Branchements et connexions identitaires : La question des éco-identités entre clôture et ouverture

Résumés

L’auteure présente l’émergence des éco-identités comme étant emblématiques plus généralement des processus identitaires. Elle défend le point de vue selon lequel, pour être comprises, les questions identitaires nécessitent une historicisation et une analyse pluridisciplinaire. Elle revient sur deux grandes perspectives d’analyse, l’identité comme ouverture et l’identité comme clôture.
The author presents the emergence of the eco-identities as being symbolic more generally identical processes. She defends the point of view according to which, to be understood, the identical questions require a historicization and a multidisciplinary analysis. She returns on two big perspectives of analysis, the identity as the opening and the identity as the closing.

Texte intégral

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Depuis la conférence des Nations unies sur l’environnement humain (CNUEH) de Stockholm en 1972 et avec les sommets internationaux de la Terre qui ont suivi (Nairobi, 1982 ; Rio de Janeiro,1992 ; Johannesburg , 2002 ; Rio de Janeiro, 2012), récemment avec la 21ème conférence de l’ONU sur le climat, COP21 de Paris (2015), la COP22 de Marrakech (2016), l’annonce de la COP23 à Bonn en Allemagne organisée par les îles Fidji fin 2017, les agendas 21 des villes, la RSEE des entreprises, les productions audio-visuelles, les écogestes individuels… les initiatives nombreuses, sur des scènes différentes, rendent compte au fil des ans d’un nouveau paysage lié à la responsabilisation écologique d’où émergent de nouvelles formes identitaires que nous qualifions d’éco-identités.  Les éco-identités, parce qu’elles sont représentatives des processus psycho-anthropo-sociaux complexes nommés “identités”, nous semblent être particulièrement intéressantes pour qualifier les processus identitaires du XXIème siècle. Dans notre réflexion, elles constituent en quelque sorte un laboratoire à grande échelle pour l’étude et la compréhension générales des processus identitaires.

Par ailleurs, la notion d’identité connaît un regain d’intérêt depuis quelques années pour de nombreux contemporains, y compris des chercheurs, qui appartiennent à des sociétés différentes.

Nous proposons une réflexion consacrée à l’émergence et à la circulation des éco-identités en revenant sur certains apports nombreux de disciplines variées en SHS, puis en soulignant combien il est pertinent d’historiciser les processus et pratiques étudiés et, enfin, en considérant les dynamiques de ré-assemblages identitaires à l’oeuvre autour de ces questions environnementales particulièrement complexes.

Comment rendre compte des plis et replis identitaires ?

“Chaque science humaine a son espace /…/ chacune déterminée par elle-même, est surdéterminée du dehors”

(Braudel, 1986, 15).

L’identité est une notion qui ne cesse d’être prise et reprise dans et par l’ensemble des disciplines composant les SHS. La notion séduit et tourmente le chercheur (cf. Braudel, 17). Nous faisons le choix de décliner systématiquement au pluriel cette notion afin de rendre compte de la multiplicité de ses usages mais aussi des définitions savantes, ou plus usuelles, qui en sont données.

Dans l’actualité politique et médiatique, les déclarations, les prises de position concernant les questions identitaires -nationales, ethniques, religieuses, culturelles, communautaires, genrées, professionnelles, numériques, etc.- fleurissent sur des scènes et dans des espaces géopolitiques très différents, les chercheurs ne sont pas en reste qui déconstruisent et reconstruisent inlassablement la notion. Nous allons succinctement illustrer ce point.

L’apport des sciences sociales

Du côté des sociologies, le centre de gravité des analyses s’est déplacé depuis une cinquantaine d’années du côté de l’individu et cela est particulièrement net avec le tournant des “nouvelles sociologies”. On note, dans l’actualité des années 2000 en France (notamment Lahire, 2006 ; Kaufmann, 2004 ; Martuccelli, 2002), que la question de l’identité individuelle est fortement travaillée. Le débat portant sur les relations entre individualisme et individualisation est nourri :

« Deux questions /sont constamment abordées : d’une part, ce que l’individualisme fait au lien social et d’autre part, ce que l’irréductible individualité de chaque acteur fait à l’analyse sociologique » [1]http://www.cerlis.eu/wp-content/uploads/2015/10/Seminaire-15-16-Martuccelli-Singly.pdf.

Les chercheurs mettent en avant le couplage de l’identité individuelle comme identité subjective et de l’identité sociale liée aux influences du groupe et du cadre de socialisation en insistant sur ce qu’il nomme les labilités identitaires. L’identité serait devenue plurielle et désignerait des processus associés aux interactions mais aussi aux “épreuves” traversées par l’individu et non pas un état associé à un territoire, à une aire géographique soudée à une ère historique. Les notions d’épreuve, d’expérience sont mises en avant pour rendre compte d’une forme d’ensemble qualifiée de “singularisme” (Martuccelli, 2010) où la “fabrique de l’individu” au travers d’expériences multiples produit aussi le “monde social”. Un autre chercheur, politologue, plutôt critique vis-à-vis de cette notion, forge la notion “d’illusion identitaire” qu’il distingue des stratégies identitaires (Bayart, 1996) ; est posée la question de l’étude des voies vers une “condensation” de fragments latents qui s’agrègent en quelque sorte en forme identitaire.

Or, depuis 2010, ce qui est particulièrement intéressant et un peu troublant, c’est de constater qu’un autre tournant semble être pris sur d’autres scènes que les scènes scientifiques, tournant qui contredit la mise en avant du poids de l’identité individuelle par les chercheurs. Ce tournant, visible sur les scènes médiatiques et politiques (en Europe avec le Brexit, aux États-Unis avec l’élection présidentielle de 2016, en Afrique du Nord avec les incertitudes postérieures aux “printemps arabes”, etc.). Si ce tournant est apparent avec les revendications liées à des “intérêts nationaux”, les identités des “peuples”, “des religions”, il prend à rebours certaines des orientations sociologiques décrites précédemment.

C’est dans un tel contexte historique où les paradoxes de quête identitaires se multiplient qu’émergent les éco-identités accompagnées de vents favorables et de vents contraires. On note que, dans les disciplines des SHS, se constituent des domaines spécifiques avec la sociologie environnementale (Kalaora et Vlassopoulos, 2013), l’anthropologie environnementale (Charvolin, 2003), la communication environnementale (Libaert, 2016), l’histoire environnementale (Delort et Walter, 2001), la philosophie environnementale (Bourg, 2003), l’économie environnementale (Bürgenmeier, 2008), etc.

Les psychologues sociaux ont donc également investi le domaine de l’environnement (Moscovici, 2002 ; Moser et Weiss, 2003 ; Joule et Beauvois, 2014). Ces chercheurs en psychologie soulignent que : “Un objectif de la psychologie environnementale est d’identifier les processus psychosociaux qui régulent et médiatisent la relation de l’individu à l’environnement”. Avec une autre orientation, des psychologues travaillent sur l’identité de lieu avec l’idée que “l’identification aux lieux de vie pouvait être liée à l’identification sociale et à l’estime de soi” (Ghozlane Fleury-Bahi). Ce dernier point nous semble heuristique, car bien souvent, la dynamique éco-identitaire passe par l’appartenance réaffirmée à une forme d’ancrage territorial susceptible de revivifier le lien social local. Dans ce cadre, des actions locales prennent sens face à des espaces mondialisés, ouverts perçus comme source d’évaporation identitaire, un exemple peut être donné autour des actions liées à la mise en place de circuits courts, entre producteurs et consommateurs, traduite dans les catégories d’une transition écologique.

Communication et environnement

Pour les chercheurs en communication, de manière plus générale, la notion d’identité est à la fois intéressante et un peu embarrassante, d’abord parce qu’elle est travaillée dans un ensemble d’autres disciplines relevant des SHS. Ensuite, elle apparaît comme enchâssée dans d’autres questions de communication. Cette notion peut aussi mettre en lumière ce qui fait obstacle à la communication entre groupes sociaux, culturels, entre individus. Elle renvoie à l’idée que la communication, notamment dans une acception interactionniste, est constitutive de cette question identitaire. Certains chercheurs en SIC soulignent volontiers les interrelations entre influences médiatiques, numériques, espace public et constructions identitaires (Lamizet, 2002, 2016 ; Ollivier, 2007). D’autres chercheurs montrent les relations étroites entre formes organisationnelles et communication environnementale (Libaert, 2016), ils s’intéressent à des formes inter organisationnelles qui émergent autour des enjeux environnementaux, ce qui permet à des partenaires hétérogènes (entreprises, pouvoirs publics, société civile, recherche…) de co-concevoir et de co-agir (Bernard, 2011). Les chercheurs sont impliqués dans des thématiques et projets nombreux : mobilités, qualité de l’air et de l’eau, santé environnementale, préservation de la Méditerranée (Bernard et Durampart, 2013), communication et mobilisations environnementales (Libaert et Pierlot, 2015), le greenwashing (Pascual-Epuny, 2016), communication et DD (D’Almeida, 2006), etc.

Constater que la notion d’identités est étudiée par l’ensemble des sciences sociales -qui a par ailleurs pris le tournant écologique en développant des domaines d’études spécialisées- n’épuise pas pour autant les significations ni l’actualité de cette notion. Au fur et à mesure que la notion est définie, clarifiée, elle se charge de nouvelles ambiguïtés et de nouvelles questions. Nous souhaitons mettre en évidence le fait que cette notion, pour les chercheurs, gagne à être historicisée et située culturellement.

L’émergence et la circulation des éco-identités : la fin annoncée d’une période historique anthropocentrée ?

“/…/le temps (court) de l’histoire des hommes carambole désormais le temps (long) de la géologie”

(Bonneuil, 2015, 33).

 Les identités dans lesquelles se reconnaissent les humains ou celles contre lesquelles ils entrent en lutte, à une période historique donnée, fonctionnent à la fois comme marqueurs sociohistoriques et culturels mais aussi comme analyseurs de la période concernée. De ce point de vue, le cas de l’émergence des éco-identités est tout à fait représentatif.

D’un point de vue diachronique, l’identité est un peu une notion fantôme, faisant l’objet de nombreux travestissements, qui s’efface sans disparaître pour autant et réapparaît au gré d’enjeux multiples liés aux mouvements de l’histoire. Cette notion, aux acceptions très variées, lorsqu’elle s’éclipse ou lorsqu’elle s’affirme, nous informe de l’air du temps.

Les identités d’hier ne semblent pas passer jamais totalement, elles reviennent à des moments où les doutes et incertitudes des contemporains s’accumulent et ces identités, au-delà des redéfinitions dont elles font l’objet, apparaissent alors un peu comme “un avenir du passé”. Dans une interview publiée dans le journal Le Monde, en 1985 Fernand Braudel, grand historien des identités de la Méditerrané et de la France, soulignait : “le passé intervient dans le présent, le « brûle » ” [2]En savoir plus sur : http://www.lemonde.fr/societe/article/2007/03/16/l-identite-francaise-selon-fernand-braudel_883988_3224.html#zMhlI9fz5w4h8gfl.99 .... Il considérait également que le présent ne se heurte jamais totalement à ce mur du passé et que l’espérance des hommes parvient à le franchir (Braudel, 1959, 314). Le grand médiéviste contemporain, Patrick Boucheron, Professeur au Collège de France, quant à lui, critique « l’idéologie identitaire » et considère que  « la recherche de l’identité est contraire à l’idée même d’histoire »[3]Cf. LE MONDE CULTURE ET IDEES | 24.09.2015 à 10h52 • Mis à jour le 24.09.2015 à 16h07 | Propos recueillis par Anne Chemin. En savoir plus sur : .... Autant dire que chez les historiens également la notion d’identité ne fait pas évidence.

Nous défendons l’hypothèse que, lorsque cette notion revient sur le devant de la scène médiatique, politique, scientifique, cette résurgence constitue aussi un marqueur qui renvoie à des enjeux forts du moment socio-historique. L’intérêt qui est porté à la notion dans telle ou telle aire culturelle, géopolitique, dans tel ou tel groupe social à un moment donné peut revêtir des enjeux très différents pour ceux qui la mobilisent.

Naturalisme et Anthropocène

En acceptant l’hypothèse de l’historicité et celle des pics d’effacement et de résurgence de la préoccupation identitaire, nous souhaitons nous centrer sur le cas de l’émergence d’une culture de l’écoresponsabilité comme composante identitaire contemporaine. Nous l’avons déjà souligné, certaines thématiques, identités nationales et religieuses par exemple, ont une histoire longue et souvent tumultueuse que nous ne reprendrons pas dans notre réflexion. En première approche, les éco-identités, formes identitaires émergentes, semblent en référer moins que ces autres identités -nationales ou religieuses- à des identités du passé. Cependant, des auteurs, majeurs en histoire et en anthropologie, nous montrent que les questions de l’histoire, de l’histoire des cultures ne sont pas indifférentes à la question écologique. Il nous semble important d’accorder une place particulière à l’anthropologue Philippe Descola, Professeur au Collègue de France, pour ses travaux consacrés à l’anthropologie de la nature. Ce chercheur montre comment la question des continuités et discontinuités entre l’espèce humaine et les autres espèces vivantes “non humaines” a fait, et continue à faire, l’objet d’agencements différents, à l’échelle de l’histoire des cultures humaines, qu’il catégorise en quatre ontologies. Sa contribution est essentielle, elle permet de comprendre que l’invention de la “nature” dans la philosophie occidentale (ontologie naturaliste) est fondée sur le projet inlassablement reconduit depuis la “modernité” de démarcation entre humain et non humain d’une part[4]Pour une approche critique, transversale et originale, cf. Bruno Latour (bibliographie complète : http://spire.sciences-po.fr)., et, d’autre part, sur l’argument d’une “intériorité”, d’un “intellect immatériel” qui caractériserait principalement l’humain et le distinguerait des autres espèces. Ces analyses permettent, par extension, de comprendre comment une séparation culture vs nature a pu produire des effets matériels et technologiques, très importants certes, tout en produisant en même temps les conditions d’une destruction de ce qui conduit à cette “production matérielle illimitée”. Celle-ci apparaît ainsi comme une impasse, une menace d’un genre nouveau porteuses d’une destruction générale et définitive pour les humains et non humains.

Ces questions ressaisies depuis les années 70, ont conduit à la formulation d’un nouveau concept, celui d’Anthropocène. En 2000, Crutzen, géochimiste prix Nobel de Chimie en 1995, et Stoermer proposent le terme d’”Anthropocène” pour désigner la nouvelle ère géologique qui serait la nôtre (Crutzen et Stoermer, 2000). Pour leurs auteurs, ce nouvel âge géologique est caractérisé par l’activité humaine qui transforme l’ensemble du système Terre. Cette empreinte humaine, déjà présente au XVIIIème siècle (voire antérieurement), s’est intensifiée dès le XIXème siècle[5]Charles Fourrier avait écrit un texte en 1821 sur la «dégradation matérielle de la planète», accusant le capitalisme industriel naissant.. Il est très intéressant à noter que cette formulation à portée heuristique forte ne vient pas des SHS, elle a été formulée par des scientifiques rattachés aux sciences de la vie et de la terre. L’humain serait donc devenu “la principale force géologique sur la planète” comme l’illustrent deux auteurs, dans un ouvrage de référence sur le thème, un climatologue accompagné d’un journaliste (Lorius et Carpentier, 2011). La notion d’Antropocène fait son chemin, elle est approfondie et débattue. Un autre point important mérite d’être souligné, le concept d’Anthropocène est porteur d’une vision plutôt homogène à l’échelle de l’humanité de la question identitaire, en ce sens que l’Anthropocène concerne l’ensemble de l’humanité et tout ce qui fait “Terre”. Cette vision est assez éloignée de l’idée dominante considérant que les identités plurielles, depuis des siècles, seraient nées de la fragmentation de “l’identité humaine” comme représentation unitaire. Cependant, la vision unitaire de l’Anthropocène a déjà évolué. Par exemple, deux auteurs (Bonneuil et Fressoz, 2013) proposent une relecture de cette notion au regard de l’histoire en déconstruisant la visée généralisatrice de la notion, en montrant les asymétries nombreuses liées aux inégalités géopolitiques, notamment entre pays du Nord et pays du Sud. Ils présentent également la notion d’”humanités environnementales”[6]Cf. http://humanitesenvironnementales.fr/ qui a pour avantage de montrer que les questions de l’environnement sont soudées à toutes les autres questions qui traversent les SHS, y compris aux notions de pouvoir et de domination. Leurs travaux invitent à revenir sur la question des équilibres de développement[7]Dix pays génèrent les 2/3 des émissions de CO2 dues à la consommation d’énergie. La Chine est devenue le plus grand émetteur de gaz à effet ... qui prendraient en compte les enjeux environnementaux au Nord et au Sud, entre zones développées et zones en voie de développement, mais avec l’idée d’une lutte indispensable contre un ensemble d’inégalités, aussi nommées par ailleurs “fractures”, dont les inégalités et fractures environnementales.

Circulation, clôtures et ouvertures

La tension clôture vs ouverture est au coeur des démarches identitaires et les éco-identités n’échappent pas à cette approche. Nous considérons que les questions identitaires s’inscrivent dans des continuums : continuum entre ego-identité et alter-identité, contiunum entre micro, méso, macro et méta identité, continuum entre territorialisation (le local, le proche) et déterritorialisation (l’écologie systémique et les interdépendances entre l’ici et l’ailleurs), continuum entre les temporalités : le présent et le futur. Or, ces continuums sont brisés en discontinuités, soit pour les besoins de l’analyse en recherche, soit pour les besoins d’une clôture stratégique sur les scènes sociales, économiques et politiques. Les processus à l’oeuvre sont définis de manière synthétique par l’anthropologue François Laplantine : fixer, cristalliser une forme identitaire suppose de sélectionner, substantialiser, naturaliser, dés historiciser, et finalement neutraliser la rencontre avec l’autre et réifier l’autre (Laplanche, 1999). Nous retrouvons, au coeur des pensées identitaires, des présupposés contradictoires qui relèvent du différenciateur, du matérialisme, de l’essentialisme, de l’universalisme.

D’autres anthropologues soulignent que les formes sociales à orientation fermée (ou qui tendent vers une fermeture plus marquée), à tendance traditionaliste ou non, ne sont que partiellement ou provisoirement fermées sur le plan discursif et sur le plan de l’organisation sociopolitique, l’homogénéité et la stabilité identitaires sont de fait relatives et précaires (cf. Amselle, 2001[8]Cet auteur a étudié le mouvement identitaire et culturel N’ko en Afrique, il invite aussi à renoncer à la notion, trop ambigue selon lui, de ...). Ces auteurs montrent également que les formes sociales à orientation ouverte ne le sont pas totalement ni radicalement, elles s’organisent plutôt autour d’une identité différenciée qui fonctionne comme “la reconnaissance de l’autre sous le régime de l’identité”, mais elles sont aussi accompagnées de tendances à réduire l’altérité.

Des radicalisations peuvent être observées, par exemple autour du courant de la deep ecology, proposée par Arne Naess en 1973, qui renonce à toute forme d’anthropocentrisme. Certains vont jusqu’à considérer que la planète pourrait se passer de l’humain. “L’écologie profonde” vs “l’écologie superficielle” conduit à la constitution de courants minoritaires radicaux, ceux des “écoguerriers” et de “l’écosophie”. Ainsi autour de la question écologique, on peut observer comment des phénomènes de clôture s’organisent. Ces phénomènes, on les observe également du côté des adeptes des technologies vertes qui défendent l’idée que le progrès n’est pas mort et qu’il va permettre de trouver des solutions relevant de l’ingénierie pour résoudre les problèmes environnementaux. Cet acte de foi dans la technique a pour effet de ne pas questionner certains excès du modèle dominant des techno sciences adossé à l’économie néo libérale et à la financiarisation de l’économie.

D’autres courants sont préoccupés par la question d’une “autolimitation volontaire” qui s’opposerait à l’imaginaire productiviste de la “rationalité illimitée” (cf. Castoriadis, 1975). En France, des penseurs comme André Gortz, à la suite d’Ivan Illich, proposent de développer une pensée sociale et politique (1977, 2015) qui remet en cause l’idéologie du progrès et la dépendance aux marchés et à l’argent tout en réaffirmant l’importance de renouveler la démocratie associée à une nouvelle définition de la culture, pour ce philosophe l’écologie est un “mouvement culturel”.

Ainsi apparaissent dans les sociétés plus ou moins ouvertes ou fermées, des formes identitaires qui se présentent comme des entrelacements entre le même et l’autre, mais selon des agencements qui diffèrent.

La question posée demeure : comment réaliser l’unité dans (malgré) la différence, et comment préserver la différence dans (malgré) l’unité ? Afin d’étudier cette question, les spécialistes de l’information et de la communication observent et problématisent les pratiques de circulation médiatique et socio numérique. Les productions médiatiques (émissions thématiques, documentaires, films, débats TV, etc.) entrent dans l’orchestre des échanges « écologiques », elles croisent, dans des espaces publics partiels ou plus élargis, d’autre contributions, en particulier celles des réseaux sociaux. Des travaux en cours qui ne permettent pas encore de livrer des résultats aboutis montrent que la circulation, en particulier avec les réseaux sociaux, peut produire de l’ouverture et de la clôture. Des contributeurs s’organisent pour défendre certains points de vue en disqualifiant ou non les autres points de vue, tout en appartenant à des cercles très différents. Certains peuvent en effet appartenir à certains cercles de l’écologie politique, d’autres à des lobbyings hostiles à l’environnement, d’autres encore sont membres de « communautés de pratiques spécifiques » organisées en défense de…, défense des oiseaux, défense de la flore, etc. Ainsi à côté des professionnels des médias, nous trouvons des membres de la société civile qui peuvent être très actifs dans ces pratiques de circulation des points de vue, des expériences, des informations.

Les éco-identités, ré assemblages identitaires pour quels imaginaires ?

 “/…/le public /de cinéma – éco fictions/ qui réclame non pas seulement des images mais de l’émotion, ce transport essentiel pour penser l’imaginaire et imaginer la pensée”

(Paquot, 2015, 156)

Pour aborder ces questions, nous donnons un statut de corpus au volumineux ouvrage (1088 pages), le  “Dictionnaire de la pensée écologique” (Bourg & Papaux – dir.) édité en France en 2015 qui a mobilisé 260 auteurs.  Cette publication marque, selon nous, une étape supplémentaire dans l’institutionnalisation d’un modèle de pensée pro environnemental et dans les logiques de circulation des informations, des savoirs, des représentations, des idéologies que nous étudions. Nous situons cette étape dans un parcours de socialisation et de circulation d’une pensée qui se nourrit elle-même de nombreux phénomènes émergents qui conduisent à des révisions continues de cette pensée.

De l’écologie scientifique à l’expérimentation

Ce dictionnaire, co-dirigé par un philosophe de l’environnement réputé, Dominique Bourg et un philosophe du Droit environnemental, Alain Papaux, témoigne d’une épaisseur des thèmes écologiques entre les bornes des recherches, des études, des idéologies et des pratiques. Au fil des 357 entrées, les auteurs traitent d’un ensemble de thèmes liés à la transition écologique : la mobilisation internationale et intergouvernementale de lutte contre le réchauffement climatique,  la prise en compte des enjeux de préservation de l’environnement à différentes échelles territoriales -réchauffement climatique, biodiversité, désertification, produits et déchets toxiques, qualité de l’eau de l’air, pollution et santé, etc.- certain auteurs examinent les effets des informations et discours environnementaux sur les “opinions publiques”. Les idées “écologiques” gagnent du terrain dans les esprits, de manière non linéaire avec des avancées et des reculs et, de ce point de vue, les réseaux sociaux numériques jouent un rôle sensible. La “transition écologique” serait en marche, portée par des collectifs (privés et publics), des institutions qui adhèrent à des valeurs et des actions “écologiques”, des médias et des médias numériques. Elle s’accompagne d’une transfiguration avec la métamorphose de la figure du citoyen en écocitoyen. Les entreprises qui adhèrent (au moins en apparence pour certaines) au Développement Durable (DD) et à la Responsabilité Sociale Environnementale des Entreprises (RSEE) communiquent dans les catégories de leur contribution à la préservation de l’environnement. Les paradoxes restent nombreux, et au-delà, des manquements graves font la une des médias et de la presse. Lanceurs d’alerte, journalistes dénoncent des comportements peu respectueux de déontologie, ne serait-ce que commerciale, et d’éthique, par exemple, avec le récent scandale de tricherie environnementale lié à une marque de voiture qui détient une grande part du marché mondial et qui continue à augmenter ses parts de marché malgré de tels manquements.

L’économie du dictionnaire est particulièrement intéressante en ce sens que les responsables de publication, animés eux aussi par le projet de contribuer à éviter le seuil d’irréversibilité à partir duquel la destruction de la planète Terre et de ses sociétés deviendrait inévitable, proposent des entrées qui se veulent spécifiques à la pensée écologique. Parallèlement, ils proposent une ouverture très largement pluridisciplinaire par les auteurs mobilisés et les paradigmes dans lesquels ils s’inscrivent. Prises ensemble les entrées (357) offrent au lecteur une vision large où est mis en évidence le rôle sensible des organisations et institutions intermédiaires de la sphère privée (associations, entreprises, etc.) et publique (les structures qui organisent les territoires, l’agenda 21).

Ce qui apparaît aussi c’est le tressage entre des approches scientifiques (SVTE et SHS), normatives, techniques, sociopolitiques à la recherche d’une ligne de crête afin d’éviter des effondrements majeurs (environnementaux bien sûr mais aussi sociaux et politiques).

Une orientation est soulignée notamment avec l’entrée nommée “contrat naturel” notion proposée par Michel Serres (1990), présentée et commentée par Alain Papaux dans le dictionnaire. Cette entrée est représentative de ce qui émane d’un ensemble de rubriques, à savoir qu’il convient de déplacer, de ré assembler des notions naturalisées au fil des siècles relevant de la “modernité” couplés aux effets des révolutions industrielles successives. En l’occurrence le rapport entre “l’humain industrieux” et la nature est interrogé dans cet article.

Par ailleurs, Bourg et Papaux évitent le mieux possible de reprendre des catégorisations trop “instituées” dans le champ des sciences sociales, ainsi les notions de culture et d’identité sont absentes en tant que telles.

Les articles consacrés à l’individu, à la communauté et à la communication environnementale retiennent notre attention. Ils montrent dans une lecture comparative, comment quatre niveaux de pensées et d’actions sont mis en relation, le micro, le méso, le macro et méta niveaux.

Ce point est sans doute l’élément le plus sensible de la culture de l’écoresponsabilité qui émerge. Prenons un exemple, l’individu – consommateur qui fait ses courses contribue localement par ses actes quotidiens à orienter les  nuisances environnementales, en acceptant ou non le sac plastique contenant ses achats, sac qui va ensuite devenir inexorablement un déchet bien encombrant (cf. l’annonce médiatisée du “7ème continent” à propos du conglomérat de plastiques dérivant sur l’Océan Pacifique). De manière générale, la circulation des déchets issus de la production ou de la consommation et par exemple des objets connectés numériques, met en lumière les rapports d’asymétrie entre des aires d’hyperconsommation et des aires de sous consommation.

Les questions environnementales, dès lors qu’elles sont traduites en dynamiques identitaires, déplacent et re questionnent de nombreux thèmes et pas des moindres, par exemple celui de la technique avec la perspective des “low tech” (Bihoux, 2014), celui des sciences et des mises en cause des tehnosciences (cf. l’oeuvre de Bruno Latour), celui des énergies de l’après pétrole et de l’après nucléaire, celui de la consommation vers une “consommation durable”, etc. Ce qui est remarquable c’est que toutes ces questions trouvent une traduction, une résonance dans la vie quotidienne, professionnelle et citoyenne de nos contemporains. À la lecture des rubriques, ce dictionnaire présente la fresque d’une pensée qui rend compte des micro et macro évolutions agrégées les unes aux autres et qui tisse ce que nous proposons de nommer “éco-identités”.

Connexions : éco-identités, actions et imaginaires

Les éco-identités nous informent sur les imaginaires à l’oeuvre dans la période qui s’est ouverte depuis les années 70 et qui ont connu un nouvel élan à partir du début des années 90. Pour comprendre et définir la notion d’imaginaire, nous faisons référence à un intellectuel important du XXème siècle, Cornélius Castoriadis. Chez cet auteur, l’imaginaire est défini comme : « création incessante et essentiellement indéterminée /social historique et psychique/ de figures/formes/images à partir desquelles seulement il peut être question de quelque chose » (Castoriadis, 1975, 8). Castoriadis distingue deux imaginaires, premièrement, un “imaginaire institué”, celui qui est lié aux institutions en place, par exemple de ce point de vue, l’entreprise peut être définie comme une institution centrale du capitalisme qui est centrée sur les logiques de production et de consommation en donnant forme à un imaginaire défini comme celui de l’illusion d’une “rationalité illimitée”. Deuxièmement, un “imaginaire instituant”, celui-ci renvoie à la capacité humaine à produire de nouvelles significations et à les organiser de telle sorte qu’elles puissant prendre forme et influencer les pensées et les activités individuelles et collectives. Depuis les années 70, l’imaginaire social historique nous renvoie aux impasses et au mal être de sociétés encombrées par des logiques économistes débordantes qui relèguent en second plan certaines autres questions, pourtant majeures, relevant des rapports à la culture, à la nature et à la démocratie (Bourg et Papaux, 2015 ; Bernard, 2013a). Pour rendre compte des contradictions d’une époque, encore, il semble là encore approprié d’employer au pluriel la notion d’imaginaire. À un moment donné, les imaginaires en présence sont plutôt en tensions et en contradictions. Ils sont reliés à des projets de société bien différents les uns des autres (Libaert & Pierlot, 2015).  On peut aussi analyser ces imaginaires au travers des écofictions (littérature, cinéma). Celles-ci ont souvent deux orientations : catastrophistes ou utopistes (Chelebourg, 2012). La peur, tout comme l’utopie d’ailleurs, peuvent être bien sûr mobilisatrices. Une autre dimension nous semble être tout aussi mobilisatrice, c’est celle de l’action. Les notions d’action, de changements en actes, de comportements écoresponsables sont très présentes dans les analyses et dans les discours. Cependant, il convient de constater que l’actualisation de l’action est plus limitée et que les divers bilans restent plutôt décevants[9]“Dans son rapport Geo-5 (2012), le Programme des Nations unies pour l’environnement dresse un bilan. En vingt ans, sur 90 objectifs, seuls quatre ... au regard des intentions et des déclarations. Des chercheurs en communication se sont centrés sur ces enjeux en proposant le cadre théorique, méthodologique et pratique de la “communication engageante” qui explore les interrelations entre communication, engagement et action (Bernard, 2011). Les chercheurs montrent que l’action est un support important autour duquel s’articlent d’autres questions théoriques et pratiques qui portent sur les relations entre actions, significations et symbolisations. Ces travaux soulignent également que l’imaginaire, associé à une culture de l’écoresponsabilité, est imprégné de l’idée d’empowerment, de la mise en capacitation des acteurs et des populations (Bernard, 2014).

Conclusion : les éco-identités entre évaporation et cristallisation identitaires

Prises ensemble les réflexions, les expérimentations, les expériences diverses et leur circulation dans l’espace public (publications, médias, réseaux sociaux…) tissent la trame d’une culture pro environnementale. Celle-ci favorise l’émergence d’éco-identités définies comme références pour l’action privée, professionnelle et publique, mais aussi pour la définition de soi et dans le rapport à l’autre.

Les éco-identités, comme identités émergentes, sont connectées à d’autres supports identitaires, le rapport d’ouverture ou de fermeture à l’altérité, aux savoirs, à l’action est immanquablement présent. La question des branchements, des interconnexions culturels et identitaires se pose, dans l’acception de Jean-Loup Amselle, à savoir d’un côté une “conception patrimoniale et mémorielle des identités” et de l’autre “une vision interactive et dialogique” (Amselle, 2001, 230). Si, dans l’histoire, la question identitaire peut conduire à la guerre (Martelli, 2016), elle peut aussi favoriser des branchements et dialogues interculturels féconds.

Notes   [ + ]

1. http://www.cerlis.eu/wp-content/uploads/2015/10/Seminaire-15-16-Martuccelli-Singly.pdf
2. En savoir plus sur : http://www.lemonde.fr/societe/article/2007/03/16/l-identite-francaise-selon-fernand-braudel_883988_3224.html#zMhlI9fz5w4h8gfl.99 » ; entretien réalisé par Michel Kajman antérieurement publié dans les colonnes du Monde les 24-25 mars 1985.
3. Cf. LE MONDE CULTURE ET IDEES | 24.09.2015 à 10h52 • Mis à jour le 24.09.2015 à 16h07 | Propos recueillis par Anne Chemin. En savoir plus sur : http://www.lemonde.fr/culture/article/2015/09/24/patrick-boucheron-la-recherche-de-l-identite-est-contraire-a-l-idee-meme-d-histoire_4769834_3246.html#ioRMgwHG0fsSQgp6.99
4. Pour une approche critique, transversale et originale, cf. Bruno Latour (bibliographie complète : http://spire.sciences-po.fr).
5. Charles Fourrier avait écrit un texte en 1821 sur la «dégradation matérielle de la planète», accusant le capitalisme industriel naissant.
6. Cf. http://humanitesenvironnementales.fr/
7. Dix pays génèrent les 2/3 des émissions de CO2 dues à la consommation

d’énergie. La Chine est devenue le plus grand émetteur de gaz à effet de serre du monde, dépassant les Etats-Unis : http://ademe.typepad.fr/files/brochure_perspectives_energetiques_mondiales.pdf

8. Cet auteur a étudié le mouvement identitaire et culturel N’ko en Afrique, il invite aussi à renoncer à la notion, trop ambigue selon lui, de métissage pour privilégier la notion de “branchements”.
9. “Dans son rapport Geo-5 (2012), le Programme des Nations unies pour l’environnement dresse un bilan. En vingt ans, sur 90 objectifs, seuls quatre ont enregistré « des progrès significatifs » : la disparition des molécules portant atteinte à la couche d’ozone, l’élimination du plomb dans les carburants, l’amélioration de l’accès des populations à une eau potable et la promotion de la recherche en matière de lutte contre la pollution marine”.

En savoir plus : http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/06/20/sommets-de-la-terre-des-precedents-decevants_1721568_3234.html#gPv2rzxQaPOqXX45.99



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Pour citer cette article

, "Branchements et connexions identitaires : La question des éco-identités entre clôture et ouverture", REFSICOM [en ligne], L’identité dans tous ses états, 1. Identités et dispositifs numériques, mis en ligne le 16 avril 2017, consulté le 26 September 2017. URL: http://www.refsicom.org/248