dans la population, l’Arabité et l’Islamité sont évoquées en tant que référents identitaires dominants et ce malgré l’arsenal médiatique et scolaire mobilisé pour uniformiser la représentation de l’identité.

Cette construction bricolée de l’identité tunisienne s’est imposée aux élites mais a été inconsciemment et silencieusement rejetée par la population. Ainsi, « s’il y a adhésion à la fois « passive » (de la part de l’opposition politique) et « active » (de la part de l’élite intellectuelle) à la nouvelle définition de l’identité tunisienne, il en va différemment à l’échelle de la société  dans son ensemble. Celle-ci demeure cantonnée dans son immense majorité, au référent arabo-musulman. Cette situation révèle l’inadéquation entre la construction identitaire des dirigeants et intellectuels et celle du peuple ». (ABBASSI, 2009, p. 130). La « Tunisianité » officiellement diffuse dans la société nous renvoie à l’identité « fluide » chez Daniel Druckman qu’il considère comme très sensible aux changements. Les identités imposées (non choisies), très présentes dans les sociétés autocratiques ne pénètrent pas les groupes et ne sont pas réellement partagées. Elles ne peuvent être durables. La phase de transition que connaît la Tunisie depuis 2011 a mis à l’épreuve cette identité attribuée/imposée et en a montré les limites.

En effet, dans l’anarchie politico-médiatique, caractéristique de cette phase et face aux grands défis démocratique et institutionnel, émergent des questionnements d’ordre identitaire et culturel qui vont de pair avec la réflexion sur la nouvelle Constitution et l’aspect des futures institutions politiques. Les questionnements actuels rappellent étrangement le débat sur l’identité qui a animé la société entre 1956 et 1959[7]Sur ce débat, Cf. D. Abbassi 2005., chose qui prouve et confirme la fragilité des identités attribuées, non choisies.

Les deux phases de transition de 1956 et de 2011 ont, à plus de soixante ans d’intervalle, posé le débat sur la définition de l’identité tunisienne. En 1956, la presse écrite avait été le terrain principal de ce débat alors que depuis 2011, télévision et Facebook sont les principaux supports de ces questionnements.

De l’identité attribuée à l’identité revendiquée : une construction négociée dans les médias

Les thèmes de l’identité, de la place de la religion dans la nouvelle constitution, du rapport entre le religieux et le politique, de l’application ou non de la loi islamique, du port du voile intégral (le niqab) ou encore de la polygamie, occupent la scène sociale politique et médiatique en Tunisie depuis 2011. Nous y observons clairement une opposition entre deux tendances idéologiques et deux conceptions sociétales, culturelles d’une façon générale et de l’identité tunisienne plus particulièrement. La première tendance rejoint la conception de l’identité attribuée, celle de la version officielle, institutionnelle et instrumentalisée par les différents régimes politiques pour maintenir la cohésion sociale et donner l’image d’une société parfaitement harmonieuse sans dissonance de minorité.

La seconde tendance est celle d’une identité revendiquée, portée par différentes catégories de la société, qui diffère par plusieurs aspects de l’identité attribuée. Au cœur de ces différences deux conceptions totalement opposées sur le modèle sociétal à valoriser, sur la place de la religion dans la société et dans la décision politique. Face à l’identité attribuée, celle des Tunisiens arabo-musulmans supposant donc l’arabité et l’islam comme déterminants (le tout saupoudré de l’ancrage méditerranéen), nous distinguons dans la deuxième conception qui tend à s’affirmer, des revendications des berbères amazighs (historiquement les premiers habitants du pays) considérés comme parfaitement assimilés à cette « Tunisianité » lisse et homogène. C’est dans l’analyse du premier item relatif à l’amazighité-arabité, que nous observons donc l’effritement de l’identité attribuée et l’affirmation progressive des composants d’une identité recherchée et revendiquée. Cette image de l’amazighité parfaitement intégrée à la « Tunisianité » au point de s’y dissoudre était tellement admise et véhiculée dans les représentations et les discours, les programmes scolaires, que même les travaux universitaires et les recherches ne prenaient pas en compte cette composante culturelle et identitaire des Tunisiens. Plusieurs recherches limitaient cette présence à quelques villages à Matmata et Djerba (SERVIER, 2003)[8]Notons, toutefois, que les historiens du laboratoire « Régions et patrimoine » de la faculté de la Manouba à Tunis, s’intéressent depuis .... Comparé aux autres pays de la région, « la dimension berbère ne pose aucun problème, la berbérophonie étant résiduelle (…), il s’agit pour la Tunisie « seulement » d’un problème de reconnaissance des origines, sans incidence sur le présent » (ABROUS et CLAUDOT-HAWAD, 2002). Le gommage, dans et par le discours politique officiel, de cette dimension identitaire en a fait un trait marginal comparé à l’arabité ou à l’islamité. Cette revendication précédait la phase de transition mais ses militants n’avaient pas accès aux médias classiques. Le développement des usages numériques fait connaître cette revendication. La crédibilité de Facebook (depuis 2011) et sa forte pénétration dans la société ont donné du poids à ce trait culturel et identitaire. La phase de transition est, en effet, marquée par l’apparition de plusieurs associations de défense de l’amazighité comme trait de la « Tunisianité »[9]Nous citons, entre autres, l’Association Tunisienne pour la Culture Amazighe (ATCA) fondée en juillet 2011, L’association Amazighe de Djerba, .... La visibilité de ces associations a été d’abord assurée par la création de pages sur Facebook en plus des pages gérées par les militants en Tunisie et parmi la diaspora. Par ailleurs, les premiers « Je ne suis pas Arabe » apparaissent sur Facebook avant de se déplacer dans le débat public notamment par la diffusion d’une première émission sur « Les Amazighs de Tunisie » sur la chaîne Ettounsiya[10]Le reportage a été diffusé le 2 novembre 2012. avant d’être traiter par les chaînes retenues dans notre corpus. Il s’agit, en effet, d’un thème périphérique traité à l’occasion de questions plus larges et en raison de l’actualité politique. La chaîne privée Nessma y consacre une partie de deux émissions mais n’en fait pas un thème central, le ton de l’animateur est neutre et le sujet n’est pas considéré comme polémique en raison de l’absence de revendications politiques ou séparatistes. Dans la semaine qui suit sa diffusion, la première émission sur Ettounisya entraîne une dizaine de publications sur les comptes que nous suivons et certains de nos enquêtés découvrent pour la première fois l’existence de ce débat, la présence d’associations amazighes reconnues et surtout qu’il ne s’agit pas d’une minorité insignifiante au point de se fondre et de disparaître dans la mosaïque de la « Tunisianité » bricolée, attribuée et diffusée.

Ne pouvant dans cette contribution, présenter de façon détaillée toutes les questions que soulève la seconde tendance sociétale, nous présenterons  brièvement les points les plus significatifs en termes de nouveauté et de polémique. Nous distinguons dans cette deuxième conception l’expression de régionalismes forts longtemps gommés dans le discours politique, ceci en plus des minorités religieuses qui ne se reconnaissent pas dans l’islamité sous-entendue dans la « Tunisianité ». Nous relevons aussi des revendications de liberté de la pratique religieuse chez des musulmans qui s’affichent comme non pratiquants ne respectant pas l’obligation du jeûne par exemple ou encore des revendications du droit à la libre disposition du corps pour les femmes (également sur Facebook) notamment à travers la mise en scène sur internet de corps féminins nus. Ces derniers points sont posés et débattus en premier sur Facebook avant d’arriver sur la scène publique et à la télévision. Il y a une certaine correspondance en termes de temporalité de traitement de ces problématiques. Les ressemblances entre les deux types de supports s’arrêtent à ces deux dimensions : intérêt pour les thématiques et temporalité. Les différences sont plus importantes et plus nombreuses. Comme pour le traitement de la question de l’amazighité très discutée sur Facebook et peu présente à la télévision, les items relatifs aux revendications des minorités religieuses et sexuelles ont le même sort.

La question des Tunisiens musulmans qui s’affranchissent des obligations religieuses telles que le jeûne est traitée de façon anecdotique et est dictée par l’actualité numérique et la polémique lancée sur Facebook et qui s’est déplacée par la suite dans les médias classiques suite à la création d’une page Facebook de non-jeûneurs[11] « Photos prises durant Ramadhan chmeta fi Adel Almi » page Facebook créée le 9/07/2013 à l’occasion du Ramadan mois de jeune pour les .... Ce mouvement contestataire sur Facebook, n’avait été traité à la télévision que de manière très superficielle à l’occasion de discussions plus générales. Le droit à la liberté religieuse n’a pas été questionné ou confirmé en tant que tel. Il s’agissait plutôt de se moquer du débat lancé sur Facebook et d’en montrer la légèreté tout en pointant la superficialité de ceux qui s’en revendiquaient[12]A ce propos, Cf. Mezrioui Racha, « Mise en scène de « la transgression religieuse » à travers la page Facebook « Photos prises durant le mois .... Le débat sur les minorités religieuses (leur nombre, nature, types de croyances, pratiques…) est lancé sur la chaîne privée Hannibal (hors corpus) qui a consacré une émission à certaines religions minoritaires et peu connues des tunisiens (religion juive, bahaiie, ibadite…). Le débat s’installe sur Facebook. Les facebookers commentent l’émission, postent des définitions de ces religions et partagent des liens de sites spécialisés. Contrairement au ton politiquement correct à la télévision, certaines publications sont virulentes et très critiques sur Facebook ne tolérant pas la présence de cette diversité religieuse.

D’une façon générale, les contenus analysés des deux chaînes de télévision tendent vers une unicité de l’identité tunisienne. Elle n’est envisagée qu’au singulier, le pluriel n’apparaît pas dans les discours des animateurs et de leurs invités. L’identité y est systématiquement envisagée en reprenant les symboles et les caractéristiques de l’identité attribuée précédemment présentés : islam, arabité, homogénéité de la population, valeurs traditionalistes et ancrage méditerranéen. Ceci même dans les occurrences traitant de l’amazighité puisqu’elle est perçue comme dissoute dans la « Tunisianité ». Nous relevons environ une dizaine de fois où le problème des minorités se pose de façon centrale ou périphérique. La chaîne privée Nessma accorde plus de temps que Wataniya1 aux problèmes précédemment cités. Elle donne la parole aux représentants des différents camps comme elle offre plus de place aux différences culturelles et cultuelles. Ceci pourrait s’expliquer par la nature privée de la chaîne qui lui laisserait plus de liberté par rapport à la chaîne publique Wataniya1.

A l’opposé, les médias numériques et Facebook particulièrement constituent un lieu de théâtralité où sont mises en scènes des identités plurielles. Des liens se tissent, des amitiés se nouent autour de stratégies de monstration de soi. Se montrer, montrer son corps ou le vêtir à outrance, montrer sa désobéissance aux pratiques religieuses sont autant de manières pour affirmer son identité et revendiquer son appartenance à une culture (Mezrioui et Touati, 2015, p. 21). Les internautes suivis ne se revendiquent pas d’une identité mais d’identités multiples qui évoluent dans les interactions et les échanges sur Facebook et dans le quotidien. L’internaute décide de ce qu’il montre, de ce qu’il dévoile de son identité et de ce qu’il défend ou revendique. Grâce à cette identité à la carte, l’internaute s’émancipe de l’identité imposée et attribuée. Les choix de visibilité, de monstration de soi et de mise en scène composent une identité revendiquée qui s’oppose à l’identité attribuée largement présente à la télévision. Facebook permet une confrontation avec l’altérité et met en avant la diversité identitaire. Les internautes enquêtés revendiquent cette identité multiple et ouverte de différentes manières : dans les publications, dans les choix de ce qu’ils partagent, dans les choix de commentaires faits (appréciations, moqueries ou critiques) mais aussi dans les choix de représentations du profil (photo, reprise d’illustrations ou de caricatures). L’affichage identitaire est conscient et inconscient, il s’exprime aussi dans ce que les internautes rejettent, décident de bloquer ou de dénigrer. Les traits identitaires mis en avant débordent du cadre dressé dans les médias classiques. Lors des différents faits marquants de la phase de transition, les positions des internautes sont plus explicites et plus marquées que celles présentes à la télévision. La confrontation entre les différentes tendances politiques et idéologiques est plus marquée sur internet et aurait plus d’écho étant donné les reprises qui en sont faites dans les médias classiques. Ces derniers, et notamment la télévision, se sont à plusieurs reprises saisi des débats sur Facebook pour traiter de la question de l’identité. Facebook dicte en partie l’agenda médiatique et fixe les thèmes d’actualité. Les interactions et les emprunts se font à plusieurs niveaux : entre les deux supports, entre les individus et entre les individus et les supports médiatiques.

Les interactions entre supports médiatiques sont multiples. Dans notre observation, le mouvement se fait le plus souvent de Facebook vers la télévision pour revenir sur Facebook. Le débat est souvent lancé sur Facebook qui inspire une émission de télévision et s’impose à l’actualité (par l’intervention d’hommes politiques ou de représentants de la société civile souhaitant réagir ou se positionner) ; une fois que la télévision s’en soit saisi il entraîne en retour des posts et des publications sur Facebook commentant le traitement fait à la télévision. Les interactions sont souvent circulaires et multidimensionnelles.

Les internautes interrogés sont majoritairement conscients du caractère dynamique, évolutif et multiple de l’identité qu’ils revendiquent. Ils décrivent une forme de négociation, de va et vient entre l’identité attribuée et l’identité revendiquée. Ils ne rejettent pas définitivement et intégralement la conception de l’identité attribuée. Ils y puisent ce qui leur convient, « ce qui est indispensable et fondamental : notre héritage culturel, nos traditions, nos valeurs ». Ils complètent cette sélection avec les composants de l’identité revendiquée « ce qui va avec notre temps, avec ma vision des rôles sociaux ». Aziz déclare « Je suis musulman pratiquant, je fais le jeûne et je suis pour la liberté de choix d’où mon partage de la page des non-jeûneurs. Ma pratique ne nie pas la différence des autres. »

Une autre interviewée qui s’est beaucoup exprimée sur les droits des femmes et qui a souvent relayé les appels à manifester, explique « Je n’ai jamais nié être croyante et pratiquante, çà relève du privé. Le fait que je soutienne la cause des femmes et que je refuse la vision que les islamistes veulent imposer ne m’empêche pas de partager les publications d’une amie voilée très engagée dans le camp adverse ». Plusieurs exemples d’alternances entre les deux conceptions de l’identité, témoignent de cette construction permanente et de cette négociation à l’œuvre consciemment et inconsciemment. En effet, les publications de certains internautes dévoilant des choix idéologiques et des positionnements (par rapport aux items retenus) parfois contradictoires entre eux. Certaines de leurs prises de position relèvent et se justifient par des traits de la « Tunisianité » attribuée et d’autres relèvent de l’identité revendiquée. En fonction des contraintes de la situation, des désirs, des intérêts et des alliances, ils mobilisent l’une ou l’autre des facettes de leur identité multiple. Ceci nous rappelle l’arsenal symbolique et les identités multiples mobilisés par un même individu au gré des situations et des besoins chez Goffman (1974). Il s’agirait d’une identité bricolée qui mûrit au fil des échanges, des lectures et des événements sociopolitiques. La contradiction entre certaines prises de positions est, pendant les entretiens, souvent expliquée par l’évolution du contexte, par la prise de conscience de l’internaute suite à des rencontres, des lectures ou la découverte d’un reportage. C’est le cas par exemple, des publications sur la diversité religieuse de la part d’internautes qui ne considèrent le Tunisien que comme arabo-musulman.

Comme le confirment certains enquêtés, il y a une forme de négociation quotidienne qu’ils ne pensent pas comme telle mais qui se ferait « naturellement, sans anticipation ou calcul ». Hatem, avocat, déclare « On a l’impression de se découvrir et de se construire. C’est bizarre à plus de 40 ans. La question de l’identité s’impose à moi depuis que je vois le pays se diviser, les crises ébranler ce qui paraissait fondamental. » Pour certains, les racines amazighes ou berbères des Tunisiens se limitaient à ce qui était survolé dans les premiers cours d’histoire à l’école mentionnant que amazighs étaient les premiers habitants de la Tunisie). Ils affirment ne s’être interrogés sur la langue amazighe, ses spécificités, ce qui en reste et le pourquoi de cette dissolution des traits culturels que lorsqu’ils ont découvert les échanges sur Facebook. C’est le cas d’Olfa, jeune médecin qui déclare « Je n’ai rien contre la reconnaissance de cette caractéristique culturelle mais sa reconnaissance ne change rien à ma conception de notre identité comme arabo-musulmans. Cà ne change rien à ce que nous sommes majoritairement ». Les mêmes échanges ont amené l’un de ces enquêtés à se renseigner sur des groupes de discussion et à découvrir l’existence d’associations ainsi que l’ancienneté sur la toile de cette question. « Je me rends compte que ce n’est pas un effet de mode. Il s’agit vraiment d’une revendication importante pour ceux qui la portent et qui ont pris des risques sous Ben Ali en soulevant cette question. »

Conclusion

La télévision et les médias classiques tunisiens d’une façon générale, défendent une vision classique de l’identité et renvoient aux composantes identitaires historiques en mobilisant l’imaginaire social collectif. Ils peinent à se détacher du moule de l’identité attribuée. En même temps, Facebook autorise des monstrations de soi, du corps, de la diversité et de la désobéissance qui ne peuvent s’exprimer que sur ce type de supports globaux. La dimension globale, la part de liberté et la représentativité d’une grande part des composantes de la société qu’offre Facebook, et dont disposent les médias sociaux numériques d’une façon générale, expliquent en grande partie la différence de traitement entre médias classiques et médias sociaux numériques. Notre observation et l’analyse de contenu indiquent clairement une part importante de Facebook dans l’expression des revendications identitaires qui permettent la déconstruction/reconstruction des identités. Il y a une différence entre médias classiques et médias sociaux numériques dans les modes de traitement des questions identitaires et dans la conception de/des identités. Les médias classiques affichent une volonté évidente de défendre des identités nationales afin de préserver les cultures nationales (Regourd, 2004) comme c’est le cas des chaînes de télévision tunisiennes qui peinent à s’affranchir de l’identité attribuée. A l’opposé, les médias sociaux numériques contribuent à l’effritement de l’identité fixe et unique, et facilitent la construction/reconstruction d’une identité dynamique qui évolue dans les interactions. L’absence de contrôle et d’agenda politique sur internet ainsi que la grande diversité des profils des internautes permettent de dépasser la posture classique de la défense d’une identité nationale forte. Les interactions ne se limitent pas ici aux interactions en situation de face-à- face comme formulées dans l’interactionnisme symbolique. Elles se font en situation de face-à-face, en situation de communication virtuelle sur Facebook, avec la société ou avec des contenus médiatiques ; interactions symboliques ou effectives qui mobilisent l’histoire personnelle et collective et qui évoluent selon les besoins du moment et en fonction des interlocuteurs. Nous ne concluons nullement à dichotomie entre médias classiques et médias sociaux numériques tant leurs interactions sont permanentes. Les emprunts faits par les médias classiques à ce qui circule sur Facebook sont quotidiens. Facebook devient prescripteur d’une partie de l’actualité et comme ailleurs, dans le monde, il est aussi source pour les journalistes. Les spécificités de la phase de transition et des crises sociopolitiques, la diversité des supports médiatiques et l’ouverture expliquent en grande partie aujourd’hui cette négociation qui se joue dans le quotidien et dans les échanges sur Facebook entre une identité attribuée (historique et rassurante par son ancienneté) et une identité revendiquée qui se détache de certains constituants de l’héritage culturel et politique, ouverte sur l’altérité et acceptant la diversité. Indispensable à l’ordre social, cette négociation symbolique se joue au quotidien en fonction des contextes, des interlocuteurs et des impératifs. Elle permet la continuité de la construction identitaire et le dépassement des phases de crise d’incertitude. Elle évite l’opposition frontale « eux/nous» par un processus dynamique d’inclusion/exclusion des composants et traits des identités attribuée et revendiquée.

Notes   [ + ]

1. MEAD, G.H., L’Esprit, le soi et la société, Paris, PUF, 1963.
2. Les internautes des deux sexes sont âgés de 17 à 76 ans. Le corpus comporte les comptes de jeunes étudiants, d’avocats, d’universitaires, de chômeurs, de médecins et de commerçants. Ils sont originaires des villes de Tunis, Sfax, Sousse et Gabes soit quatre parmi les 5 villes les plus connectées. 10 internautes ont des affiliations politiques ou associatives et deux sont d’anciens syndicalistes.
3. Selon Medianet : la Tunisie est le 6ème pays africain en nombre d’utilisateurs et le 1er proportionnellement à sa population. 58% des utilisateurs sont des hommes et 42% des femmes. Les jeunes sont la tranche d’âge la plus représentée parmi les utilisateurs puisque 68% d’entre eux ont entre 18 et 34 ans. 23% des utilisateurs ont entre 35 et 65 ans et 10% entre 13 et 17 ans.
4. En commençant la recherche, nous nous sommes référés au classement divulgué par Sigma Conseil le 26/01/2015 de l’audience des chaînes de télévision tunisienne pour 2014 et qui donnait Wataniya1 en première place avec 30,8% d’audience, El Hiwar Ettounsi en 2ème position avec 28,9% et Nessma en 3ème position avec 27,3% de parts d’audience. Toutefois le classement réalisé par Sigma Conseil sur l’année 2015 et révélé le 23/01/2016 donne en 1ère position la chaîne El Hiwar Ettounsi (31%), suivi d’Al Wataniya1 (25,5%), Nessma (24,8%), Hannibal TV (12,3%), Wataniya 2 (10,7%). Dans ce classement, nous relevons la disparition, de la chaine Al Jazeera des 10 premières chaines regardées par les Tunisiens (4 chaines étrangères figurent pourtant dans le classement de la 7ème à la 10ème places).
5. Nous avons volontairement exclu du corpus l’émission « Notre Maghreb entre authenticité et modernité » diffusée sur Nessma parce que jugée très élitiste et peu représentative du public tunisien.
6. Douze entretiens ont été réalisés avec les facebookers parmi la trentaine dont nous suivons les comptes. Parmi les enquêtés 2 sont avocats, 2 sont universitaires, 1 médecin, 2 sont en recherche d’emploi et 5 sont étudiants. Il y a 3 femmes sur les 12 enquêtés.
7. Sur ce débat, Cf. D. Abbassi 2005.
8. Notons, toutefois, que les historiens du laboratoire « Régions et patrimoine » de la faculté de la Manouba à Tunis, s’intéressent depuis quelques années aux patrimoines des minorités en y intégrant le patrimoine amazigh.
9. Nous citons, entre autres, l’Association Tunisienne pour la Culture Amazighe (ATCA) fondée en juillet 2011, L’association Amazighe de Djerba, Association Azrou pour la Culture Amazighe, l’Association Tunisienne de la Femme Amazighe « Culture et Communication ». Nous y intégrant également l’Association Tunisienne de Soutien aux Minorités qui prône la diversité et englobe plusieurs causes et minorités (sexuelles, de couleurs, ethniques et linguistiques).
10. Le reportage a été diffusé le 2 novembre 2012.
11.  « Photos prises durant Ramadhan chmeta fi Adel Almi » page Facebook créée le 9/07/2013 à l’occasion du Ramadan mois de jeune pour les musulmans pratiquants. Ell a été lancée en réaction aux propos de Adel Almi président de l’association l’Association Centriste de Sensibilisation et de Réforme, un prédicateur islamiste médiatisé. Ce dernier voulait repérer et filmer les non-jeûneurs afin de les punir. Son idée de prendre en photos les non-jeûneurs et les baigneurs et de publier leurs clichés a été détournée et reprise par les internautes « Fattara » (non jeuneurs). En créant la page pour publier leurs propres photos mangeant, buvant et se baignant pendant la période de jeûne, les facebookers défiaient A. Almi et les islamistes (entre autres le parti au pouvoir à l’époque).
12. A ce propos, Cf. Mezrioui Racha, « Mise en scène de « la transgression religieuse » à travers la page Facebook « Photos prises durant le mois de Ramadhan chmeta di Adel Almi » » in. Mezrioui R et Touati Z, Médias et technologies numériques au sud de la Méditerranée : Constructions identitaires et interculturalités, Paris, l’Harmattan, Coll. Socio-anthropologie des mondes méditerranées, 2015, pp. 91-114. Cf. également Touati Zeineb, «Interactions socio-symboliques et tabous sociaux entre évolution sociopolitique et communication sur internet », in Daghmi, Toumi et Amsidder, Médias et changements : Formes et modalités de l’agir citoyen, L’Hamattan, 2015.


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Pour citer cette article

, "L’identité à l’ère du numérique : Une construction négociée entre identité attribuée et identité revendiquée", REFSICOM [en ligne], L’identité dans tous ses états, 1. Identités et dispositifs numériques, mis en ligne le 16 avril 2017, consulté le 24 November 2017. URL: http://www.refsicom.org/254