Identités numériques volatiles

Résumés

L’évolution technologique des dispositifs d’autopublication suscite un bouleversement majeur tant dans les processus de dévoilement que de désignation identitaires. Nous interrogeons la manière dont les dispositifs d’autopublication ont progressivement évolué d’une capacité réflexive et narrative de l’expérience vécue relevant des techniques de soi vers une véritable dilution des traces de soi dans l’Autre humain dans un flux sans fin. Ensuite, nous analysons en quoi cet axe de techniques de soi, déjà fortement mis à mal, se trouve doublement mis en péril par l’ « Autre non humain » à travers le renforcement de l’axe de la traçabilité qui reconstruit, par algorithme interposé, de nouvelles formes identitaires qui nous échappent.
The technological evolution of self-publishing devices raises a major upheaval both in the process of disclosure of identity that designation. We question how self-publishing systems have gradually developed a reflexive narrative ability and the experience itself falling techniques to real dilution traces of itself in the human Another in an endless stream. Next, we analyze how this axis itself techniques already strongly undermined, is doubly jeopardized by the non-human Other through the strengthening of the axis of traceability which rebuilt by interposed algorithm of new identity forms that escape us.

Texte intégral

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Double basculement identitaire, du dévoilement à la désignation

Après avoir rappelé le caractère transdisciplinaire et protéiforme de l’identité numérique, nous montrerons que l’évolution technologique des dispositifs d’autopublication suscite un bouleversement majeur tant dans les processus de dévoilement que de désignation identitaires. Plus précisément, nous posons l’hypothèse d’un double basculement. D’abord, celui du passage progressif d’une centration sur soi relevant de l’autoréflexivité, de la représentation de soi et des compositions narratives à une décentration vers l’autre, dans l’interaction et la participation collective aux identités numériques plurielles. Ensuite, l’axe autopoiétique des technologies de soi cèderait progressivement la place à celui de désignation et de traçabilité par l’Autre technologique. Dans le contexte numérique, le concept dubarien d’identité pour autrui, résultant des interactions sociales évoluerait vers celui d’identité par et pour le média, construit, entre autres, à travers des algorithmes de recompositions profilaires et de désignation de soi. Nous analyserons la manière dont les dispositifs d’autopublication ont progressivement évolué d’une capacité réflexive et narrative de l’expérience vécue relevant des techniques de soi vers une véritable dilution de traces de soi dans l’Autre humain dans un flux sans fin. Ensuite, nous préciserons en quoi cet axe de techniques de soi, déjà fortement mis à mal, se trouve doublement mis en péril par l’Autre non humain à travers le renforcement de l’axe de la traçabilité qui reconstruit, par algorithme interposé, de nouvelles formes identitaires qui nous échappent.

Cette réflexion s’appuie sur différentes recherches et terrains empiriques menées entre 1998 et 2012 et dont la méthodologie s’inspire des approches sémiopragmatiques et narratologiques[2]Klein A., Les pages personnelles comme nouvelles figures de l’identité contemporaine : analyse narrato-pragmatique des récits de soi sur .... Plus précisément, nous retracerons cette double évolution  à partir de trois terrains de recherche analysés au cours de plusieurs recherches menées entre 1998 et 2012. Le premier terrain porte sur les pages personnelles, le second est centré sur le phénomène de blogging tandis que le dernier est celui du réseau socionumérique le mieux connu de tous, Facebook.

De l’identité à l’identité numérique, un concept transdisciplinaire

Le concept d’identit intéresse les sciences humaines depuis fort longtemps sans parvenir à une définition consensuelle. Et pour cause, puisqu’au-delà de la multiplicité de ses conceptualisations variant d’une discipline à l’autre, d’un courant à l’autre, d’une approche à l’autre, les réalités que le concept recouvre sont elles-mêmes extrêmement différentes. D’ailleurs, souvent accolé à son complément ­- un adjectif qui permet le plus souvent d’en préciser la définition[3]On parle d’identité personnelle, professionnelle, communautaire, culturelle, d’entreprise, nationale, narrative, numérique, …- le concept d’identité est par ailleurs protéiforme, aux contours mouvants. Recouvrant des réalités multiples, il n’est guère judicieux de parler d’identité au singulier[4]D’où la pertinence de ce colloque qui, par son titre, montre bien la prise en compte de cette pluralité et suscite l’interdisciplinarité .... En effet, qu’il s’agisse d’un individu ou d’une collectivité, il n’existe pas une identité, mais des identités dont la combinaison crée des formes identitaires[5]Cette idée de formes identitaires a également été présentée par Françoise Bernard lors de son intervention intitulée Branchements et .... La plasticité du concept d’identité mène parfois même jusqu’à une inversion et devient lui-même l’adjectif : on parle alors de branchements ou de connexions identitaires, de dynamiques identitaires, de replis identitaires, etc. En outre, l’identité n’est pas un produit figé ou fini, mais un processus en perpétuelle évolution. Mouvant et dynamique, le concept tentaculaire d’identité exige d’adopter une posture d’interdisciplinarité, comme s’il ne pouvait se laisser saisir autrement.

Au concept d’identité s’est aujourd’hui accolé celui de numérique. L’identité numérique interroge le sujet dans l’environnement numérique et la manière dont il est constitué et se constitue à travers lui. Les deux termes qui composent cette association – identité et numérique – appellent, de manière tout aussi forte, à l’interdisciplinarité, voire la transdisciplinarité. De nouvelles questions émergent autour de ce concept en pleine ébullition et aux contours encore très flous. L’identité numérique, elle aussi, est plurielle, plastique, active et changeante. De même, sa conceptualisation renvoie à des réalités multiples, appelant la transdisciplinarité. Loin d’une conception réifiante ou substantialiste de l’identité, nous l’envisageons, à l’instar de Barbier, comme un processus dont les composantes peuvent sans cesse se modifier au fur et à mesure que se développent de nouvelles expériences (Barbier J.-M., 2006). L’identité numérique ne saurait être perçue autrement que comme une co-construction négociée entre les interactants (Goffman, 1974), humains ou non humains (Kaufmann, 2005).

Loin d’une définition qui fasse l’unanimité, il est en tout cas important de ne pas tomber dans une perspective essentialiste qui réifierait le concept.[] A l’instar de Bénédicte Rey qui évoque que c’est au travers « des tensions que peut le mieux s’opérer une certaine caractérisation du privé, car c’est par là que l’on perçoit les frontières mouvantes, les circonstances de mise en tension »[6]Bénédicte Rey, La vie privée à l’ère du numérique, Hermes, Paris, 2012, p. 11., le concept aux contours flous que constitue l’identité numérique se laisse également saisir à travers les tensions constitutives des dynamiques identitaires numériques. Dans le champ des sciences de l’information et de la communication, on perçoit une évolution du concept d’identité en ligne allant de l’exposition de soi à la mise en récit de soi, en passant par le recours à l’anonymat, aux pseudonymes, et autres stratégies identitaires émergeant dans différents dispositifs de communication et d’auto-publication. Le concept d’identité numérique, lui, voit sa conceptualisation s’élargir aux traces numériques laissées volontairement ou involontairement sur la Toile. Il est à pointer qu’on parle d’identité numérique et non électronique. Nous y percevons une volonté d’englober la technique et ses usages, la technologie et l’humain[7]Annabelle Klein, « De la nécessité interdisciplinaire pour penser l’homme et ses techniques », in Connexions. Communication numérique et lien .... En effet, ce concept d’identité numérique renvoie tantôt aux traces laissées par les internautes à travers la technique, tantôt aux usages de dispositifs d’autopublication (tels que réseaux socionumériques, blogs, pages personnelles, …) ainsi qu’aux jeux identitaires qu’ils permettent.

Tentaculaire, difficile à saisir, abordant de multiples questions telles que le respect de la vie privée sur internet, l’articulation identité virtuelle/identité réelle, le droit à l’oubli numérique, le concept d’identité numérique est également régulièrement associé aux données personnelles et traces numériques, touchant de facto à la vie privée et, plus largement, au champ de la privacy. Par ailleurs, dans la mouvance des conceptualisations de l’identité numérique, les notions de culture de la contribution (Proulx, 2011), de visibilité de la vie quotidienne, de désir d’extimité (Tisseron, 2003), se sont enchainées dans un évident basculement des priorités des recherches vers les pratiques expressives du web : nouvelles formes d’expression, de narrativité et autoportraits des pages personnelles[8]Annabelle Klein, Les pages personnelles comme nouvelles figures de l’identité contemporaine : analyse narrato-pragmatique des récits de soi sur ..., auto-publication et blogging[9]Annabelle Klein (ss la dir.), Objectif Blogs ! Explorations dynamiques de la blogosphère, éd. L’Harmattan, coll. Communication et Civilisation, ..., et, depuis quelques années, partage de contenus autoproduits et dévoilement de soi via les réseaux socio-numériques. Antonio Casilli (2010) a bien retracé ce basculement paradigmatique. Ceci indique que nos identités numériques aujourd’hui couvrent un champ bien vaste et que la richesse du concept n’a d’égale que la nécessité d’en dresser les contours souvent difficiles à cerner.

Ainsi, questionner l’identité numérique suppose d’adopter une posture qui dépasse les approches disciplinaires d’autant que la notion abrite de nombreux thèmes : de l’expérience contemporaine de la vie privée, à la notion d’auteur dans la création digitale et contemporaine, de la narration de soi à la reconnaissance, expression de soi aux traces laissées sur Internet (volontairement ou pas), de la visibilité de soi à la notion d’auteur, de la narration de soi à la reconnaissance, de l’exposition, aux jeux de soi et à toutes les traces et données personnelles que le numérique implique.

Notion d’une singulière modernité, l’identité numérique constitue une réalité qui ne se laisse appréhender qu’à travers un ensemble de disciplines des sciences humaines. Tout comme ses définitions qui restent largement liées aux courants théoriques qui la travaillent, l’identité numérique reste éminemment ouverte aux dimensions subjectives, sociales, culturelles, sémiotiques, pragmatiques, techniques, narratives, etc.

Nous nous attacherons ici plus précisément aux dimensions pragmatiques, interactionnistes et narratives de l’identité numérique pour tenter de comprendre comment l’évolution technologique a bouleversé la question de la construction des identités numériques. Quelle(s) place(s) tiennent nos identités numériques dans nos vies et comment se (dé)construisent-elles? Pour ce faire, nous partirons de plusieurs terrains de recherche liés à trois dispositifs d’auto-publication qui influent sur la construction des identités numériques.

 Des techniques de soi aux techniques de l’Autre

Notre hypothèse est la suivante : l’évolution technologique des dispositifs d’autopublication suscite un bouleversement majeur à la fois dans les procédés de dévoilement identitaire et d’identité pour soi (Dubar, 2000) et dans les processus de désignation identitaire (identité pour autrui), (Dubar, 2000). Plus précisément, nous assistons à un double basculement. D’abord, en ce qui concerne le dévoilement identitaire, celui du passage d’une centration sur soi relevant de la représentation et des compositions narratives de soi vers une décentration vers l’Autre, voire une dilution interactive et une participation collectives aux identités numériques plurielles. Ensuite, en ce qui concerne la désignation identitaire ou l’identité pour autrui, l’axe autopoiétique de «technologies de soi[10]D’inspiration foucaldienne, cet axe fait référence aux « techniques de soi » ou « arts de soi-même » pour fixer l’identité des individus, ... » cèderait progressivement la place à celui de désignation et de traçabilité par l’autre. Dans le contexte numérique, le concept d’identité pour autrui, résultant des interactions sociales évoluerait vers celui d’identité par et pour le média, construit, entre autres, à partir des algorithmes de traçabilité et de recompositions profilaires. Nous montrerons en quoi l’identité numérique est aujourd’hui traversée par ces deux axes en tension, celui des « technologies de soi » d’une part, qui renvoie à l’auto-construction identitaire, voire à la construction narrative de soi et celui de la traçabilité numérique, d’autre part, fondée sur l’hétéro-construction et la reconfiguration technique.

Si l’axe des technologies de soi est visible, conscient et volontaire, l’axe de la traçabilité constitue en quelque sorte la part sombre, invisible et involontaire qui pourtant, surgit à tout moment, mettant à mal les identités auto-narratives. Ce concept serait alors en proie à une nouvelle tension qui en est constitutive : entre identité pour autrui et identité pour soi, entre traces et constructions identitaires, de nouvelles tentatives d’articulation appelant de nouvelles compétences numériques et narratives doivent être envisagées. Evoluant d’une réflexivité et d’une capacité narrative de l’expérience vécue vers une véritable dilution de traces de soi dans un flux sans cesse renouvelé, les dispositifs d’autopublication  ne constituent plus un vecteur de techniques de soi[11]Alexandre Coutant éclaire parfaitement ce passage à travers le terme de techniques de soi ambivalentes, dans « Ces réseaux numériques dits .... Cet axe, déjà fortement affaibli, se trouve doublement mis en péril à la fois par cette dilution (dans l’Autre) et par le renforcement de l’axe de la traçabilité (par l’Autre) qui reconstruit, par algorithme interposé, de nouvelles formes identitaires qui nous échappent.

Evolution technologique des dispositifs d’autopublication, évolution identitaire

Commençons par relever quelques caractéristiques spécifiques aux dispositifs d’auto-publication qui influent sur la construction des identités en ligne afin de comprendre ce qui est en jeu à travers cette évolution. Dans un premier temps, nous reviendrons sur un dispositif quasi préhistorique, les pages personnelles[12]Annabelle Klein, Les pages personnelles comme nouvelles figures de l’identité contemporaine : analyse narrato-pragmatique des récits de soi sur ..., car en elles, germaient déjà les grandes questions identitaires qui se posent aujourd’hui au sein des dispositifs de communication les plus contemporains et qui amorçaient l’axe des « technologies de soi ». Nous poursuivrons avec les blogs[13]Annabelle Klein (dir.), Objectif blogs ! Explorations dynamiques de la blogosphère, Paris, 2007, 243 pages. et nous terminerons par les réseaux socionumériques, afin de montrer, rétrospectivement, comment les dispositifs d’autopublication ont impliqué la création d’un lieu qui engage les relations entre soi et autrui. Nombre de recherches portent actuellement sur des dispositifs d’autopublication contemporains mais peu d’études abordent longitudinalement la question de la construction identitaire à travers l’évolution de ces dispositifs. C’est ce que nous nous nous proposons de faire.

Les pages personnelles comme récits de soi créatifs et techniques de soi tournées vers l’Autre

Entre narration autobiographique et activité autoportraitiste, les pages personnelles, nées dans les années 90, représentaient déjà des dispositifs de premier choix dans la construction d’identités numériques, en offrant à la fois un lieu de (re)présentation de soi et d’interrogation sur « qui on est », par le truchement d’une ouverture interrogative vers l’Autre. Les pages personnelles englobaient différentes formes de narrations de soi dont les journaux intimes en ligne, des carnets de voyage, des autobiographies, voire des récits humoristiques, soit autant de dispositifs permettant de faire émerger de nouvelles figures narratives de l’individu où l’identité se crée et se traite aux yeux de tous. Des spécificités créatrices sont rapidement liées à leur multimédiativité : se raconter, dans ce cadre signifie, le plus souvent, jouer et travailler les croisements entre plusieurs  formes sémiotiques d’expression telles que l’écrit, l’image (fixe et animée), la photographie, le son, la musique, etc. Les pages personnelles constituent des lieux d’expression et de récit de soi multimédiatiques pouvant être considérés comme des espaces publics habités et visités par l’expérience individuelle intime. Travaillant au sentiment de constance et d’unité dynamique, tout en impliquant le changement dans la continuité, les pages personnelles deviennent tant des tentatives d’affirmation identitaire qu’une quête d’identité tournée vers autrui, par touches de désignation identitaire, de retours de l’Autre, l’étranger numérique, par exemple à travers son livre d’or, destiné à donner une place à la désignation identitaire en permettant à  l’Autre de laisser un commentaire.

L’expérience même du moment de mise en ligne d’une page personnelle permet à son auteur de se vivre « soi-même comme un autre », pour reprendre un célèbre titre ricoeurien. En effet, s’atteler à la configuration et à la mise en récit d’une expérience subjective à travers la réalisation de sa page personnelle constitue une première mise à distance de soi. Un second écart a lieu lors de sa mise en ligne. Apparaissait ainsi, aux yeux des auteurs, une forme nouvelle, un autre « soi-même », mis en forme multimédiatiquement et numériquement, un soi comme autre, permettant ainsi de toucher à la perception intime d’identité personnelle nommée ipséité[14]Notion reprise par Paul Ricœur dans sa remarquable articulation entre identité, temps et récit.
. Les pages personnelles sont envisagées comme des dispositifs de narration de soi dans la mesure où y opère une mise en forme de liens, la création d’un réseau de sens, une mise en intrigue, participant ainsi à ces tentatives de lier subjectivement des fragments identitaires épars en leur offrant un nouvel espace de cohabitation, de configuration et de composition de soi. La dimension spatiale de ces recompositions narratives et  identitaires nous a été véritablement dévoilée par le terrain[15]Plus de 200 pages personnelles ont été analysées d’un point de vue narrato-pragmatique dans le cadre d’une recherche doctorale. lui-même (A. Klein, 2002). Ces « homepages » devenaient des « lieux de soi », à travers lesquels tout un chacun pouvait se situer, se localiser, se prolonger, voire se dédoubler, sur le net. Ainsi, l’avènement des pages personnelles annonçait ce que plus tard, s’inspirant de Foucault, certains auteurs appelèrent l’axe des «techniques de soi » (TDS)[16]Michel Foucault parle des techniques de soi, des «arts de soi-même » et de la « pratique de soi » et interroge les pratiques d’invention de ....

Blogs : créativités narratives en berne, techniques de soi en l’Autre ?

Ce qui se présentait comme une métaphore spatiale, une domiciliation « virtuelle » de la page personnelle, disparaît quasiment avec l’avènement du blog. Dans la page personnelle de quelqu’un, on pouvait y déambuler, s’y promener, en suivre le cours, et renvoyer éventuellement à la nôtre. Dans le blog en revanche, on est accueilli en tant que co-constructeur du lieu : on s’y installe, on y participe, on y appose sa marque, sa trace, son point de vue. Cette spécificité à de nombreuses conséquences, même si, sur le fond, subsistent de nombreux points communs avec la page personnelle et nous pouvons même dire que cette caractéristique des blogs était en partie préfigurée dans les pages personnelles : ils en seraient un déploiement rétrospectivement anticipé, en partie tout au moins. A posteriori, les blogs font voir autrement les pages personnelles, dans ce qu’elles avaient de précurseur, dans ce qui couvaient en elles, comme dans ce qui leur était propre. Mais les blogs changent aussi la donne : on ne fait pas entrer les autres chez soi, on compte sur l’autre pour co-construire ce lieu. Il y a là un renversement de perspective. Une autre spécificité des blogs par rapport aux pages personnelles, c’est qu’à travers les flux RSS notamment, se trouve transformé le processus du chez-soi, que l’on peut prolonger jusque « chez l’autre », dans son propre blog : nos posts, alimentant nos blogs, peuvent ainsi lui parvenir, chez lui, dans son blog, d’où il peut commenter et susciter ainsi un maillage interblogs en provoquant des allers-retours d’un blog à l’autre.

Par ailleurs, l’énonciation particulière (multiplicité énonciative rapatriée en un même lieu) présente au sein du blog était juste amorcée dans les pages personnelles via un livre d’or où chaque visiteur pouvait y laisser sa trace. Les espaces d’énonciation étaient néanmoins  distincts et l’interaction entre présentation de soi et commentaires provenant des autres était juste amorcée. Il n’existait pas encore de véritable co-énonciation. Dans le blog, ces interactions deviennent centrales. Il apparaît alors que le blog contracte, au jour le jour, dans les feuilles volantes de son carnet d’esquisses à plusieurs mains, tous ses liens avec les autres sites et personnages sur la toile. La force créative et narrative de la page personnelle s’éteint progressivement avec le blog qui en délègue la structuration à la technique (calendrier, publication de posts antéchronologique), limitant ainsi, par le format, les potentialités narratives et métaphoriques de soi qui étaient présentes au sein des pages personnelles.

La question qui se pose alors est celle de la construction identitaire, entre composition et évanescence. Il nous semble que ces deux dispositifs d’autopublication se situent différemment entre le pôle de la composition narrative de soi et celui de l’évanescence, voire de la dilution dans l’Autre. En effet, comment donner une consistance et une délimitation identitaires dès lors que l’énonciation des uns et des autres participent à la construction d’un même espace, d’un même objet, d’un même lieu, le blog ? Il semble que ce mouvement de décentration énonciative s’accentue toujours davantage. Plus qu’une technique de soi, le blog devient une activité sociale, où l’ouverture à l’Autre prend le pas sur la narration de soi. Les blogs seront ensuite progressivement délaissés au profit du microblogging et des réseaux socionumériques, accentuant davantage encore cette dilution du point de vue personnel dans l’Autre.

Les réseaux socionumériques (RSN) : l’affaiblissement paradoxal de l’axe de soi[17]Alexandre Coutant, « Des techniques de soi ambivalentes. », Hermès, La Revue 1/2011 (n° 59), 2011, p. 53-58.

Avec la montée des RSN, on s’éloigne encore davantage des techniques de soi, tout en en présentant les signes apparents : « À bien des égards, les réseaux socionumériques évoquent les outils analysés par Foucault. On y retrouve les mêmes détails du quotidien, les humeurs consignées et les faits ayant ponctué la journée.»(Coutant, 2011, p. 53). L’auteur évoque les profils d’utilisateurs, accumulant statuts, humeurs, photos, vidéos, tests de personnalité, etc., qui constituent une présentation de soi rejoignant l’esprit des techniques de soi, c’est à dire reconstituer des contenus dispersés en vue de les unifier et d’en faire émerger du sens. En apparence, on retrouverait ainsi sur les RSN cette auto-narration multimédiatique, ajoutant une dimension identitaire fondamentale à celle de la temporalité, à savoir la spatialité (géolocalisation). Les RSN semblent dès lors permettre d’amasser des contenus disparates pour en faire unité, contribuant ainsi à la construction de nos identités. Il y serait encore question de se découvrir dans l’échange avec l’autre, rappelant la dimension interactive évoquée plus haut. Pourtant, les techniques de soi appellent une appropriation de l’expérience du sujet à travers une activité réflexive et interprétative. Or, les RSN sont davantage des lieux de circulation, de reprises et de répétitions de discours, dont la part subjective, interprétative et réflexive est désormais devenue très limitée. En outre, les techniques de soi évoquées par Foucault relèvent d’actions volontaires. Or, comme le rappelle Coutant, le déploiement de soi sur les RSN s’avère moins maîtrisé consciemment de par la logique des flux d’activités qui ne relève plus du recul réflexif puisque les RSN poussent, au contraire, à son abandon en se fondant dans un flux sans cesse renouvelé des traces de soi et des autres. Nous serions plutôt face à un écrasement de soi par juxtaposition de ses traces en l’Autre et à ce que Kaufmann[18]Dans un entretien avec Jean-Paul Fourmentraux, L’identité à l’ère des Digital Humanities, in Identités numériques. Expressions et ... nomme des identités ICO (immédiates, contextualisées et opératoires), s’activant au moment-même, dans un contexte donné, mais qui sont aussitôt oubliées. Ecrasement et instabilité des traces de soi, perte narrative (plaçant toutes les informations au même niveau dans le flux) provoqueraient dès lors plutôt une sorte de fuite en avant et une perte identitaire. Le flux gagnerait sur l’immanence, l’unité et la stabilisation, imposant un travail permanent sur notre identité pour autrui, répondant davantage à un souci de renforcement de l’estime de soi et de la considération par autrui.

Il semble que récit de soi, activité autoportraitiste, réflexivité et recomposition identitaire aient ainsi progressivement cédé le pas au flux constant et à la multiplication tant des discours que de leurs adresses pour rejoindre une conception plus évanescente de l’identité. Cette tendance, déjà en germe dans les pages personnelles, se trouve accentuée par le passage au blogging et plus encore au microblogging et dans les réseaux socionumériques qui fixent de nouvelles modalités communicationnelles et misent plutôt sur une multiplicité énonciative entraînant une décentration dans une dilution des points de vue. De même, progressivement, les priorités des recherches sur les pratiques expressives du web  se sont déplacées vers un axe davantage centré sur la trace de soi et la traçabilité par l’Autre, humain et non humain.

Après avoir analysé cette première évolution dans les processus de dévoilement identitaire, abordons le second basculement lié à la désignation identitaire et à la traçabilité par l’Autre.

Des techniques de soi aux technologies de l’Autre

Dans le contexte numérique, le concept d’identité pour autrui évolue vers celui d’identité pour et par le média, construit, entre autres, à travers des algorithmes de recompositions profilaires. L’axe des techniques de soi, déjà fortement mis à péril, comme nous venons de le voir, se trouve encore affaibli par le renforcement de l’axe de la traçabilité.

L’axe de la traçabilité ou les technologies de l’Autre

Comme le signale Milad Doueihi[19]Franck Renucci, Benoît Leblanc, Samuel Lepastier, L’autre n’est pas une donnée. Altérités, corps et artéfacts, Hermès, 68, CNRS éditions, ..., la question de l’identité numérique ne se pose plus de la même manière aujourd’hui (formatage et traçabilité) qu’il y a une décennie (conception plus polyphonique et libre de l’identité). A l’heure actuelle, l’accent est davantage mis sur la gestion des identités, celle de nos profils utilisateurs, par exemple. La confiance, la confidentialité, la prise en compte du risque et la sécurité sont à présent des enjeux majeurs propres à l’identité numérique.

La traçabilité algorithmique repose sur une délégation technologique d’artefacts identitaires, fondée à la fois sur un dépôt automatisé de données personnelles et de traces incontrôlées et sur une déliaison de celles-ci expulsant ainsi l’usager de sa capacité de sujet pour devenir une prédictibilité profilaire. On considère maintenant que cette portion non intentionnelle dépasse de loin quantitativement la part visible, consciente et volontaire d’exposition de soi et d’expression des identités. Cela veut dire qu’aujourd’hui, nos identités numériques échappent très largement à notre contrôle et à notre volonté. Nous pouvons liker nos prédilections mais il n’est pas en notre pouvoir d’éviter que ce geste donne lieu à agrégation et mise en scène (CANDEL et GOMEZ-MEJIA, 2013). Nous documentons littéralement, de manière persistante et continue, nos identités numériques et ce qu’elles disent de nous une fois captées et remixées dans l’interface des moteurs de recherche et des réseaux sociaux. Cette nouvelle façon d’être définis et désignés à travers des outils algorithmiques remporte, par des procédés d’englobement, les autres niveaux de construction identitaire partielles et nous dépassent.

Nous glissons encore davantage de l’axe des technologies de soi, volontaire et conscient, à l’axe de la traçabilité, largement involontaire. A la dilution du dévoilement identitaire dans l’Autre, s’ajoute une désignation identitaire par l’Autre algorithmique, conditionnant, infléchissant et pérennisant nos représentations de soi, de par sa force d’interprétation largement imposée par la technologie.

Altérations identitaires ou des identités sans sujet ?

Les identités numériques sont aujourd’hui plurielles, fragmentées, déliées et recomposées technologiquement, dans une évacuation du sujet, de l’altérité et de la réflexivité propre aux TS. Il y a une nécessité de réintroduire de la présence (Merzeau, 2010), du sujet, du récit de soi et de la temporalité entre cet axe de la traçabilité et celui des technologies de soi. Comme dans notre vie réelle, notre présence en ligne ne se réduit pas à une accumulation de traces qu’on pourrait prendre dans n’importe quel ordre. Notre vie en ligne s’inscrit dans une durée. De même, nos identités numériques ne peuvent être réduites à nos traces, objectivant ce qui dans le passé peut écrire notre avenir : « L’Homme-trace d’aujourd’hui, son futur à partir de son passé » (Galinon-Mélénec, 2011, 31).

Paradoxalement, la présence de l’Autre, omniprésent, invisible et opaque, occulte toute véritable altérité[19]. « Les capacités subjectives d’oubli, d’indiscipline, de réflexivité et de témoignages sont menacées par cela même qui fait l’objectivité et l’efficacité de la gouvernementalité algorithmique » (Rouvroy et Berns, 2010). Dans ce contexte où les identités numériques nous échappent en permanence et se (re)construisent  avec et peut-être surtout sans nous, les conceptualisations qui s’y rapportent appellent une redéfinition qui tienne compte de la technique comme interactant à part entière, ce partenaire silencieux (Christin, 1995), cet Autre non humain écrasant le sujet.  Son rôle aussi déterminant qu’opaque engage à ce que Jeanneret appelle une lucidité réflexive (Jeanneret, 2015, 232) « … parce que là, se joue, par-delà les multiples circulations de l’expression et de l’opinion, l’enjeu politique majeur d’un espace public désormais largement mondialisé et puissamment instrumentalisé. »

Il semble que, l’un des enjeux de nos identités numériques soit, face à l’individu contemporain ainsi pris entre la face invisible de sa traçabilité et la face visible de sa narration, de (re)créer du sujet, passant par une identité narrative de cohabitation entre représentation identitaire choisie et reconstruction algorithmique qui nous échappe.

 

[1] Klein A., Les pages personnelles comme nouvelles figures de l’identité contemporaine : analyse narrato-pragmatique des récits de soi sur Internet.», CIACO, Louvain-la-Neuve, 2002, 350 pages.

Klein A., (ss la dir.), Objectif Blogs ! Explorations dynamiques de la blogosphère, éd. L’Harmattan, coll. Communication et Civilisation, Paris, 2007, 243p.

Klein A., « Facebook, quand tu nous tiens… », Médias sociaux. Enjeux pour la communication, Presses Universitaires du Québec, 2012, pp. 105-117

[2] On parle d’identité personnelle, professionnelle, communautaire, culturelle, d’entreprise, nationale, narrative, numérique, …

[3] D’où la pertinence de ce colloque qui, par son titre, montre bien la prise en compte de cette pluralité et suscite l’interdisciplinarité nécessaire à la préhension du concept d’identité.

[4] Cette idée de formes identitaires a également été présentée par Françoise Bernard lors de son intervention intitulée Branchements et connexions identitaires : la qestion des échos identitaires. Elle y parle même de co-identités.

[5] Bénédicte Rey, La vie privée à l’ère du numérique, Hermes, Paris, 2012, p. 11.

[6] Annabelle Klein, « De la nécessité interdisciplinaire pour penser l’homme et ses techniques », in Connexions. Communication numérique et lien social, éd. PUN, Namur, 2012, pp.83-100

[7] Annabelle Klein, Les pages personnelles comme nouvelles figures de l’identité contemporaine : analyse narrato-pragmatique des récits de soi sur Internet.», CIACO, Louvain-la-Neuve, 2002, 350 pages.

[8] Annabelle Klein (ss la dir.), Objectif Blogs ! Explorations dynamiques de la blogosphère, éd. L’Harmattan, coll. Communication et Civilisation, Paris, 2007, 243p.

 

[9] D’inspiration foucaldienne, cet axe fait référence aux « techniques de soi » ou « arts de soi-même » pour fixer l’identité des individus, la maintenir ou la transformer en fonction d’un certain nombre de fins, et ceci grâce à des rapports de maîtrise de soi sur soi ou de connaissance de soi par soi.

[10] Alexandre Coutant éclaire parfaitement ce passage à travers le terme de techniques de soi ambivalentes, dans « Ces réseaux numériques dits sociaux », 2011, Hermès, 59, Paris, pp. 53-58

[11] Annabelle Klein, Les pages personnelles comme nouvelles figures de l’identité contemporaine : analyse narrato-pragmatique des récits de soi sur Internet, Louvain-la-Neuve, 2002, 350 pages.

[12] Annabelle Klein (dir.), Objectif blogs ! Explorations dynamiques de la blogosphère, Paris, 2007, 243 pages.

 

[13] Notion reprise par Paul Ricœur dans sa remarquable articulation entre identité, temps et récit.

[14] Plus de 200 pages personnelles ont été analysées d’un point de vue narrato-pragmatique dans le cadre d’une recherche doctorale.

[15] Michel Foucault parle des techniques de soi, des «arts de soi-même » et de la « pratique de soi » et interroge les pratiques d’invention de soi, de production de subjectivité et de réflexivité comme une création.

[16] Alexandre Coutant, « Des techniques de soi ambivalentes. », Hermès, La Revue 1/2011 (n° 59), 2011, p. 53-58.

[17] Jean-Claude Kaufmann, L’invention de soi. Une théorie de l’identité, Paris, Armand Colin, coll. Individu et société, 2004, 352 pages.

[18] Dans un entretien avec Jean-Paul Fourmentraux, L’identité à l’ère des Digital Humanities, in Identités numériques. Expressions et traçabilité, CNRS Editions, Paris, 2015, p. 34.

[19] Franck Renucci, Benoît Leblanc, Samuel Lepastier, L’autre n’est pas une donnée. Altérités, corps et artéfacts, Hermès, 68, CNRS éditions, Paris, 2014, 260 pages.

Notes   [ + ]

1, 17. Alexandre Coutant, « Des techniques de soi ambivalentes. », Hermès, La Revue 1/2011 (n° 59), 2011, p. 53-58.
2. Klein A., Les pages personnelles comme nouvelles figures de l’identité contemporaine : analyse narrato-pragmatique des récits de soi sur Internet.», CIACO, Louvain-la-Neuve, 2002, 350 pages.

Klein A., (ss la dir.), Objectif Blogs ! Explorations dynamiques de la blogosphère, éd. L’Harmattan, coll. Communication et Civilisation, Paris, 2007, 243p.

Klein A., « Facebook, quand tu nous tiens… », Médias sociaux. Enjeux pour la communication, Presses Universitaires du Québec, 2012, pp. 105-117

3. On parle d’identité personnelle, professionnelle, communautaire, culturelle, d’entreprise, nationale, narrative, numérique, …
4. D’où la pertinence de ce colloque qui, par son titre, montre bien la prise en compte de cette pluralité et suscite l’interdisciplinarité nécessaire à la préhension du concept d’identité.
5. Cette idée de formes identitaires a également été présentée par Françoise Bernard lors de son intervention intitulée Branchements et connexions identitaires : la qestion des échos identitaires. Elle y parle même de co-identités.
6. Bénédicte Rey, La vie privée à l’ère du numérique, Hermes, Paris, 2012, p. 11.
7. Annabelle Klein, « De la nécessité interdisciplinaire pour penser l’homme et ses techniques », in Connexions. Communication numérique et lien social, éd. PUN, Namur, 2012, pp.83-100
8. Annabelle Klein, Les pages personnelles comme nouvelles figures de l’identité contemporaine : analyse narrato-pragmatique des récits de soi sur Internet.», CIACO, Louvain-la-Neuve, 2002, 350 pages.
9. Annabelle Klein (ss la dir.), Objectif Blogs ! Explorations dynamiques de la blogosphère, éd. L’Harmattan, coll. Communication et Civilisation, Paris, 2007, 243p.
10. D’inspiration foucaldienne, cet axe fait référence aux « techniques de soi » ou « arts de soi-même » pour fixer l’identité des individus, la maintenir ou la transformer en fonction d’un certain nombre de fins, et ceci grâce à des rapports de maîtrise de soi sur soi ou de connaissance de soi par soi.
11. Alexandre Coutant éclaire parfaitement ce passage à travers le terme de techniques de soi ambivalentes, dans « Ces réseaux numériques dits sociaux », 2011, Hermès, 59, Paris, pp. 53-58
12. Annabelle Klein, Les pages personnelles comme nouvelles figures de l’identité contemporaine : analyse narrato-pragmatique des récits de soi sur Internet, Louvain-la-Neuve, 2002, 350 pages.
13. Annabelle Klein (dir.), Objectif blogs ! Explorations dynamiques de la blogosphère, Paris, 2007, 243 pages.
14. Notion reprise par Paul Ricœur dans sa remarquable articulation entre identité, temps et récit.
15. Plus de 200 pages personnelles ont été analysées d’un point de vue narrato-pragmatique dans le cadre d’une recherche doctorale.
16. Michel Foucault parle des techniques de soi, des «arts de soi-même » et de la « pratique de soi » et interroge les pratiques d’invention de soi, de production de subjectivité et de réflexivité comme une création.
18. Dans un entretien avec Jean-Paul Fourmentraux, L’identité à l’ère des Digital Humanities, in Identités numériques. Expressions et traçabilité, CNRS Editions, Paris, 2015, p. 34.
19. Franck Renucci, Benoît Leblanc, Samuel Lepastier, L’autre n’est pas une donnée. Altérités, corps et artéfacts, Hermès, 68, CNRS éditions, Paris, 2014, 260 pages.


Références bibliographiques

 

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Pour citer cette article

, "Identités numériques volatiles", REFSICOM [en ligne], L’identité dans tous ses états, 1. Identités et dispositifs numériques, mis en ligne le 14 avril 2017, consulté le 24 November 2017. URL: http://www.refsicom.org/211