Démocratie, communication et changement en Afrique subsaharienne francophone

Résumés

Le but de cette contribution relevant de la tradition de recherche en communication internationale est d’interroger la nature des mouvements citoyens en Afrique francophone postcoloniale dans le contexte d’une lutte pour un changement démocratique dans la plupart de ces pays. En partant des processus de démocratisation de la fin des années 1980, l’auteur dresse un panorama des défis de démocratisation en Afrique subsaharienne en analysant le rôle des médias et de la technologie ainsi que celui des puissances étrangères.
The objective of this article within the international communication research tradition is to question the nature of the citizens' movements in francophone postcolonial Africa in the context of a struggle for democratic change in most of these countries. Starting from the process of democratization in the late 1980s, the author provides an overview of democratization challenges in sub-Saharan Africa by analyzing the role of media and technology as well as that of foreign powers.

Texte intégral

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Depuis l’avènement de ce qu’il est convenu d’appeler le « Printemps arabe », un mouvement vers la démocratie s’est dessiné dans les pays arabes qui ont été longtemps sous le joug de dictatures. Ce mouvement –qui eut des conséquences multiples selon les pays- anticipa ou fut parallèle à d’autres formes de revendications : le mouvement des Occupy en 2011, celui des Indignés, le « Printemps Érable » au Québec en 2012, les manifestations au Brésil en 2013, sans oublier les manifestations au Portugal et en Grèce en raison de la crise économique. Dans ce contexte, plusieurs voix se sont élevées pour interroger l’absence de l’Afrique dans ces mouvements de lutte contre certaines dominations politiques et économiques. En effet, un premier constat tend à expliquer que les pays africains – bien que touchés par les mêmes situations d’iniquité – ne semblent pas avoir été entraînés dans la spirale de manifestations à caractère politique ou économique. L’objectif de cette contribution relevant de la tradition de recherche en communication internationale est d’interroger la nature des mouvements citoyens en Afrique francophone postcoloniale dans le contexte d’une lutte pour un changement démocratique dans la plupart de ces pays. Structuré en quatre parties, notre article présente d’abord les concepts et les théories qui sont mobilisés pour appréhender l’historicité du processus démocratique en Afrique francophone. Ensuite, le texte propose la contextualisation d’une série de situations liées aux mouvements et aux mobilisations sociaux et politiques en Afrique. La troisième partie met l’accent sur le rôle joué par les puissances étrangères dans les mouvements citoyens. Une conceptualisation des mouvements sociaux en Afrique subsaharienne clôt la réflexion.

Concepts et théories

Notre réflexion s’insère dans le champ de la communication internationale qui demeure tiraillée dans son appartenance entre les relations internationales et la communication. Dans une recherche précédente, nous (Agbobli, 2011) avions soumis l’idée que la communication internationale était structurée autour de trois pôles : la culture, la politique et les médias.  Le pôle culturel de la communication internationale, tout en s’inspirant de l’École de Chicago ou de l’École de Palo Alto, interroge la place accordée à la culture dans des contextes différents. Quant au pôle des médias, il est structuré autour du déséquilibre des flux de l’information et de la communication dans le contexte du Rapport MacBride et du Nouvel ordre mondial de l’information et de la communication (NOMIC) ainsi que du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI). Enfin, le pôle politique fut abordé en communication internationale sous l’angle du développement (à la suite des travaux de Lerner, Schramm, Sola Pool, etc.). Si ce pôle a été insuffisamment analysé par les théoriciens en communication, à l’exception de quelques recherches effectuées sur la diplomatie (Mowlana), les enjeux d’impérialisme (Mattelart ; Chang), notre article essaie de réfléchir sur l’apport du pôle politique dans la recherche en communication internationale en prenant le cas des pays africains francophones.

Même si les réflexions en communication sont structurées autour des aspects relatifs à l’échange, au partage, à la relation ou à l’interaction, la communication internationale aborde autant les questions qui ont trait à l’individu, au groupe, à l’organisation, qu’aux technologies. Dans ce sens, la communication internationale mobilise certaines théories utilisées dans d’autres disciplines comme la sociologie, la psychologie, la science politique ou l’anthropologie. Les gouvernements et les nations sont également centraux dans les théories de ce champ de la communication. Dans le cas spécifique du présent article, nous traiterons donc de la communication internationale sous l’angle des études postcoloniales et du rapport à la démocratie.

Plusieurs théoriciens postcoloniaux postulent que la colonisation est maintenue sous une forme ou sous une autre malgré l’indépendance des pays autrefois colonisés. Les théories postcoloniales visent à interroger les pratiques à l’œuvre dans ces pays, à la lumière des pratiques héritées de la colonisation. Ainsi, l’oppression économique, politique et sociale est décortiquée par les tenants de cette théorie dans la mesure où la force de la colonisation se distingue dans l’intériosation que les peuples colonisés ont fait des valeurs des colonisateurs.

Dirlik (2006) pose un regard critique sur le postcolonialisme dont le champ inclut des « concepts autant en compétition que complémentaires » : le colonial, le néo-colonial, le post-moderne, le post-structuralisme, le transnational ou même le diasporique. Pour lui, un véritable travail de recherche dans ce domaine « doit être accompagné par une historicisation du postcolonial lui-même (2006, p.81) ».  Dirlik propose donc trois grandes lignes directrices qui ont été associées à la critique postcoloniale : 1. La centralité de l’expérience coloniale et dans l’écriture de l’histoire nécessite une déconstruction ; celle-ci passe entre autres par la critique de l’Eurocentrisme ; 2. Le rejet des métanarrations qui ont conduit à l’homogénéisation du temps et de l’espace ; un exemple d’homogénéisation est l’Orientalisme ; 3. Un déplacement d’attention vers la décolonisation de l’histoire en s’orientant davantage vers « les frontières » , « le local » et « le marginal ».

Cette posture de Dirlik est cohérente avec les recherches effectuées par les chercheurs considérés comme postcoloniaux. Edward Said (1980), par exemple, considère que l’Orientalisme repose sur une certaine conception d’une région spécifique qui a été créée par l’Occident à travers trois dimensions : historique, imaginaire et universitaire. Des enjeux de pouvoir et de domination de l’Occident sur l’Orient  ont servi de motivations à la constitution de l’Orientalisme.

En outre, plusieurs recherches ont essayé de montrer la persistance du rapport entre pays colonisés et puissances colonisatrices malgré la fin officielle du lien colonial. Ainsi, d’aucuns ont expliqué qu’une compréhension de la présence de la puissance colonisatrice dans la politique interne des pays africains indépendants repose sur la différence de stratégies employées par les deux anciennes puissances coloniales que furent la France et le Royaume-Uni. Deux régimes distincts étaient employés : le direct rule et l’indirect rule. Le direct rule était surtout le fait de l’empire français qui le matérialisa sous la forme du code de l’Indigénat[1]Le code de l’Indigénat est un ensemble de textes qui a pour objectif de sanctionner les indigènes et de sceller leur statut de sujets français, ... de 1910. Pour mieux faire saisir la stratégie employée par la France, Amouzou cite une circulaire du gouverneur général français Van Vollenhoven de 1917 : « Les chefs n’ont aucun pouvoir propre, d’aucune espèce, car il n’y a pas deux autorités dans le cercle, l’autorité française et l’autorité indigène ; il n’y en a qu’une. Le chef indigène n’est qu’un instrument, un auxiliaire. Le recours à la chefferie ne s’inspire pas de l’intérêt des chefs. Ceux-ci ne sont pas d’anciens souverains dont nous voulons ménager les trônes. Ces raisons s’inspirent uniquement de l’intérêt des populations soumises à notre autorité. Entre nous et ces populations, il doit y avoir un truchement ; c’est le chef qui est ce truchement (2009, p.31-32) ». Quant à l’indirect rule, il était surtout employé par l’Empire britannique et était une stratégie visant à accorder le pouvoir de gestion à des chefs locaux qui se chargeaient de garantir les avantages commerciaux à la puissance colonisatrice. Ces chefs « disposent d’une gamme de structures assurant leur prestige : les tribunaux, le budget, les services techniques, les conseillers britanniques (2009, p.35) ». Pour Amouzou (ibid.), « L’entreprise coloniale devait avant tout privilégier les intérêts des colonisés. La relation coloniale dans ce sens allait profiter aux colonisateurs tout comme aux territoires conquis ». Même si Amouzou décrit bien les enjeux de l’indirect rule, sa position est relativement optimiste quant à ses conséquences. En effet, ce régime ressemble surtout à une entente entre les chefs et les Britanniques sur le dos de la population locale puisque les Britanniques en retour garantissaient aux chefs la puissance militaire.

Par ailleurs, notre réflexion ne peut faire l’impasse sur les théories associées à la démocratie, notamment dans un contexte africain[2]Il n’est pas superflu de mentionner ici que la présente réflexion ne vise pas à voir une vision généralisatrice du continent africain. Pour .... Sans entrer dans les détails de l’histoire politique en Afrique précoloniale, on peut souligner qu’une organisation politique de type démocratique «  a donc, probablement, régi les États africains pendant près de deux mille ans (Diop, 1960, p.53) ». Amouzou (2009, p.21) d’affirmer : « La démocratie n’est pas un genre politique étranger à l’Afrique ». D’ailleurs, Senghor soutenait que l’idée de participation perçue comme « l’expression fondamentale de la démocratie qui veut que dans la communauté, chaque groupe, chaque membre composant, ait son mot à dire : sa part à prendre dans toute décision, qui ne peut être que collégiale » ne date pas d’aujourd’hui en Afrique (repris par Amouzou, 2009, p.21).

C’est surtout à partir de la colonisation que la démocratie a commencé à s’effriter en Afrique puisque les colonisateurs ont imposé un système de domination qui laissait peu de place à l’échange démocratique. Avec l’indépendance des pays africains, plusieurs dirigeants politiques ont introduit le parti unique sous prétexte que ce système correspondait davantage aux mentalités africaines. Ainsi, Khôi (1992), dans sa réflexion sur l’authenticité, prône une mise en contexte, car ce concept est issu de la prise de position d’une force sociale (et non individuelle) dans les luttes politiques internes et internationales à un moment historique donné. Khôi déconstruit également la notion de chef telle que vue par Mobutu (alors président du Zaïre) sous le couvert de l’authenticité et qui n’a rien à voir avec la réalité existant dans plusieurs ethnies africaines. En effet, Mobutu expliquait que dans la tradition bantoue, un chef était respecté et ne pouvait en aucun cas faire l’objet de critiques. De ce fait, Mobutu (et bien d’autres présidents) instrumentalisait la culture pour asseoir son autorité politique.

Si la force des théories mobilisées permet de mettre en lumière un faisceau d’intérêts entre les dirigeants des États africains postcoloniaux et ceux des nations coloniales, le but ici n’est pas de pointer les nations coloniales comme responsables de l’absence de démocratie dans plusieurs pays africains, mais plutôt de faire ressortir la complexité de la compréhension de l’impact des mouvements sociaux dans la gestion desdits pays. Ainsi, la théorie mobilisée ici suppose une interrelation permanente entre passé et futur et entre différentes nations, même si cette interrelation n’est pas exempte d’arrières-pensées.

Afin de mieux saisir les enjeux de démocratie et de changement en Afrique, nous traiterons maintenant de la genèse et surtout des moments cruciaux qui ont cristallisé les mobilisations politiques en Afrique francophone.

Mouvements et mobilisations sociaux et politiques

Les mouvements et mobilisations à caractère politique remontent à des temps lointains. Toutefois, avec la fin de la guerre froide, l’Afrique subsaharienne a été précurseur après l’Amérique latine et l’Europe de l’est de ce type de mobilisations citoyennes dès 1988. Au Sénégal, suite aux élections législatives et présidentielles de 1988, qui ont vu la victoire du Parti socialiste sénégalais, des manifestations éclatent en appui au Parti démocratique sénégalais d’Abdoulaye Wade (opposant historique qui deviendra président de la République douze années plus tard). Ces manifestations – qui culminèrent avec la proclamation de l’État d’urgence – furent couvertes par les seuls médias capables à cette époque de proposer un contenu plutôt objectif : il s’agissait des chaînes internationales Radio France internationale, BBC et Voice of America. Toutes ces chaînes ne pouvaient être captées qu’en ondes courtes.  Paradoxalement, le cas du Sénégal est une exception puisque ce pays était la seule vitrine démocratique en Afrique subsaharienne francophone avec un régime qui a pendant longtemps refusé l’alternance.

Dans la plupart des pays d’Afrique francophone, les véritables manifestations pour la démocratie ont commencé en 1989, dans le sillage de la chute du mur de Berlin et de la fin de la guerre froide. Cette année-là, le général Mathieu Kérékou, alors président de la République Populaire du Bénin décréta officiellement la fin du parti unique. Pour en arriver là, il a fallu la congruence de plusieurs situations. Comme le souligne Banegas (1995), « Un facteur plus conjoncturel, d’ordre financier, a servi de catalyseur à cette crise structurelle du régime Kérékou ». En effet, lorsqu’il fit son coup d’État en 1972, Kérékou fit entrer son pays dans le giron de l’Est et donna une orientation marxiste-léniniste à son pays. En raison des orientations économiques choisies, le Bénin avait de sérieuses difficultés financières comme la plupart des pays communistes et dès 1988, ce pays était en faillite bancaire, les trois banques du pays étaient en illiquidité, les fonctionnaires cumulaient plusieurs mois d’arriérés de salaires et le trésor public était en cessation de paiement. Toutefois, Banegas (1995) soutient que c’est la publication d’articles dans le journal indépendant Tam Tam Express qui « va avoir une importance non négligeable dans la mobilisation des acteurs béninois et étrangers en faveur du changement ».

En effet, Tam Tam Express et les autres journaux révéleront les gabegies, les détournements et les malversations des dirigeants au pouvoir à travers la figure du « marabout » de Kérékou. Le discours de vœux du président Kérékou le 31 décembre 1988 ouvrit la porte à une « une dynamique de « mobilisation multisectorielle » et de « désectorisation de l’espace social » (Banegas, 1995, 13) ». La mobilisation toucha tour à tour les étudiants, les enseignants, les fonctionnaires (avec 13 ministères en grève sur les 16 que comptait le pays), les forces de l’ordre. Reconnaissant l’hérétogénéité sociale du mouvement démocratique, Banegas le décrit comme essentiellement urbain, marqué par une alliance étudiants-fonctionnaires. Pour lui, « Outre ces couches moyennes, en effet, on semble aussi retrouver dans la rue les « primitifs de la révolte » d’Hobsbawn, le « menu peuple » des ex-petits salariés, des « conjoncturés » réfugiés dans l’économie informelle, des « cadets sociaux » (par exemple les femmes très présentes) et une population marginalisée de lumpenprolétaires, de chômeurs… La participation très visible des « zémidjans », les conducteurs de taxi-motos, aux grandes manifestations, témoigne à elle seule de cette hétérogénéité sociale ». Les photocopies et les tracts furent les moyens les plus utilisés pour faire connaître les mouvements sociaux dans ce pays.

Depuis cette période, le Bénin a connu son quatrième président démocratiquement élu et est devenu un modèle en matière de démocratie. Comment est-il arrivé là ? D’une part, et pour éviter que le pays ne sombre définitivement dans le chaos, le Bénin a organisé la conférence nationale des forces vives du Bénin[3]Cette conférence nationale sera par la suite répliquée dans plusieurs autres pays africains : la République du Congo (Brazzaville), le Tchad, Le .... Cette conférence qui a duré à peine dix jours et connut la participation d’environ cinq cents délégués fut un exemple historique en Afrique. C’est par un communiqué officiel lu à la radio et à la télévision et publié dans le quotidien officiel que la conférence nationale est convoquée pour « les représentants authentiques de toutes les Forces Vives de la Nation, quelles que soient leurs sensibilités politiques, afin qu’ils apportent leurs contributions dans l’avènement d’un Renouveau Démocratique et au développement d’une saine ambiance politique nouvelle dans notre pays ». Même si le décret officiel tente de limiter la portée de cette conférence nationale en proposant l’élaboration d’une « Charte d’Union Nationale », Adamon (1995) met en lumière les tensions qui existaient entre la volonté du président et de ses proches de limiter le champ d’action de la conférence nationale et les autres délégués qui voulaient que cette conférence nationale entraîne un changement de société avec la mise en place d’un système multipartiste. La suite, on la connaît ou presque : élections d’un premier ministre de transition (Nicéphore Soglo), lequel devint président élu du Bénin en battant le président sortant Kérékou, revanche du président Kérékou qui vainquit Nicéphore Soglo, élection de Yayi Boni, puis celle de Patrice Talon comme quatrième président élu démocratiquement dans ce pays.

La période de démocratisation au Bénin fut marquée par une effervescence médiatique comme le souligne Frère (1998) qui soutient que les médias béninois souhaitaient une « vraie démocratie ». Basant son analyse sur les souhaits exprimés par les journaux, elle présente les valeurs accolées à la démocratie : la discipline, la rigueur, l’honnêteté, l’intégrité morale, le sens de la responsabilité ; l’esprit de droit et de tolérance. Au-delà des valeurs, pour les journaux béninois, les fondements d’une démocratie sont : le multipartisme, les élections, l’existence d’une constitution, la liberté d’expression, le respect des droits de l’homme. Pour Frère, les journaux béninois établissent un lien entre démocratie et développement : « C’est vrai qu’il n’y aura pas de démocratie tant que règne la pauvreté. Mais il est vrai aussi qu’il n’y aura pas de lutte efficace contre la pauvreté tant qu’il n’y aura pas de démocratie au sens propre du terme (Freire, p.138, citant le journal Le Tam Tam Express, no53) ».

Même si plusieurs pays ont tenu une conférence nationale, précédée par des mouvements, ou des manifestations de rue, ils n’ont pas tous connu le même sort. Ainsi, au Congo-Brazzaville (anciennement République populaire du Congo, également sous le joug communiste), une conférence nationale souveraine fut organisée avec des participants issus de l’État, des partis politiques et de la société civile. Le président Sassou Nguesso s’est vu retirer l’essentiel de ses prérogatives et assuma devant le peuple toutes les dérives qu’a connues le Congo depuis son indépendance. Il fut battu lors des élections présidentielles transparentes et libres de 1992, mais reviendra au pouvoir en 1997 à la suite de conflits opposant ses milices à celles de son successeur/prédécesseur, Pascal Lissouba. Quant au Zaïre, il détient la palme de la conférence nationale, la plus longue (elle a duré près de deux ans) et la plus abracadabrantesque (avec le soulèvement de militaires, une suspension de ses travaux, des débauchages de délégués). Malgré cette conférence nationale, Mobutu se maintint au pouvoir jusqu’à sa fuite en exil en raison de la guerre civile qui avait cours dans son pays.

La plupart des pays qui ont vécu des manifestations de rue dans les années 1990 n’ont pas connu de véritables alternances démocratiques : Centrafrique, Côte d’Ivoire, Niger, Togo. En effet, ces manifestations de rue n’ont pas permis d’obtenir les résultats escomptés puisque ces quatre pays ont connu des soulèvements, des coups d’État, des révolutions de palais ou des transmissions de pouvoir de type dynastique. Toutefois l’absence de résultats n’entraîne pas l’arrêt des manifestations ou des mouvements de rue.

Ainsi, des manifestations interviennent à intervalles réguliers pour dénoncer des situations spécifiques. Le Cameroun a vécu par exemple une manifestation contre l’homosexualité en 2009. Cette même année, plusieurs manifestations et grèves furent organisées au Niger pour empêcher le président Mamadou Tandja de modifier la constitution afin de lui permettre de faire un troisième mandat à la tête du Niger. Qui oublie les grandes réunions ou manifestations des jeunes patriotes ivoiriens sous la houlette de Charles Blé Goudé qui avaient pour ambition de faire des démonstrations de force et de montrer que les jeunes ivoiriens soutenaient Laurent Gbagbo ?

Outre les manifestations retentissantes contre la vie chère que plusieurs pays africains (Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mauritanie, Mozambique, Sénégal) ont connu entre 2007 et 2008, la plupart de ces pays en connaissent quasi mensuellement pour des raisons surtout politiques, économiques et sociales.

Si la plupart des mouvements portent sur des revendications économiques ou politiques, les manifestations sociales peuvent parfois porter sur des mouvements de foule optimistes. Ainsi, les manifestations spontanées de joie à l’occasion des succès des équipes nationales respectives ne peuvent être occultées.

Dans la section qui suit, la dimension internationale est abordée à travers l’action de la France en Afrique.

Médias et internationalisation des mouvements citoyens

Les citoyens de la plupart des pays africains se sont impliqués dans les mouvements sociaux des années 1990, entre autres parce qu’ils ont cru déceler un appui de la part des pays étrangers et particulièrement des anciennes puissances coloniales comme la France. En effet, en juin 1990, lors du Sommet France-Afrique de la Baule réunissant les présidents africains autour du président français, ce dernier tint un discours d’appui à la démocratisation en Afrique. Selon François Mitterrand, « de même qu’il existe un cercle vicieux entre la dette et le sous-développement, il existe un autre cercle vicieux entre la crise économique et la crise politique ». Le président français proposa alors une formule qui ressemble à une conditionnalité de l’aide : « la France liera tout son effort de contribution aux efforts qui seront accomplis pour aller vers plus de liberté[4]Discours du président français François Mitterrand au Sommet France-Afrique de la Baule. Disponible à : .... » Comment ne pas percevoir dans ces propos un appui indirect aux mouvements pour la démocratisation en Afrique ? En effet, plusieurs Africains crurent voir en ce discours un moment fondateur pour la démocratie dans leur continent. Plusieurs autres discours de responsables politiques français convainquirent que la République française appuierait les peuples africains dans leur marche vers la démocratie. Or les intérêts des États sont complexes dans un contexte marqué par la « Françafrique ».

La notion de « Françafrique » fut au départ forgée par Félix Houphouët-Boigny qui y voyait une manière de décrire positivement les nouvelles relations entre la France et l’Afrique francophone indépendante avec l’adoption d’un rapport étroit entre les deux partenaires.

François-Xavier Verschave (2004) récupéra la notion et en fit une lecture très différente. Pour lui, la Françafrique repose sur les relations bien particulières qui ont relié la France à l’Afrique depuis la fin des indépendances. Il s’agit d’un domaine réservé de l’Élysée « quasi militaire où il y a beaucoup de désinformation, ou de non-information. Quand on commence à regarder ces choses de près, c’est inouï la différence qu’on peut voir entre la manière dont les médias vous parlent du rôle de la France en Afrique et ce qu’elle y fait réellement (Verschave, 2004, p.7-8) ». Verschave égrène une série d’exemples qui montrent la volonté du Général de Gaulle et des présidents français qui lui ont succédé de maintenir les pays d’Afrique francophone sous le joug de la France : contrôle de ces pays par le biais du franc CFA, détournement d’argent, corruption des dirigeants français par les politiques africains. Mais comme le souligne Verschave (2004, p.20), c’est à partir de la poussée démocratique en Afrique que la Françafrique met en place un système infaillible : l’aide à la démocratie par le biais d’envois d’urnes transparentes et de bulletins de vote et en même temps, envoi de coopérants très spéciaux « qui vont installer un système informatique de centralisation des résultats un peu spécial : alors que les gens ont veillé jour et nuit auprès des urnes pour être sûrs que leur suffrage soit respecté, alors qu’ils ont voté à 70 ou 80% pour chasser le dictateur, ils se retrouvent à la fin avec un dictateur réélu avec 80% des voix… ou 52% s’il est modeste ».

Plus de vingt après le discours de La Baule, d’aucuns ont été surpris alors que les manifestations battaient leur plein en Tunisie d’entendre la ministre française de l’Intérieur Michèle Alliott-Marie à l’Assemblée nationale française apporter le 12 janvier 2012 (deux jours avant la fuite du président Ben Ali) l’aide de la police française pour contenir les manifestations dans ce pays: « Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type. » En Afrique francophone, ce type de réaction n’est pas une surprise pour l’opinion publique depuis deux décennies.

En se remettant dans le contexte des années 1990, les moyens de communication n’étaient pas aussi développés qu’ils le sont aujourd’hui, la télévision par satellite n’était pas accessible aux populations africaines, les médias étrangers n’étaient pas disponibles si ce n’étaient les chaînes de radio (RFI, BBC, VOA). Dans le même temps, les médias africains étaient nourris par les grandes agences de presse occidentales (AFP, Reuters, AP). Or, la grande majorité de ces médias appartenaient à l’État (en d’autres termes suivaient la ligne de pensée gouvernementale) et ne pouvaient donc diffuser des contenus susceptibles de susciter un désir de changement au sein de leurs propres populations. Les journaux privés, quant à eux, n’avaient pas les moyens de s’abonner auprès des agences internationales. L’information restait très parcellaire, partiale et contrôlée, limitant ainsi la possibilité pour les populations d’être adéquatement informées.

Néanmoins, dans les années 2000, la situation changea presque radicalement puisque l’accès aux médias fut davantage ouvert. Même si la liberté d’expression n’est pas si reluisante, elle semble meilleure que ce qui prévalait dans les années 1990. En 2013, le premier pays africain qui respectait le mieux la liberté de l’information selon le classement de RSF était la Namibie qui se situait au 19è rang (avant le Canada) et le premier pays d’Afrique francophone était le Niger qui était au 43è rang sur 179[5]http://fr.rsf.org/spip.php?page=classement&id_rubrique=1054 . Nous rappelons que les réflexions faites ici porte sur l’Afrique francophone et ....

Voici un tableau comparatif sur quelques années du classement mondial de RSF[6]Nous n’avons pu avoir accès au classement des années 1990. sur la liberté de presse.

Pays 2002 2011-2012 2013
Bénin 21 91 79
Burkina Faso 85 68 46
Burundi 72 130 132
Cameroun 88 97 120
Centrafrique 63 62 65
Congo 69 90 76
Côte d’Ivoire 55 159 96
Gabon 58 101 89
Guinée 79 86 86
Madagascar 65 84 88
Mali 43 25 99
Niger 53 29 43
RDC 113 145 142
Rwanda 107 156 161
Sénégal 47 75 59
Tchad 87 103 121
Togo 97 79 83

Dans un contexte où la liberté des médias locaux est restreinte, les seules façons de faire connaître les problèmes politiques internes à ces pays et d’appuyer les mouvements des citoyens consistaient à internationaliser les conditions de vie existant: les médias internationaux et les organisations des droits de l’homme (Amnesty International, RSF, etc.) apportaient leurs contributions. Même si des millions d’Africains vivaient à l’extérieur de leur pays, leurs voix comptaient très peu dans la politique locale. Bien que cette communauté était composée d’étudiants, de gens d’affaires, de diplomates et d’immigrants, seules les voix des réfugiés politiques étaient audibles quand l’occasion leur était donnée de prendre la parole sur les chaînes internationales.

C’est surtout avec l’avènement d’Internet après les années 1995 que les mobilisations citoyennes prirent une autre dimension avec la possibilité pour les populations africaines d’accéder à des contenus plus équilibrés (même si les coûts étaient et sont toujours exorbitants). Les populations avaient dorénavant accès à davantage de sources d’informations tout en étant en contact avec la diaspora de leur pays (de plus en plus nombreuse). De plus, les journalistes avaient également accès à des sources diversifiées. Si dans les années 1990, les gens étaient informés des mouvements sociaux localement ancrés et souvent brimés dans la violence, par le biais de tracts et de photocopies, Internet et ses dérivés (réseaux sociaux) ont complété les stratégies de mobilisation et de sensibilisation des populations à partir des années 2000.

Conceptualisation et lecture des mouvements sociaux

Les mouvements sociaux en Afrique francophone qu’ils soient in situ ou virtuels ont été marqués par une volonté endogène des citoyens de changer leurs sociétés.

Dans ce sens, ces mouvements sont ancrés dans les contextes spécifiques de chacun des pays. Francis Akindès (2006) effectue une analyse sociologique de la rumeur qui est une caractéristique des sociétés africaines. Après avoir présenté moult exemples relatant des mouvements de foules en Guinée (après une rumeur sur des films pornographiques tournés par un Européen avec des filles guinéennes), au Burkina Faso (avec une rumeur sur un enfant serpent laissé sur un pont), en Côte d’Ivoire (avec une mère rendue malade par sa fille sorcière), Akindès explique que les rumeurs propagées dans les capitales africaines font côtoyer les faits divers avec des faits aux relents politiques.  Pour l’auteur, « Une rumeur plaît parce qu’elle fait parler les gens sans impliquer leur responsabilité. […] La rumeur relève avant tout du mode de communication privilégié au niveau local. (2006, p.4) ». Celle-ci ne peut être isolée de son contexte. S’inspirant d’Aldrin qui parle d’ « Agir rumoral » à la manière de l’Agir communicationnel, Akindès aborde l’agir rumoral en politique qui « participe des activités de communication ». Pour Akindès (2006, p.7-8), « En Afrique, l’absence d’indépendance des organes de presse fait d’eux des véhicules des rumeurs à finalité politique. En tant qu’organes de presse affiliés à des mouvements politiques ou, parfois, sous forme de commande spécifique contre des billets de banque, la presse surtout écrite amplifie la rumeur dans l’intérêt de son financeur qui en espère un gain politique immédiat ou différé en terme de désinformation ou de disqualification de son adversaire. À la réaction des personnes mises en cause, ces organes se contentent souvent de démentis le plus souvent publiés dans un encart bien des jours après la parution de l’article diffamatoire ». Ainsi, la rumeur, associée à la tradition orale, a un impact certain sur les mouvements de foules.

Or, comme le souligne Moscovici (1991, p.497), « la psychologie des foules […] est opposée à la démocratie et préconise l’autorité d’un individu sur la majorité ». Essayant d’analyser de manière psychologique les foules, Moscovici les dépeint en miroir du chef, marquées par une solidarité de groupe et de doctrine. Faisant une analogie avec la religion, Moscovici soutient l’existence du mystère et du sacrifice. Tout en soulignant que sa « psychologie des foules a tendance à rabaisser la valeur intellectuelle et humaine des masses », Moscovici (1991, p.496) soutient qu’elle « prend même la peine de prouver que la classe et la culture des hommes qui composent la masse n’ont aucune importance pour expliquer les mouvements collectifs ».

Dans ce sens, on peut relever que les mouvements collectifs en Afrique, quoique irrationnels sont mus par des revendications politiques, économiques et sociales. Menées par la rumeur et des chefs charismatiques (comme un peu partout dans le monde), ces mouvements collectifs se déclinent dorénavant avec la puissance des TIC. En effet, Internet est instrumentalisé à des fins politiques. Si dans le cas du printemps arabe, des hacktivistes indépendants ont pu être constatés, on peut néanmoins soulever le fait que derrière un site web, une page de réseau social se trouve un meneur qui a des liens avec les responsables actifs des mouvements sociaux, des partis politiques ou des associations de la société civile. Ce faisant, on peut interroger le caractère spontané et non planifié des mouvements sociaux en Afrique.

Dans des contextes de dictature, consciemment ou non, les tenants des mouvements sociaux sont convaincus que l’opinion publique internationale, la fameuse « communauté internationale » sera à leur côté dans les moments décisifs. Cela dépend des intérêts en présence. Si on prend le cas de deux pays frontaliers qui ont eu des parcours politiques diamétralement opposés, cette question des intérêts des puissances prend tout son sens.  Au Bénin par exemple, la France, l’ex-puissance coloniale a joué un rôle important dans la décision de Kérékou de convoquer une conférence nationale. En effet, le jour où le décret fut signé, le directeur de cabinet de Kérékou reçoit l’Ambassadeur de France qui lui propose une sorte de feuille de route qui contient les éléments suivants : une révision de la loi fondamentale, la tenue d’une convention nationale, d’États généraux, ou d’assises nationales (Adamon, 1995, p.22-23). Cette feuille de route correspond en tous points au contenu du décret qui sera signé quelques heures plus tard. Au Togo, lorsqu’en 1991, le siège du bureau du Premier ministre de la transition (issu de l’opposition) fut assiégé par des militaires togolais (soutenant le régime en place), la France fit déployer 300 militaires au Bénin en vue d’une action sur le sol togolais. Mais suite à une discussion entre le président togolais Eyadema et le président français Mitterrand, les soldats français ne vinrent pas sauver la démocratie togolaise qui était en péril[7]Il faut préciser qu’à cette époque, le Togo et la France étaient régis par un accord de coopération militaire secret qui permettait à la .... C’est dans ce contexte où les intérêts politiques sont en jeu et que la Françafrique fonctionne de manière souterraine que Jacques Chirac, alors ancien premier ministre français déclarait que l’Afrique n’était pas mûre pour la démocratie. Le discours de Michèle Alliott-Marie en 2012 à l’Assemblée nationale française fait penser que l’histoire semble bégayer. De plus, cette posture condescendante rappelle celles ayant eu cours à l’époque coloniale.

Diamond, Linz et Lipset (1990) proposent trois conditions essentielles pour le respect de la démocratie : 1) L’existence d’une vaste et significative compétition entre individus et groupes organisés et cela à intervalles réguliers et sans recours à la violence ; 2) un degré très large de participation politique ; 3) un niveau suffisant en matière de libertés civiles et politiques. Pourtant, ces conditions nous semblent insuffisantes si les rapports de forces, les enjeux politiques de domination ne sont pas pris en compte pour lire convenablement les conséquences des mouvements sociaux. C’est dans ce sens que nous partageons l’avis de Dirlik (2006), à l’effet que « Postcolonial criticism in this sense is infused with a deep sense of pessimism about the possibility of liberation from colonialism, from which the only escape (or illusion of escape) would seem to be ludic mimicries that undermine representations but leave structures of power intact. (p.83-84) »

Conclusion

À l’inverse des révolutions arabes, le mouvement de l’Afrique vers la démocratie a été entamé il y a plus de vingt ans. Pourtant, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des attentes suscitées auprès des populations. Si certains pays vivent l’expérience démocratique, ils sont parfois sur le fil du rasoir et peuvent à tout moment basculer vers des guerres civiles ou des coups d’État comme ce fut le cas du Mali qui après avoir connu vingt ans de démocratie sombra dans la désorganisation politique (coup d’état et guerre). D’autres pays, la grande majorité de ceux qui ont connu une conférence nationale issue de manifestations de rue, sous l’apparence de démocratie, vivent en fait en dictatures déguisées. Si l’atteinte des objectifs locaux est importante dans la réflexion sur les mouvements sociaux en Afrique, la réflexion ne peut faire l’impasse sur le rôle de la communauté internationale dans l’appui ou le rejet de ces mouvements internes. Dans ce sens, les théories postcoloniales constituent un socle pertinent pour analyser les situations politiques dans les pays concernés en les reliant aux stratégies d’acteurs internationaux mus uniquement par leurs propres intérêts. Dans le même temps, les jalons ici posés nous amènent à nous demander comment, au-delà du mimétisme, de la résignation ou de la révolte, les populations peuvent-elles prendre en main leur destin sans se voir spolier par une puissance qu’elle soit nationale ou internationale.

Notes   [ + ]

1. Le code de l’Indigénat est un ensemble de textes qui a pour objectif de sanctionner les indigènes et de sceller leur statut de sujets français, assujetti à l’ordre colonial. Ce code a d’abord été appliqué en Algérie puis aux autres colonies françaises d’Afrique noire. Datant de 1881 et aboli après la deuxième guerre mondiale, ce code est un ensemble de dispositions répressives visant uniquement les indigènes : absence de liberté de circulation à l’intérieur des colonies, amendes, légalisation du travail forcé, etc. sont autant d’éléments qui y sont contenus.
2. Il n’est pas superflu de mentionner ici que la présente réflexion ne vise pas à voir une vision généralisatrice du continent africain. Pour les réserves concernant une telle vision, voir notamment Agbobli 2014 et Kane 2012
3. Cette conférence nationale sera par la suite répliquée dans plusieurs autres pays africains : la République du Congo (Brazzaville), le Tchad, Le Togo, le Zaïre. Le principe de la conférence nationale a été choisi dans la plupart de ces pays pour permettre aux divers secteurs de la société (représentants de partis politiques, de syndicats, d’associations apolitiques, de ligues de droits de l’homme, de paysans, de militaires) de discuter plus ou moins sereinement des problèmes que connaissent les pays respectifs. Grosso modo, la structure repose sur des discussions autour d’un état des lieux de la situation du pays, des propositions pour des réformes démocratiques (le plus souvent par le biais d’une suspension de la constitution en vigueur) et la préparation d’une nouvelle constitution (par une assemblée choisie par les participants à la conférence nationale) et la repentance du président au pouvoir ainsi que de ses ministres. Mais ce schéma n’a pas été le même dans tous les pays.
4. Discours du président français François Mitterrand au Sommet France-Afrique de la Baule. Disponible à : http://discours.vie-publique.fr/notices/907015400.html; Consulté le 9 juillet 2013.
5. http://fr.rsf.org/spip.php?page=classement&id_rubrique=1054 . Nous rappelons que les réflexions faites ici porte sur l’Afrique francophone et ne pourraient être généralisées à l’Afrique dans son ensemble.
6. Nous n’avons pu avoir accès au classement des années 1990.
7. Il faut préciser qu’à cette époque, le Togo et la France étaient régis par un accord de coopération militaire secret qui permettait à la France d’intervenir au Togo à la demande du président togolais. Dans le cas présent, le président togolais faisait obstacle à la démocratie et la France ne souhaitait pas que le Ghana intervienne militairement au Togo. À ce sujet, lire, Jean Yaovi Dégli, Togo : À quand l’alternance politique ?, L’Harmattan, 2007.


Références bibliographiques

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  • VERSCHAVE François-Xavier, De la Françafrique à la Mafiafrique, Bruxelles, Éditions Tribord, 2004
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Pour citer cette article

, "Démocratie, communication et changement en Afrique subsaharienne francophone", REFSICOM [en ligne], DOSSIER : Communication et changement, mis en ligne le 24 octobre 2016, consulté le 26 September 2017. URL: http://www.refsicom.org/135